Mot-clé : Alimentation végétale

Améliorer sa consommation de légumes en ajustant sa portion alimentaire

Grâce à leur profil nutritionnel, les légumes présentent un certain nombre de bénéfices pour la santé (Boeing H., et al). Toutefois, l’engouement qui existe aujourd’hui pour la restauration rapide est associé à une moindre consommation de légumes, au profit de produits moins sains et plus caloriques.

C’est dans ce contexte qu’une enquête a été imaginée et réalisée au sein de différents restaurants. L’objectif était de déterminer si l’augmentation de la part de légumes dans les assiettes, associée à une moindre portion de viande, permettait néanmoins de maintenir un bon niveau de satisfaction du client. Les chercheurs ont ainsi doublé la portion de légumes dans les assiettes d’individus non avertis, tout en diminuant leur portion de viande de 12,5%. Des périodes témoin ont également été réalisées, avec des portions identiques à ce qui est habituellement pratiqué. Des questionnaires de satisfaction ont été distribués à la fin de chaque repas.

Les résultats révèlent une augmentation de 30% de la consommation de légumes lors des périodes d’intervention. À l’inverse, la consommation de viande a diminuée de 13%. Aucune différence significative n’a été observée quant à la satisfaction clients. En définitive, ces résultats suggèrent que les restaurants pourraient jouer un rôle majeur dans la promotion de choix alimentaires plus sains, en stimulant la consommation de légumes. Ceci semble d’autant plus important que la consommation actuelle de légumes par les pays occidentaux se révèle en dessous des recommandations.

Sources :

  • Reinders MJ, Huitink M, Dijkstra SC, Maaskant AJ, Heijnen J. Menu-engineering in restaurants – adapting portion sizes on plates to enhance vegetable consumption: a real-life experiment. The International Journal of Behavioral Nutrition And Physical Activity, volume 14, numéro 1, page 41. (2017). DOI: 10.1186/s12966-017-0496-9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28424081
  • Boeing H, Bechthold A, Bub A, Ellinger S, Haller D, Kroke A, Leschik-Bonnet E, Müller MJ, Oberritter H, Schulze M, Stehle P, Watzl B.  Critical review: vegetables and fruit in the prevention of chronic diseases. European Journal of Nutrition, volume 51, numéro 6, paes 637-63. (Septembre 2012). Doi: 10.1007/s00394-012-0380-y. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22684631

Association bénéfique des régimes méditerranéens et biologiques

La consommation de protéines animales ne cesse aujourd’hui de croitre, en lien avec l’augmentation de la population mondiale et à une évolution des habitudes alimentaires dans les pays en développement. Pour envisager l’avenir de nos systèmes alimentaires, il convient d’élaborer de nouveaux modes de consommation, plus appropriés et durables. Dans ce sens, le régime méditerranéen représente un modèle alimentaire prometteur, considéré comme respectueux de l’environnement et de la santé. Combiner le régime méditerranéen à une agriculture biologique pourrait représenter un avantage supplémentaire pour la durabilité de nos systèmes alimentaires.

C’est l’hypothèse qu’un groupe de chercheurs français a souhaité évaluer. Pour ce faire, 22866 volontaires issus de l’étude Nutrinet ont été répartis en quatre groupes de populations, en fonction de leur consommation d’aliments biologiques et de leur adhésion au régime méditerranéen. La durabilité de ces régimes a été évaluée grâce à différents indicateurs multidisciplinaires, intégrant la nutrition, la santé, l’environnement, les aspects économiques, ou encore le contexte socioculturel.

