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Newsletter n°12 : Comment s’affectent mutuellement le système alimentaire et l’environnement ?

Newsletter en format PDF disponible ici : 

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À retenir :

Sous l’effet du changement climatique, la gestion de la sécurité alimentaire devient une préoccupation majeure qui nécessite de faire évoluer les systèmes alimentaires.

Le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres (GIEC, 2019) décrit le système alimentaire mondial actuel comme étant confronté à de nombreux défis. Ce rapport annonce des risques majeurs pour la sécurité alimentaire, créés par le changement climatique, les conditions météorologiques locales, les changements de régimes alimentaires et la vulnérabilité de certains types d’agriculture.

Entre 21% et 37% des émissions totales de gaz à effet de serre sont attribuables au système alimentaire et le rapport prévoit que l’impact augmente, jusqu’à 40% d’ici 2050, en raison de la croissance démographique et des changements alimentaires. Ainsi, la transition vers des systèmes alimentaires durables devient une étape urgente et importante pour relever les nouveaux défis mondiaux.

Annotation 2020-07-09 111617

Qu’est ce que le système alimentaire ?

 

Le terme « système alimentaire » est couramment utilisé dans les domaines de la nutrition, de la santé, du développement économique et de l’agriculture. Un système alimentaire comprend tous les processus et les infrastructures prenant part à l’alimentation : de la croissance à la récolte, de la commercialisation à la consommation et finalement l’élimination des produits. Il est influencé par des contextes sociaux, politiques, économiques et environnementaux et nécessite des ressources humaines, de la recherche et de l’éducation. Selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), le système alimentaire mondial, y compris les entreprises ayant un système alimentaire durable, fournissent des emplois à 1 milliard de personnes. 

Système alimentaire et changement climatique :

 

Le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres (GIEC, 2019) décrit le système alimentaire mondial actuel comme étant confronté à de nombreux défis. Ce rapport annonce des risques majeurs pour la sécurité alimentaire, crées par : le changement climatique, les conditions météorologiques locales, les changements de régimes alimentaires (dus à la disponibilité), et la vulnérabilité de certains types d’agriculture. 

Entre 21% et 37% des émissions totales de gaz à effet de serre sont attribuables au système alimentaire et, (Figure 1) le rapport prévoit que l’impact augmente pour passer de 30% à 40% d’ici 2050, en raison de la croissance démographique et des changements alimentaires. Ainsi, la transition vers des systèmes alimentaires durables devient une étape urgente et importante pour relever les nouveaux défis mondiaux. Les défis posés par le changement climatique se manifesteront notamment par des risques de rupture de la chaîne d’approvisionnement. 

Malgré ces défis et le rôle de notre système alimentaire dans le changement climatique, selon le rapport du GIEC et l’UE, le système alimentaire peut être adapté, en évoluant vers un système alimentaire durable, dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre et les problèmes de sécurité alimentaire. 

carte monde

Figure 1 : Food system emissions by country (FAOSTAT 2020, GFW 2020)

Impacts du changement climatique sur les systèmes alimentaires 

Le changement climatique affecte et affectera les rendements alimentaires, la qualité et sécurité des aliments et leur distribution. En particulier, la gestion de la sécurité des aliments devient une préoccupation majeure pour la création de nouveaux systèmes alimentaires sous le joug du changement climatique.

Cependant, la littérature sur ce sujet couvre mal le fait que les systèmes alimentaires dépendent du contexte économique des familles. Les ménages à faible revenu sont particulièrement sensibles aux chocs et aux tendances climatiques. Les chaînes alimentaires destinées aux ruraux pauvres sont susceptibles d’être caractérisées par une faible utilisation de la réfrigération, mais une utilisation élevée de la transformation secondaire, du transport longue distance et d’un contrôle de qualité formalisé.

