Mot-clé : Environnement

Un régime pauvre en émissions de gaz à effet de serre peut-il être un régime équilibré ?

Alors que le changement climatique est un enjeu mondial urgent, le secteur alimentaire des pays développés contribue grandement aux émissions de gaz à effet de serre. Une équipe de chercheurs a entrepris différentes expériences afin de savoir si un régime alimentaire moins émetteur en gaz à effet de serre pouvait être équilibré, au regard des recommandations nutritionnelles nordiques.

Ainsi, ce sont 5 364 participants de l’étude suédoise LifeGene qui ont été sélectionnés en vue de répondre à un questionnaire sur la fréquence alimentaire, de calculer leur émission quotidienne en équivalents de CO2, ainsi que leur apport en nutriments. En moyenne, l’émission de gaz à effet de serre a été estimée à 4,7 kg de CO2 équivalent par jour et par personne, ce qui correspond à 1,7 tonne de CO2 par an. Peu de différences entre les différents régimes, avec des niveaux variables en équivalents de CO2, et les apports nutritifs ont été rapportées. Toutefois, l’adéquation des apports alimentaires aux recommandations nutritionnelles et un meilleur apport en fibres ont été observés pour les groupes avec des régimes moins émetteurs en gaz à effet de serre.

Cette étude révèle ainsi qu’un régime à faible teneur en CO2 permet un apport en nutriment comparable à un  régime élevé en équivalents de CO2. Changer nos habitudes alimentaires pourrait contribuer à réduire l’effet de serre.

Source :

  • Bälter K, Sjörs C, Sjölander A, Gardner C, Hedenus F, Tillander A. Is a diet low in greenhouse gas emissions a nutritious diet? – Analyses of self-selected diets in theLifeGene study Arch Public Health. 2017 Apr 10;75:17. Doi: 10.1186/s13690-017-0185-9. eCollection 2017. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28400959

Changement climatique et sécurité alimentaire

b6Le changement climatique et la sécurité alimentaire sont deux concepts interconnectés. Les systèmes alimentaires ont un impact considérable sur le changement de climat, particulièrement par l’émission de gaz à effet de serre. Réciproquement, les changements relatifs au climat ont des conséquences sur notre agriculture et notre santé, notamment par l’apparition et la transmission de maladies.

En effet, les changements climatiques et les conditions météorologiques extrêmes entrainent des interruptions de production de façon inattendue et irrégulière, nous obligeant à modifier nos cultures et nos habitudes alimentaires. Le changement climatique a d’ailleurs été décrit comme « la plus grande menace mondiale pour la santé du 21ème siècle », avec des effets à la fois directs et indirects. La biodiversité marine, la croissance des cultures ou les ressources en eau sont tous affectés par ces changements, avec des conséquences potentiellement déplorables sur la satisfaction des besoins nutritionnels et la santé. À l’avenir, les récoltes devraient considérablement réduire, ce qui se traduirait par une hausse des prix, un accès réduit à la nourriture et une augmentation de la malnutrition.

Certaines études prévoient plus de 529 000 décès liés au climat d’ici 2050, causés par des modifications de la composition et de la diversité des repas, ainsi que la réduction de l’apport calorique quotidien. Des chercheurs d’une université du New Jersey révèlent également que l’absence de traitement de l’eau est responsable de nombreuses épidémies. Les fortes précipitations et les inondations peuvent conduire à l’augmentation d’agents pathogènes dans l’environnement, s’adaptant aux évolutions climatiques. L’approvisionnement en eau est une des préoccupations majeures liée au changement climatique.  Par ailleurs, la production et la récolte des fruits de mers est impactée par l’acidification des océans, l’augmentation du vent, des courants, des températures, de la fonte des glaces, ou encore l’augmentation de la pollution et des métaux lourds. La prolifération d’algues nuisibles, la diminution de la disponibilité en nutriments et la présence de bactéries dans les milieux marins sont également des conséquences de ces phénomènes. Les cultures agricoles sont aussi impactées par une recrudescence d’agents pathogènes et de mycotoxines.

En somme, les changements environnementaux conduisent à une augmentation de l’incidence de maladies infectieuses. La prévention, l’éducation et la recherche doivent être approfondies afin de préserver la santé humaine des conséquences des changements climatiques. Le changement climatique reste un sujet de grand intérêt, avec une augmentation croissante du nombre de publications chaque année. Néanmoins, jusqu’ici peu d’études concernant les pays en voie de développement ou l’élaboration de politiques durables ont été réalisées, alors que trouver des solutions devient urgent. Réduire nos émissions pourrait par exemple diminuer considérablement le nombre de décès liés au climat.