Au terme de l’analyse, le groupe Bio-Med (régime BIOlogique et MEDiterranéen) présente de meilleurs indicateurs de durabilités. La plus grande consommation de protéines végétales a également été observée chez les participants de ce groupe. De plus, l’adhésion aux recommandations nutritionnelles est plus élevée chez les personnes adeptes des régimes méditerranéens, dont le suivi est aussi bénéfique pour la santé que l’environnement. D’autre part, l’étude montre que la consommation d’aliments issus de la filière biologique est corrélée à une plus grande adhésion aux régimes méditerranéens. Il est noté que les consommateurs de produits biologiques obéissent plus facilement à une démarche d’achat durable. Ils sont ainsi plus sensibles aux produits locaux et de saison, ainsi qu’aux modes de productions respectueux de l’environnement et de la santé. De même, les modes de vie qu’ils suivent sont globalement plus sains. Ils sont aussi plus enclins à modifier leur mode de consommation. En revanche, les résultats révèlent que le coût moyen de leur régime reste supérieur.

Il ressort donc de cette étude que l’adoption d’un régime méditerranéen combiné à des produits issus de l’agriculture biologique représente une solution intéressante, tant pour l’environnement que pour les bénéfices individuels sur la santé.

Source :

  • Seconda L, Baudry J, Allès B, et al. Assessment of the Sustainability of the Mediterranean Diet Combined with Organic Food Consumption: An Individual Behaviour Approach. Nutrients, volume 9, numéro 1, pages 61 (2017). Doi: 10.3390/nu9010061. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28085096

Influence du mode de préparation sur la composition des légumineuses

Les légumineuses comportent des intérêts nutritionnels non négligeables. Elles occupent une place de choix dans un contexte de réduction de l’impact environnemental de notre alimentation. Néanmoins, la composition nutritionnelle varie fortement d’une légumineuse à l’autre et les modes de préparations culinaires ou industriels peuvent influencer la composition et la qualité nutritionnelle globale des légumineuses. La FAO conseille par exemple de réaliser un trempage avant toute préparation afin d’en améliorer la digestion et l’absorption.

Des chercheurs ont comparé l’influence d’une cuisson classique et de l’appertisation sur la composition des légumineuses. Ainsi, dans le cas du haricot rouge, l’appertisation entraine une diminution significative de la teneur en phytates, et en phosphore. Une autre étude révèle que la cuisson par appertisation améliore significativement la bio-accessibilité de certaines vitamines par rapport à la cuisson ménagère. L’appertisation permet une augmentation de la bio-accessibilité du β-carotène et du cholécalciférol dans les pois chiches, de la vitamine A pour les lentilles ou  les haricots blancs. Au contraire, la présence de légumineuses dans un repas diminue la bio-accessibilité et l’absorption des vitamines liposolubles D, E et K. Ces dernières jouent un rôle important dans la prévention des pathologies oculaires, osseuses, neurovégétatives et cardiovasculaires.

L’appertisation permet une élimination importante de composés antinutritionnels comme les phytates, mais dans le même temps une réduction d’une partie des nutriments. Maitriser la préparation des légumineuses est un facteur clé sur la composition finale du produit. Il s’agit donc d’une voie de recherche intéressante. Identifier les composés responsables permettra de proposer des solutions adaptées et de formuler des produits tout en conservant la qualité nutritionnelle des légumineuses.

Sources :

  • M. Margier, M. Nowicki, A. Siriaco, S. Georgé, M. J. Amiot, E. Reboul. Effet des légumineuses sur la biodisponibilité des vitamines liposolubles. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • S. Georgé, M. Margier, M. Nowicki, N. Dlalah, D. Remond, M. J. Amiot, E. Reboul. Effet du mode de préparation sur la composition nutritionnelle des légumineuses. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • Les bienfaits pour la santé des légumineuses de la FAO

Impact des restrictions protéiques sur notre comportement alimentaire

Bien que les mécanismes d’action restent controversés, l’effet satiétogène des protéines est reconnu. Les charges protéiques diminuent la prise alimentaire et augmentent la durée et la période inter-prandiale. Un régime déficient en protéines est connu pour entraîner une recherche non consciente de protéines alimentaires.