Au niveau de la production alimentaire, le changement climatique pourrait entrainer une baisse des populations de poissons et des rendements de culture plus faibles. Selon des estimations et en absence d’adaptation aux nouvelles conditions, les rendements mondiaux pourraient baisser de 30% d’ici 2050. Ainsi, le prix des denrées alimentaires va augmenter en raison des pertes agricoles et des baisses de rendement. De plus, la culture dans des conditions de dioxyde de carbone élevées entrainerait une baisse de la teneur en éléments nutritifs, ce qui affecterait la qualité nutritionnelle des aliments.

Les impacts directs du climat sur la disponibilité alimentaire se produiront tout au long de la chaîne alimentaire, mais seront généralement plus forts pour l’agriculture, étant donné sa sensibilité au climat et son rôle principal dans l’approvisionnement alimentaire. Les impacts indirects sur la nutrition, la santé, les moyens de subsistance et la pauvreté seront plus complexes et très différenciés. La plupart des recherches se sont concentrées sur les conséquences des baisses de rendement des cultures et, dans une moindre mesure, sur les prix, mais d’autres résultats clés en matière de sécurité alimentaire peuvent être fortement affectés par le changement climatique.

Impacts environnementaux des systèmes alimentaires  

Les systèmes alimentaires affectent l’environnement, qu’il soit local ou mondial. La production, la transformation et le transport des aliments sont responsables de la déforestation généralisée, de la perte de biodiversité, de la pollution de l’eau et jusqu’à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. De plus, la production alimentaire utilise environ 50 % des terres habitables et représente 21% à 37% des émissions totales de gaz à effet de serre, aggravant le changement climatique. Le type de production alimentaire a un impact variable sur l’environnement. Par exemple la production intensive de viande de ruminant et de lait peut être particulièrement dommageable pour l’environnement dans de nombreux contextes.

Ce mode de production va nécessiter de nombreuses terres, de l’eau et produire une grande quantité de gaz à effet de serre. De même, l’agriculture intensive nécessite beaucoup d’intrants, la pratique de la monoculture peut entrainer une perte de biodiversité, une dégradation des sols et entraine donc un système alimentaire moins résistant aux événements météorologiques extrêmes.

La production, la transformation et le transport des aliments sont responsables de la déforestation généralisée, de la perte de biodiversité, de la pollution de l’eau et jusqu’à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

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Le besoin crucial de réforme pour le système alimentaire, dans le but de limiter les impacts environnementaux 

Selon le rapport des Nations Unies et WWF (Enhancing Nationally Determined Contributions (NDCs) for Food Systems), les décideurs politiques vont devoir se concentrer sur l’adaptation de leurs systèmes alimentaires pour qu’ils soient plus durables et qu’ils se tournent plus vers le végétal.

La lutte contre le changement d’affectation des terres et les émissions agricoles, la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires et le passage à une alimentation durable et saine pourraient représenter 20% de l’effort d’atténuation nécessaire pour maintenir l’augmentation de la température mondiale dans la cible de +1,5 ° C d’ici 2050.

« Éliminer la consommation excessive de viande, améliorer les installations de stockage et réduire le gaspillage alimentaire est bon pour notre santé et améliore la sécurité alimentaire ». « Avec une liste de contrôle et des exemples concrets d’activités et d’objectifs, ce rapport fournit des conseils aux décideurs pour intégrer les systèmes alimentaires dans leurs stratégies nationales sur le climat. »

Changer le système alimentaire pour limiter le changement climatique 

Prendre des mesures spécifiques pour transformer les systèmes d’approvisionnement alimentaire pourrait aider à atteindre les objectifs climatiques selon le rapport des Nations Unies sur l’action climatique.

