Transition de l’agriculture vers la durabilité à Belle-Ile-en-Mer : retour sur un projet soutenu par l’Institut Olga Triballat

En 2016, Belle-Ile-en-Mer possédait 36 exploitations dont 9 en agriculture biologique. L’agriculture insulaire était dominée par l’élevage, des filières comprenant de nombreux intermédiaires, et de multiples échanges avec le continent. Ainsi, des intrants étaient importés comme beaucoup d’autres produits, alors que le lait était exporté brut sur le continent. Une volonté et un besoin fort ont été identifiés par les porteurs du projet pour favoriser l’intercompréhension des différents acteurs. C’est dans ce contexte que le projet a pris place, et les objectifs atteints ont été multiples.

Le PAEC (Projet Agro-Environnemental et Climatique) a été accompagné, ce qui a permis une prise de conscience du besoin de protéger l’origine des productions agricoles belliloises. La question du foncier sur l’île a été largement abordée, permettant la création d’une réserve foncière. Par ailleurs, le diagnostic agri-alimentaire, toujours en cours, pourra enrichir cette démarche foncière. Il y a eu des avancées concernant la transformation locale des productions, surtout concernant la filière laitière, avec un chantier qui devrait débuter au cours du premier semestre 2020. Du côté de l’atelier de découpe et transformation, une prise de conscience et une mobilisation ont été observées, mais un temps de maturation plus long est nécessaire. Pour créer un lien avec le public, la sensibilisation a été un outil phare pour communiquer, en prenant différentes formes : ciné-débats, visites de fermes, randos-terroirs et éco-écoles. Les différents acteurs ont aussi joué un rôle clé, avec le comité local agricole bellilois qui a donné une structure et qui a permis d’initier d’autres projets. L’implication de la restauration collective a aussi été importante, avec une nette avancée de l’approvisionnement local des restaurants, ce qui demande en revanche des moyens à assurer dans la durée.

Pour conclure, ce projet a permis de resserrer les liens entre les différents acteurs autour d’une alimentation plus durable sur l’île, et a favorisé une atmosphère propice à l’éclosion d’autres initiatives.