Une étude a été réalisée afin de connaître l’impact d’une telle restriction sur les choix alimentaires : 23 sujets sains de 18 à 35 ans, avec un IMC normal, ont suivis des régimes iso-énergétiques apportant 0.5g ou 1,4g de protéines/kg/j. Une compensation de la teneur en lipides ou glucides afin de fournir une teneur en calories identique a été apportée. À la fin des différents régimes, il a été demandé aux sujets de donner leur préférence sur 153 comparaisons de paires d’images d’aliments, différant par leur teneur en protéines, leur taille de portion, ou qualités sensorielles. Un effet significatif du régime sur les préférences alimentaires a été établi, en particulier sur le facteur taille de portion. Un régime à teneur basse en protéines entraine une augmentation de la préférence pour des tailles de portion plus importantes. Aucune corrélation n’a été établie entre le type de régime et la teneur en protéines ou la qualité sensorielle des aliments.

Cette étude suggère qu’une diminution de la consommation de protéines induit des modifications de préférences alimentaires. Les facteurs susceptibles de moduler l’appétit et la consommation énergétique représentent une cible majeure pour la prévention et le traitement du surpoids et de l’obésité.

Sources :

  • Fromentin, G., Darcel, N., Lesdema, A., Rasoamanana, R., Chaumontet, C., Gaudichon, C., Tomé, D., Marsset-Baglieri, A. (2011). Protéines laitières et satiété, contrôle du comportement alimentaire. Innovations Agronomiques, 13, 57-70. http://prodinra.inra.fr/record/173064
  • S. Fromentin, O. Davidenko, P. Barbillon, G. Fromentin, D. Tomé, N. Darcel. Modulation des préférences alimentaires induites par le recouvrement d’une déficience en protéines chez l’homme. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).

Les protéines végétales pour réduire les risques de mortalité cardiovasculaire ?

Round Grilled FoodLe Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié le mois dernier l’étude d’une équipe de chercheurs d’Harvard. Cette étude traite du lien entre la mortalité et la consommation de protéines animales et végétales. Plus précisément, leur problématique est de savoir si la consommation de protéines animales peut augmenter le risque de mortalité chez des sujets à risque cardiovasculaire. Il s’agit d’une étude d’observation qui regroupe les chiffres de la Nurses’s health Study et de la Health Professionals Follow-up Study (1980-2012), deux grandes études américaines répertoriant les habitudes alimentaires de plus de 130 000 Américains. En moyenne, chez les sujets étudiés, 13% de l’énergie est apportée par des protéines animales et 4% par des protéines d’origine végétale. Les résultats montrent que la consommation de protéines animales est liée significativement à la mortalité cardiovasculaire, chez les personnes présentant au moins un facteur de risque. En effet, une augmentation de 8% de la mortalité est observée pour +10% d’énergie apportée par les protéines animales. Au contraire, la quantité de protéines végétales est associée à un risque de mortalité plus faible. Une diminution de la mortalité de 10% est observée pour +3% d’énergie apportée par les protéines végétales. Globalement, ces résultats suggèrent que la substitution d’une petite partie (3%) des protéines animales, issues de viande transformée, par des protéines végétales permettrait de diminuer la mortalité globale de 34%.

Source :

Song, M., Fung, T. T., Hu, F. B., Willett, W. C., Longo, V. D., Chan, A. T., & Giovannucci, E. L. (2016). Association of Animal and Plant Protein Intake With All-Cause and Cause-Specific Mortality. JAMA Internal Médicine.

Une alimentation plus végétale pourrait diminuer les risques de cancers

Guide alimentation AustralieEn octobre dernier, une étude Australienne a été publiée, montrant qu’une consommation trop faible ou inadaptée en fruits et de légumes (non féculents) pourrait augmenter le risque de divers cancers des systèmes digestifs et respiratoires. D’après les résultats, un cancer colorectal sur 6 serait attribuable à un apport insuffisant en fibres alimentaires et près de 1 900 cancers observés en Australie en 2010 (environ 1,7% des cancers totaux en 2010 seraient attribuables à un apport insuffisant en fruits et en légumes (non féculents). Il semblerait donc que consommer les quantités recommandées de fruits, de légumes et de fibres alimentaires permettrait de réduire de 4% les risques globaux de cancers. D’après le guide des recommandations nutritionnelles Australien (2013) et le National Health and Medical Research Council (NHMRC), les quantités nécessaires pour des apports quotidiens adaptés sont :

  • 300 g de fruits entiers (non-jus),
  • 375g de légumes, dont des pommes de terre (pas plus de 150g par jour et non frites) et des légumineuses.