Marco LAMBERTINI, directeur général du WWF-International, énonce que pour atteindre les objectifs fixés en matière de climat et de biodiversité et parvenir à la sécurité alimentaire et prévenir l’émergence des maladies, nous devons agir sur la façon dont nous produisons et consommons les aliments. Les systèmes alimentaires représentent 37 % des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, « en ajoutant les régimes alimentaires et les pertes et gaspillages alimentaires aux plans climatiques nationaux, les décideurs politiques pourraient améliorer leurs contributions d’atténuation et d’adaptation des systèmes alimentaires jusqu’à 25% » a déclaré le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Ainsi, 16 façons dont les décideurs politiques pourraient prendre davantage action dans leurs stratégies climatiques ont été identifiées. Il faudrait intégrer tous les maillons des systèmes alimentaires, de la ferme à l’assiette. Les seize actions identifiées dans le rapport comprennent la réduction du changement d’affectation des terres* et la conversion des habitats naturels, ce qui pourrait réduire les émissions d’environ 4,6 gigatonnes d’équivalent CO2, par an. De même, la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires (8% des GES) pourrait réduire de 4,5GT CO2-équivalent par an, l’amélioration de production pourrait réduire les émissions jusqu’à 1,44 Gt CO2e par an. En passant à des régimes alimentaires plus sains et plus durables avec une proportion plus élevée d’aliments d’origine végétale, des réductions beaucoup plus importantes pourraient être obtenues (mais pas de justification). Mais aucun plan climatique national actuel ne traite explicitement de régimes alimentaires plus durables.

*Le changement d’utilisation des terres est un processus par lequel les activités humaines transforment le paysage naturel, se référant à la façon dont la terre a été utilisée, mettant généralement l’accent sur le rôle fonctionnel de la terre pour les activités économiques.

Intervention pour gérer les interactions entre les systèmes alimentaires et le changement climatique 

Il est important de repenser tout le système alimentaire et de trouver des solutions pour atténuer son effet sur le changement climatique. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, passer seulement à une agriculture biologique (1% des terres agricoles dans le monde sont occupés par l’agriculture BIO) sans autre changement majeur dans le système alimentaire, ne produira pas moins de gaz à effet de serre. Il est même probable que cela aggrave le problème. Ce qu’il faudrait alors faire, c’est passer par une agriculture durable, en évitant les pertes et le gaspillage alimentaire et en ayant une meilleure occupation des sols.

L’intensification agricole (augmentation de la productivité par unité de terre et autres ressources), si elle est durable, pourrait être une solution. Elle est reconnue comme moyen de maintenir ou d’augmenter la production alimentaire tout en libérant des terres pour le stockage du carbone sous les forêts, les prairies et les zones humides.

Les solutions climatiques proviendraient alors de l’agriculture durable : avec la réduction du gaspillage alimentaire, l’agroforesterie, une meilleure gestion des sols et des terres agricoles.

Il faut faire en sorte que la résilience climatique dans le secteur agricole soit au cœur des efforts de la communauté internationale et il faut voir le sommet des systèmes alimentaires prévu en 2021 comme une opportunité pour mettre le monde sur la voie d’une alimentation plus durable et équitable.

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  • Rapport du GIEC : http://www.cerdd.org/Parcours-thematiques/Changement-climatique/Ressources-climat/Rapport-special-du-GIEC-Changement-climatique-et-terres-emergees
  • https://foodsystemsdashboard.org/about-food-system
  • https://unfoundation.org/blog/post/climate-change-and-the-future-of-food/
  • https://www.igd.com/articles/article-viewer/t/climate-change-and-its-importance-for-the-food-industry/i/26635
  • https://www.annualreviews.org/doi/10.1146/annurev-environ-020411-130608
  • https://www.oliveoiltimes.com/briefs/reforming-food-systems-crucial-to-fight-climate-change/85538
  • https://news.un.org/en/story/2020/09/1071412
  • https://www.mdpi.com/2071-1050/12/17/7012/pdf
  • https://www.foodnavigator.com/Article/2020/09/11/Climate-change-is-making-our-food-less-safe-FAO
  • https://wwfeu.awsassets.panda.org/downloads/wwf_ndc_food_final_low_res.pdf
  • FAO, IFAD, UNICEF, WFP and WHO. 2020. In Brief to The State of Food Security and Nutrition in the World 2020. Transforming food systems for affordable healthy diets. Rome, FAO. https://doi.org/10.4060/ca9699en
  • Rapport Enhancing Nationally Determined Contributions (NDCs) for Food Systems : https://www.unenvironment.org/fr/actualites-et-recits/communique-de-presse/renforcer-laction-climatique-sur-les-systemes

Que prévoit le plan de relance pour le secteur agroalimentaire et l’environnement ?

