Quel lien peut-il y avoir entre les intoxications alimentaires et le changement climatique ?

L’agence de la santé publique du Canada a récemment publié un article sur les risques d’infections alimentaires liées au réchauffement climatique. En effet, au Canada et comme dans de nombreux autres pays, la température de l’air, de l’eau et le taux de précipitations sont appelés à connaitre une élévation. Pour les agents pathogènes, cela est souvent synonyme de meilleur taux de croissance, d’une augmentation de leur zone géographique viable et de leur taux de survie.

Pour l’environnement, cela est problématique de plusieurs façons. Pour commencer, un animal stressé peut libérer davantage d’agents pathogènes entériques. Puis, si la zone géographique des agents pathogènes s’agrandit avec le réchauffement climatique, celle des animaux les transportant aussi : rongeurs et insectes sont susceptibles de transférer et contaminer des poulets avec Campylobacter, tandis Vibrio peut se déplacer grâce aux phytoplanctons, zéoplanctons et copépodes dans l’eau, et infecter des huîtres. Enfin, l’environnement lui-même peut permettre le déplacement des agents pathogènes, lors de fortes précipitations.

Dans la vie courante, un été chaud et long rime parfois avec des aliments que l’on garde dehors un peu trop longtemps (mauvais refroidissement), réchauffe peu (mauvaise cuisson), et manipule de façon inadéquate, augmentant les risques de contamination croisée et de prolifération des agents pathogènes. De plus, la consommation de légumes et de fruits frais augmente aussi, ce qui est lié à la multiplication des cas d’intoxications alimentaires.

En étudiant les 5 agents pathogènes les plus communs au Canada, tous sont appelés à bénéficier du réchauffement climatique, excepté Clostridium Perfringens. D’autres pathogènes seront peut-être prochainement dans ce classement tels que Vibrio, les mycotoxines pour le blé et le maïs, ou encore une souche microbienne résistante aux antibiotiques. Une approche multidisciplinaire est favorisée pour aborder ces défis, avec une attention particulière aux modèles mathématiques pour anticiper et modéliser les futurs phénomènes.

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