Sources :

Semaine du développement durable

Pour son édition 2017, la semaine européenne du développement durable met en avant les Objectifs de développement durable, adoptés par l’ONU en 2015. Ils font suite aux objectifs du millénaire pour le développement, initiés en 2000. L’Institut Olga Triballat vous propose de mieux les découvrir au travers de cette infographie du Ministère de la Transition écologique et solidaire.
ODD

Retrouvez plus d’informations directement sur le site du Ministère.

Pesticides et alimentation en Europe

En 2015, 97.2% des échantillons alimentaires analysés présentaient un taux de résidus de pesticides inférieur aux limites fixées par la législation Européenne. C’est ce que révèle le dernier rapport de surveillance publié par l’EFSA en avril 2017. En effet, des analyses ont été menées afin de quantifier le taux de pesticides dans les produits alimentaires les plus fréquemment consommé, et de déterminer le risque pour les consommateurs européen. Les pesticides dépassant les limites légales dans certains produits alimentaires ont également été identifiés.

Ainsi, sur les 84 341 échantillons et les 774 pesticides analysés, 53.3% des échantillons testés étaient exempts de tout résidu quantifiable, et 43.9% étaient en dessous des limites maximales autorisées. Les échantillons issus de produits d’origine animale étaient exempts de résidus quantifiables à 84.4%, et 99.3% des produits bio en étaient dépourvus ou se situaient dans les limites légales. Les concentrations de résidus ont néanmoins dépassé les limites autorisées dans 2.8% des échantillons, déclenchant des actions juridiques ou administratives pour 1.6% d’entre eux. En revanche, et bien que ce chiffre soit en baisse, les échantillons provenant de pays tiers dépassaient les limites autorisées dans 5.6% des cas, contre 1.7% pour les produits provenant de l’Espace Économique Européen.

Dans le cadre de son rapport, l’EFSA a également analysé les résultats du programme de contrôle coordonné de l’Union Européenne (EUCP), permettant de statuer sur les différents produits alimentaires composant le panier moyen de la ménagère. Aucun résidu n’a été quantifié dans 61.1% des échantillons, 38.1% ne dépassaient pas les limites légales, et seulement 0.8% dépassaient les limites maximales autorisées. Les taux de dépassement les plus importants ont été observés pour le brocoli, suivi du raisin de table. L’huile d’olive, le jus d’orange et les œufs ont rarement dépassé les limités légales. Aucun dépassement n’a été observé pour le beurre.

En somme, ces résultats sont comparables à ceux obtenus en 2014 (97.1% des échantillons étaient dans les limites légales). L’Autorité s’est prononcée sur un risque limité pour le consommateur, que ce soit pour une exposition aigüe ou chronique. Les conclusions tirées de ce rapport ont permis à l’EFSA d’aboutir à un certain nombre de recommandations, visant à accroître le niveau de protection des consommateurs. Par exemple, élaborer de nouveaux programmes de contrôle ou réévaluer les limites maximales autorisées de certaines substances semble nécessaire.

Sources :

Recommandations nutritionnelles dans le monde

Illustration Diet GuidelinesLes gouvernements s’accordent tous sur une chose, le modèle alimentaire actuel (occidental) est trop riche en graisses, sucres et protéines d’origines animales. Cela doit changer et pour deux raisons: premièrement pour la santé humaine et deuxièmement pour limiter notre impact sur la planète. En effet, ces deux enjeux sont étroitement liés. Bien que l’homogénéisation des discours ne soit pas toujours aisée d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre, on observe cependant une convergence sur l’augmentation de la consommation de produits végétaux et la réduction de la consommation de viande. Chaque pays possède son guide du « bien manger ». les formes et les catégories alimentaires sont variables mais l’on observe dans chacun de ces guides la position importante du végétal (en quantité et en qualité). Dans certains pays comme le Mexique ou l’Inde, les légumineuses, riches sources de protéines végétales, ont même leur propre catégorie!

Sources:

L’ANIA regroupe 100 initiatives d’entreprises agro-alimentaires dans un livre vert

COP21L’environnement est aujourd’hui au cœur des débats avec la tenue de la COP21 à Paris. Dans ce contexte, l’ANIA vient de publier un livre vert rassemblant 100 initiatives mises en place par l’industrie agro-alimentaire pour répondre à différentes problématiques environnementales.
La filière alimentaire est effectivement confrontée directement à ces questions puisque 30% des émissions françaises de gaz à effet de serre lui sont attribués. Les conséquences du changement climatique ont par ailleurs un impact direct sur la filière avec une perte de surfaces agricoles, une diminution des rendements, une augmentation du coût des matières premières et la raréfaction de certaines d’entre elles.