Le plan baptisé « France relance », doté de 100 milliards d’euros, est financé à 40% par l’Union européenne. Le Plan de relance se place autour de 3 volets : l’écologie, l’économie circulaire et circuits courts, et la transition écologique. Le volet dédié à la transition écologique représente 30 milliards d’euros et vise plusieurs secteurs dont celui de l’agriculture. Ce plan a pour but d’accompagner la transition écologique vers une économie plus verte et durable et de permettre aux entreprises des conditions favorables pour se développer. Selon Barbara Pompili, le plan de relance est un pas de géant pour la transition écologique et va permettre de basculer dans l’économie de demain, sans carbone, et économe en ressources. 

Le volet écologie est basé sur une décarbonation de l’industrie, une transition écologique et une rénovation énergétique des entreprises. Pour l’économie circulaire et les circuits courts, le focus est sur l’investissement dans le réemploi et le recyclage. Le but est de permettre une réduction de l’utilisation du plastique et de favoriser l’usage de plastique recyclé. Enfin, pour le volet de la transition agricole, le but est d’accélérer la transition vers une alimentation saine, sûre, locale et durable.  

L’exécutif accorde 1,2 milliard d’euros pour le secteur agricole avec : 400 millions pour accélérer la transition agroécologique, 250 millions pour la modernisation de la filière animale, la sécurité alimentaire et le bien-être animal, 100 millions pour mettre en œuvre une stratégie nationale sur les protéines végétales, 250 millions pour la modernisation des équipements agricoles et 200 millions pour aider la forêt à s’adapter aux changements climatiques. De plus, 250 millions vont être versés pour la biodiversité dans les territoires dont 135 millions pour la restauration écologique, 60 millions pour les aires protégées, 40 millions pour la protection du littoral, 15 millions pour le renforcement des barrages et 50 millions pour le renforcement parasismique des bâtiments aux Antilles. Avec également 300 millions consacrés aux réseaux d’eau et à la modernisation des stations d’épurations. Pour le volet de l’économie circulaire, 226 millions sont accordés pour accompagner la réduction de l’utilisation du plastique et son recyclage et 274 millions pour moderniser les centres de tri et de recyclage des déchets.  

Ainsi, les dépenses prévues dans le plan de relance sont une bonne nouvelle pour le climat. Mais pour les associations, ce plan pose quelques problèmes car les investissements sont bridés par une limitation à deux ans d’aides pour la transition, une suite de financement incompatibles avec la transition et une absence de conditionnalité écologique des aides. 

Sources : https://www.agro-media.fr/actualite/agroalimentaire-ce-que-prevoit-le-plan-de-relance-pour-les-industries-et-filieres-43854.html  

https://www.actu-environnement.com/ae/news/plan-relance-environnement-transition-ecologique-contenu-36030.php4 

La Commission élève son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030

Une promesse a été faite aux Européens : faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Ainsi, la Commission a élevé son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030 en tant qu’étape vers la neutralité climatique en 2050. Cet objectif repose sur une analyse d’impact complète des incidences sociales, économiques et environnementales et des actions devront être menées dans tous les secteurs. 

Pour mettre en œuvre cet objectif, les propositions de lois devront être présentées d’ici juin 2021. Il faudra réviser et étendre le règlement sur la répartition et les échanges d’émissions, adapter le règlement sur l’utilisation des sols, renforcer les politiques d’efficacité énergétique et les normes en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules routiers. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut également investir dans une économie circulaire efficace dans l’utilisation des ressources, en promouvant des technologies propres et en créant des emplois verts. La réalisation de cet objectif va contribuer à orienter la relance économique de l’Europe et stimulera les investissements dans une économie efficace des ressources et encourageant les technologies vertes. 

