« Une alimentation plus durable : oui, mais comment ? »

Lors d’une récente intervention, à l’occasion d’une webconférence organisée par le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS), Nicole Darmon a tout d’abord rappelé que, selon la FAO, les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

Il existe 4 dimensions pour l’alimentation durable et elles doivent toutes être respectées : nutrition/santé, environnement, socio-culturel et socio-économique.

Pour ce qui est de l’aspect économique, le coût de l’alimentation par personne et par jour (estimé à partir du prix moyen des aliments extrait de l’enquête KANTAR sur les achats alimentaires et des données de consommations individuelles de l’enquête INCA2) est d’environ 7€. Mais, il existe une grande variabilité inter-individuelle due notamment aux quantités (et aux calories) consommées mais aussi à la structure des consommations (plus la quantité de fruits et légumes est élevée plus le coût est élevé). On remarque en effet, que pour 100 kcal, les fruits et légumes coûtent beaucoup plus cher que les produits riches en matières grasses, en sucres ou très salés.

A ce jour, en termes d’environnement, l’impact carbone est de 4kg de CO2 par personne et par jour, mais ce chiffre est surement à revoir à la hausse avec les données plus récentes fournies par AgriBalyse. L’idée serait de manger moins, mais surtout de gaspiller moins, afin de réduire notre impact.

Il faut alors savoir associer qualité nutritionnelle et faible impact environnemental et c’est ce que font environ 20% des adultes en France. Ces personnes mangent environ 200 kcal de moins que la moyenne de la population et la structure de leur alimentation est également un peu différente de celle du « français moyen » : le rapport végétal/animal est augmenté tout en préservant la diversité alimentaire.

Pour avoir une alimentation plus durable, il faut diminuer la consommation de la chair des animaux car celle-ci est plus impactante que celle de leurs produits (œufs et produits laitiers), aller vers plus de légumineuses (2 portions par semaine) et privilégier les céréales complètes.

Partant du panier moyen consommé par les adultes en France (dérivé des résultats de l’étude INCA3), il est possible de concevoir un panier nutritionnellement adéquat avec un impact carbone réduit de 40%. Ce panier contient plus de fruits et de légumes, plus de légumes secs et de céréales complètes, deux fois moins de produits sucrés, mais surtout des produits alimentaires diversifiés. L’idéal, pour réduire au maximum l’impact environnemental tout en préservant sa santé, serait de pouvoir diminuer les viandes et charcuteries en allant vers un rapport 50/50 entre les protéines animales et végétales.

 

Source : https://alimentation-sante.org/Event/web-conference-alimentation-et-environnement/ (replay disponible)