Les initiatives valorisées par l’ANIA à travers ce livre vert sont réparties au sein de 5 axes stratégiques pour la filière :

  • Agir sur les approvisionnements
  • Utiliser efficacement l’énergie
  • Gérer les emballages et leur fin de vie
  • Optimiser la logistique et le transport
  • Lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaire

Ce livre vert est téléchargeable sur le site de l’ANIA en cliquant ici.

Parution de « Pesticides, des impacts aux changements de pratiques »

Paru aux éditions Quae, cet ouvrage présente les résultats de différents travaux de recherche, financés par le ministère en charge de l’Écologie.
Dans la continuité du programme « évaluation et réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides » initié en 1999, 57 projets de recherche ont été lancés dans le but d’accroître la connaissance des risques liés à l’utilisation des pesticides et d’aider les acteurs du monde agricole à mettre en œuvre des actions pour les réduire. L’ouvrage regroupe l’ensemble des actions majeures à entreprendre :

  • Limiter les transferts de pesticides et réduire la contamination de l’environnement
  • Mieux maitriser les effets des pesticides et réduire leurs impacts sur les organismes et les écosystèmes
  • Favoriser des pratiques agronomiques innovantes visant à réduire l’utilisation de pesticides
  • Accompagner les acteurs pour réduire les risques liés à l’utilisation de pesticides

Cette parution permet notamment d’aider les professionnels du monde agricole et les gestionnaires de l’environnement à agir en faveur de pratiques agricoles plus économes en pesticides.

Pour acheter l’ouvrage, cliquez ici.

Parution de « L’alimentation à découvert »

Un ouvrage intitulé « L’alimentation à découvert » vient de paraître aux éditions CNRS. Piloté par Catherine Esnouf, Jean Fioramonti et Bruno Laurioux, ce livre fait le point sur l’alimentation, les conditions de productions des aliments, leur sûreté sanitaire, la sécurité des approvisionnements… Une parution qui fait donc écho aux propositions de la France pour répondre au sujet central de l’Exposition Universelle de Milan : « Nourrir la planète, énergie pour la vie ».

pour plus d’informations, cliquez ici.

 

Comment assurer à toute l’humanité une alimentation suffisante, de qualité, saine et durable ?

C’est la question à laquelle les organisateurs de l’exposition universelle de Milan 2015, tentent de répondre. Avec pour thème « Nourrir la Planète, Energie pour la Vie », les 148 participants (145 pays et 3 organisations internationales) apportent leur contribution dans le débat mondial sur les enjeux liés à l’alimentation et à l’environnement. Pour ce faire, chaque pays, en s’inspirant de sa culture et de ses traditions, s’interroge et propose des solutions, présentées dans un pavillon qu’il a construit ou dans un pavillon collectif (appelé cluster thématique). Les clusters thématiques sont répartis en 9 thèmes : le riz, le cacao et le chocolat, le café, les fruits et les légumineuses, les épices, les céréales et les tubercules, le bio-méditerranéen, les îles, la mer et la nourriture et enfin les régions arides.

Au cours de l’exposition, les visiteurs pourront découvrir à travers des débats et des congrès, des publications et des essais mais aussi au moyen des plats traditionnels, des parcours pédagogiques et thématiques, comment les organisateurs envisagent de relever le défi.

Sur le site, le public peut également trouver 5 pavillons déclinant le thème :

  • Le Pavillon Zéro : il raconte l’histoire de l’homme sur la Terre à travers son rapport avec la nourriture. Il se présente sous la forme d’une immense bibliothèque constituée de tiroirs correspondant chacun à un aliment, un animal ou une habitude alimentaire.
  • Le Future FoodDistrict : destiné à faire comprendre au public, comment la technologie pourra changer les systèmes de conservation, distribution, achat et consommation de la nourriture.
  • Le Children Park : une espace consacré aux enfants leur permettant de s’amuser tout en s’instruisant sur les thèmes traités par l’ExpoMilan 2015.
  • Le Parc de la biodiversité : jardin reproduisant la variété des écosystèmes présents sur notre Planète.
  • L’exposition Arts&Foods : exposition conçue par Germano Celant illustrant la variation du rapport entre la nutrition et l’art au cours des siècles.

Plus d’informations sur ExpoMilan 2015

Pour en savoir plus sur le pavillon français: France Milan 2015