La Commission a également adopté une évaluation des plans nationaux des Etats membres en matière d’énergie et de climat pour la période 2020-2031. Car l’évaluation de la Commission montre que l’UE peut dépasser son objectif actuel de réduction des émissions d’au moins 40% d’ici 2030. Ainsi, pour atteindre le nouvel objectif de 55%, l’UE va devoir accroitre son efficacité énergétique et sa part d’énergie renouvelable. 

Source : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_1599 

 

Lancement d’un Conseil d’experts de haut niveau “ One Health ” : une étape essentielle dans la prévention des épidémies mondiales

Durant le Forum de la Paix de Paris 2020, a été annoncée la création d’un Conseil d’experts de haut niveau «  One Health  » (santé globale). Ce Conseil va constituer un élan dans la prévention et la gestion des futures épidémies mondiales.Dans cet article, Thierry Lefrançois, expert des approches intégrées et des réseaux de santé au CIRAD, apporte quelques précisions sur les missions de ce Conseil.  

L’enjeu de ce Conseilest de permettre de mieux détecter, prévenir etcontrôler les futures épidémies à toutes les échelles. Pour cela, tous les experts attachés aux domaines de la santé et de l’environnement devront travailler ensemble pour anticiperet agir avec rapidité et efficacité.  

Le Conseil devra alors fournir des recommandations prenant en compte les contraintes et les caractéristiques des différents secteurs de la santé. Par la suite, les états et institutions, en s’appuyant sur les recommandations du Conseil, devront mettre en place des procédures pour limiter les émergences.Le Conseil d’experts devra également soutenir, mais aussi aider à orienter les politiques de santé nationales, régionales et internationales, en rassemblant l’ensemble des acteurs impliqués dans la compréhension et la gestion des émergences en santé comme : l’OMS, l’OIE, la FAO, le PNUE ainsi que les États, afin que la démarche soit véritablement opérationnelle.  

Plusieurs réseaux régionaux, créés par le Cirad en appliquant le concept “ One  Health ”, ont déjà fait leurs preuves pour aider à limiter l’entrée de maladies animales sur des territoires ou les contrôler. C’est le cas des actions menées par deux réseaux coordonnés par le Cirad depuis deux départements d’outre-mer français : le réseau CaribVET et le réseau One Health Océan Indien. Deux autres dispositifs de recherche et de formation en partenariats contribuent aux approches intégrées de la santé à un niveau régional : les dPGrease en Asie du Sud Est et le dP RP-PCP en Afrique Australe. En France, la plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) regroupe les acteurs publics et privés au service de la surveillance épidémiologique du territoire national.   

Ces exemples illustrent bien le potentiel d’amélioration de la gestion des émergences par la mise en œuvre du concept  » One Health «  et d’approches à toutes les échelles et prenant en compte tous les acteurs concernés. Le Conseil d’experts de haut niveau  » One  Health «  place ses ambitions au niveau international, tout en conservant et renforçant les structures régionales et nationales. Les recommandations qu’il fournira devront être complétées par des actions de recherche et de développement dans l’ensemble des zones géographiques confrontées aux émergences.  

 Source : https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2020/questions-a/thierry-lefrancois-conseil-d-experts-de-haut-niveau-une-seule-sante-one-health#:~:text=La%20cr%C3%A9ation%20d’un%20Conseil,gestion%20des%20futures%20%C3%A9pid%C3%A9mies%20mondiales

OMS:  Organisation mondiale de la santé 

OIE:  Organisation mondiale pour la santé animale 

FAO: Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et la santé 

PNUE: Programme des Nations unies pour l’environnement  

Un régime pauvre en émissions de gaz à effet de serre peut-il être un régime équilibré ?

Alors que le changement climatique est un enjeu mondial urgent, le secteur alimentaire des pays développés contribue grandement aux émissions de gaz à effet de serre. Une équipe de chercheurs a entrepris différentes expériences afin de savoir si un régime alimentaire moins émetteur en gaz à effet de serre pouvait être équilibré, au regard des recommandations nutritionnelles nordiques.

