Quel lien la propagation de virus, la déforestation et le système alimentaire ont-ils en commun ?

Durant la pandémie actuelle, il y a eu de nombreux appels pour interdire la récolte et la vente de viande sauvage, afin d’éviter l’augmentation du risque de propagation de maladies zoonotiques. Même avant la pandémie de COVID-19, les agences internationales et le comité de la sécurité alimentaire mondiale étaient inquiets quant à la viabilité à long terme de notre système alimentaire. La pandémie actuelle a donc mis le doigt sur des lacunes dans notre gestion de l’environnement. Mais comment maintenir des régimes alimentaires diversifiés et nutritifs tout en maintenant la durabilité environnementale et la diversité des paysages ? Il y a donc un besoin urgent d’examiner notre système alimentaire mondial, pour identifier si celui-ci contribue à la destruction des forêts, à des pertes de biodiversité et à la mise en danger de la vie humaine. 

L’un des résultats négatifs de l’agriculture industrielle est la simplification extrême des systèmes écologiques (monoculture). Avec la déforestation induite par cette agriculture, nos écosystèmes forestiers perdent une partie de leur faune et flore et ils subissent une transformation permanente pour permettre des cultures de base (responsable d’un quart de la déforestation mondiale). L’impact environnemental de ces systèmes agricoles est grave. En effet, le secteur agricole est responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre, de l’érosion des sols, d’une utilisation d’eau excessive, d’une perte de pollinisateurs, de la pollution chimique. De plus, la déforestation a augmenté notre exposition aux maladies infectieuses (Ebola, paludisme, maladies zoonotiques). L’élevage d’animaux le long de forêt peut permettre aux agents pathogènes de muter et de devenir transmissibles aux humains de par la proximité des élevages et des animaux sauvages. Ainsi, les pertes de forêt et de biodiversité induisent une proximité plus grande des écosystèmes en réduisant la frontière entre eux et donc induit une augmentation du risque et de l’incidence des maladies infectieuses. 

Des solutions pour éviter de futures crises et permettre une sécurité alimentaire plus durable et saine seraient alors d’exploiter plus efficacement, la nature interconnectée de nos forêts et de nos systèmes alimentaires, et permettre une meilleure intégration des forêts et agroforêts à l’échelle du paysage plus large. 

Source : https://theconversation.com/how-our-food-choices-cut-into-forests-and-put-us-closer-to-viruses-144472