Aucun seuil maximal de consommation de fibres alimentaires n’a été établi étant donné que le NHMRC considère qu’une alimentation riche en fibres alimentaires n’entraine pas d’effets délétères.

Sources:

  • Recommandations nutritionnelles du gouvernement Australien
  • Whiteman, D. C., Webb, P. M., Green, A. C., Neale, R. E., Fritschi, L., Bain, C. J., … & Pandeya, N. (2015). Cancers in Australia in 2010 attributable to modifiable factors: introduction and overview. Australian and New Zealand journal of public health, 39(5), 403-407.

Recommandations nutritionnelles dans le monde

Illustration Diet GuidelinesLes gouvernements s’accordent tous sur une chose, le modèle alimentaire actuel (occidental) est trop riche en graisses, sucres et protéines d’origines animales. Cela doit changer et pour deux raisons: premièrement pour la santé humaine et deuxièmement pour limiter notre impact sur la planète. En effet, ces deux enjeux sont étroitement liés. Bien que l’homogénéisation des discours ne soit pas toujours aisée d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre, on observe cependant une convergence sur l’augmentation de la consommation de produits végétaux et la réduction de la consommation de viande. Chaque pays possède son guide du « bien manger ». les formes et les catégories alimentaires sont variables mais l’on observe dans chacun de ces guides la position importante du végétal (en quantité et en qualité). Dans certains pays comme le Mexique ou l’Inde, les légumineuses, riches sources de protéines végétales, ont même leur propre catégorie!

Sources:

Une méta-analyse souligne l’avantage d’un régime végétarien dans un objectif de perte de poids

Publiée très récemment dans le Journal of General Internal Medicine, une méta-analyse a examiné douze essais randomisés impliquant 1 151 sujets pendant 18 semaines consécutives en moyenne. Dans l’ensemble de ces études, les sujets étaient répartis en 2 groupes:

  • personnes ayant suivi un régime végétarien (végétalien, lacto-ovo-végétarien…)
  • personnes ayant suivi un régime non-végétarien

Les résultats indiquent que les individus suivant une alimentation végétarienne ont perdu significativement plus de poids que les individus suivant un régime non-végétarien. En effet, les végétariens ont perdu en moyenne 2,02 kg (perte de poids allant de -2,80 à -1,23 kg) de plus que les non-végétariens.

Cette différence de perte de poids serait due, selon les auteurs, à une forte consommation de produits riches en fibres tels que les céréales complètes, les fruits et les légumes.

Toutefois, des études complémentaires sont nécessaires pour déterminer les effets exacts d’une alimentation végétarienne sur le contrôle du poids.

Source : Huang RY et al. Vegetarian diets and weight reduction: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Gen Intern Med. 2015

Missions

Les missions de l’Institut Olga Triballat

L’Institut Olga Triballat souhaite participer à la construction d’une alimentation propice à une santé durable pour l’Homme et sa planète. Cette ambition se traduit par 3 missions :

mission01

Renforcer les connaissances
dans les domaines du végétal, de l’agriculture biologique et des aliments d’origine laitière, en soutenant financièrement des programmes de recherche ;

mission03
Diffuser les connaissances
, pour faire évoluer les comportements, faciliter l’adoption des bons réflexes alimentaires par les consommateurs et nourrir la réflexion à mener avec les professionnels de santé pour une santé durable via l’alimentation ;

mission02

Agir sur le terrain
, en finançant des projets afin de faire évoluer les pratiques vers une alimentation équilibrée et responsable, de façon réaliste et concrète.