Ainsi, ce sont 5 364 participants de l’étude suédoise LifeGene qui ont été sélectionnés en vue de répondre à un questionnaire sur la fréquence alimentaire, de calculer leur émission quotidienne en équivalents de CO2, ainsi que leur apport en nutriments. En moyenne, l’émission de gaz à effet de serre a été estimée à 4,7 kg de CO2 équivalent par jour et par personne, ce qui correspond à 1,7 tonne de CO2 par an. Peu de différences entre les différents régimes, avec des niveaux variables en équivalents de CO2, et les apports nutritifs ont été rapportées. Toutefois, l’adéquation des apports alimentaires aux recommandations nutritionnelles et un meilleur apport en fibres ont été observés pour les groupes avec des régimes moins émetteurs en gaz à effet de serre.

Cette étude révèle ainsi qu’un régime à faible teneur en CO2 permet un apport en nutriment comparable à un  régime élevé en équivalents de CO2. Changer nos habitudes alimentaires pourrait contribuer à réduire l’effet de serre.

Source :

  • Bälter K, Sjörs C, Sjölander A, Gardner C, Hedenus F, Tillander A. Is a diet low in greenhouse gas emissions a nutritious diet? – Analyses of self-selected diets in theLifeGene study Arch Public Health. 2017 Apr 10;75:17. Doi: 10.1186/s13690-017-0185-9. eCollection 2017. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28400959

Changement climatique et sécurité alimentaire

b6Le changement climatique et la sécurité alimentaire sont deux concepts interconnectés. Les systèmes alimentaires ont un impact considérable sur le changement de climat, particulièrement par l’émission de gaz à effet de serre. Réciproquement, les changements relatifs au climat ont des conséquences sur notre agriculture et notre santé, notamment par l’apparition et la transmission de maladies.

En effet, les changements climatiques et les conditions météorologiques extrêmes entrainent des interruptions de production de façon inattendue et irrégulière, nous obligeant à modifier nos cultures et nos habitudes alimentaires. Le changement climatique a d’ailleurs été décrit comme « la plus grande menace mondiale pour la santé du 21ème siècle », avec des effets à la fois directs et indirects. La biodiversité marine, la croissance des cultures ou les ressources en eau sont tous affectés par ces changements, avec des conséquences potentiellement déplorables sur la satisfaction des besoins nutritionnels et la santé. À l’avenir, les récoltes devraient considérablement réduire, ce qui se traduirait par une hausse des prix, un accès réduit à la nourriture et une augmentation de la malnutrition.

Certaines études prévoient plus de 529 000 décès liés au climat d’ici 2050, causés par des modifications de la composition et de la diversité des repas, ainsi que la réduction de l’apport calorique quotidien. Des chercheurs d’une université du New Jersey révèlent également que l’absence de traitement de l’eau est responsable de nombreuses épidémies. Les fortes précipitations et les inondations peuvent conduire à l’augmentation d’agents pathogènes dans l’environnement, s’adaptant aux évolutions climatiques. L’approvisionnement en eau est une des préoccupations majeures liée au changement climatique.  Par ailleurs, la production et la récolte des fruits de mers est impactée par l’acidification des océans, l’augmentation du vent, des courants, des températures, de la fonte des glaces, ou encore l’augmentation de la pollution et des métaux lourds. La prolifération d’algues nuisibles, la diminution de la disponibilité en nutriments et la présence de bactéries dans les milieux marins sont également des conséquences de ces phénomènes. Les cultures agricoles sont aussi impactées par une recrudescence d’agents pathogènes et de mycotoxines.

En somme, les changements environnementaux conduisent à une augmentation de l’incidence de maladies infectieuses. La prévention, l’éducation et la recherche doivent être approfondies afin de préserver la santé humaine des conséquences des changements climatiques. Le changement climatique reste un sujet de grand intérêt, avec une augmentation croissante du nombre de publications chaque année. Néanmoins, jusqu’ici peu d’études concernant les pays en voie de développement ou l’élaboration de politiques durables ont été réalisées, alors que trouver des solutions devient urgent. Réduire nos émissions pourrait par exemple diminuer considérablement le nombre de décès liés au climat.

Sources :

Semaine du développement durable

Pour son édition 2017, la semaine européenne du développement durable met en avant les Objectifs de développement durable, adoptés par l’ONU en 2015. Ils font suite aux objectifs du millénaire pour le développement, initiés en 2000. L’Institut Olga Triballat vous propose de mieux les découvrir au travers de cette infographie du Ministère de la Transition écologique et solidaire.
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Retrouvez plus d’informations directement sur le site du Ministère.

Pesticides et alimentation en Europe

En 2015, 97.2% des échantillons alimentaires analysés présentaient un taux de résidus de pesticides inférieur aux limites fixées par la législation Européenne. C’est ce que révèle le dernier rapport de surveillance publié par l’EFSA en avril 2017. En effet, des analyses ont été menées afin de quantifier le taux de pesticides dans les produits alimentaires les plus fréquemment consommé, et de déterminer le risque pour les consommateurs européen. Les pesticides dépassant les limites légales dans certains produits alimentaires ont également été identifiés.

Ainsi, sur les 84 341 échantillons et les 774 pesticides analysés, 53.3% des échantillons testés étaient exempts de tout résidu quantifiable, et 43.9% étaient en dessous des limites maximales autorisées. Les échantillons issus de produits d’origine animale étaient exempts de résidus quantifiables à 84.4%, et 99.3% des produits bio en étaient dépourvus ou se situaient dans les limites légales. Les concentrations de résidus ont néanmoins dépassé les limites autorisées dans 2.8% des échantillons, déclenchant des actions juridiques ou administratives pour 1.6% d’entre eux. En revanche, et bien que ce chiffre soit en baisse, les échantillons provenant de pays tiers dépassaient les limites autorisées dans 5.6% des cas, contre 1.7% pour les produits provenant de l’Espace Économique Européen.

Dans le cadre de son rapport, l’EFSA a également analysé les résultats du programme de contrôle coordonné de l’Union Européenne (EUCP), permettant de statuer sur les différents produits alimentaires composant le panier moyen de la ménagère. Aucun résidu n’a été quantifié dans 61.1% des échantillons, 38.1% ne dépassaient pas les limites légales, et seulement 0.8% dépassaient les limites maximales autorisées. Les taux de dépassement les plus importants ont été observés pour le brocoli, suivi du raisin de table. L’huile d’olive, le jus d’orange et les œufs ont rarement dépassé les limités légales. Aucun dépassement n’a été observé pour le beurre.

En somme, ces résultats sont comparables à ceux obtenus en 2014 (97.1% des échantillons étaient dans les limites légales). L’Autorité s’est prononcée sur un risque limité pour le consommateur, que ce soit pour une exposition aigüe ou chronique. Les conclusions tirées de ce rapport ont permis à l’EFSA d’aboutir à un certain nombre de recommandations, visant à accroître le niveau de protection des consommateurs. Par exemple, élaborer de nouveaux programmes de contrôle ou réévaluer les limites maximales autorisées de certaines substances semble nécessaire.

Sources :

Recommandations nutritionnelles dans le monde

Illustration Diet GuidelinesLes gouvernements s’accordent tous sur une chose, le modèle alimentaire actuel (occidental) est trop riche en graisses, sucres et protéines d’origines animales. Cela doit changer et pour deux raisons: premièrement pour la santé humaine et deuxièmement pour limiter notre impact sur la planète. En effet, ces deux enjeux sont étroitement liés. Bien que l’homogénéisation des discours ne soit pas toujours aisée d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre, on observe cependant une convergence sur l’augmentation de la consommation de produits végétaux et la réduction de la consommation de viande. Chaque pays possède son guide du « bien manger ». les formes et les catégories alimentaires sont variables mais l’on observe dans chacun de ces guides la position importante du végétal (en quantité et en qualité). Dans certains pays comme le Mexique ou l’Inde, les légumineuses, riches sources de protéines végétales, ont même leur propre catégorie!

Sources: