Quel effet a eu le confinement sur les méthodes de consommation alimentaire ?

Une étude de cohorte suivant 37 000 participants sur la période du confinement suite à l’épidémie du COVID-19 a été conduite par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (EREN) sur la modification de leurs comportements alimentaires. Un questionnaire leur a été soumis portant sur leur alimentation, activité physique, sédentarité, poids et d’autres aspects. Suite à cela les résultats ont été compilés et analysés. Trois catégories d’habitudes alimentaires ont été décrites : les personnes qui n’ont pas été impactées (42,9%), les personnes ayant été impactées négativement (37,4%) et les personnes ayant impactées positivement (19,8% des interrogés).

La classe majoritaire est celle qui n’était pas impactée : constituée de personnes de plus de 50 ans, plutôt des hommes, corpulence normale vivant dans des villes de moins de 100 000 habitants ou zones rurales.

La classe impactée négativement, constituée en plus grande proportion de femmes, personnes de moins de 50 ans et de personnes en télétravail avec une tendance à consommer des aliments « ultra-transformés » a subi comme conséquence une baisse pour la moitié de l’activité physique, une augmentation tout aussi présente de la sédentarité caractérisée par plus de 7 heures passées en position assise. Le grignotage et l’apport énergétique a aussi augmenté pour compenser le stress et l’ennui.  Un gain de près de 2 kilogrammes en moyenne a été mesuré avec une augmentation de 450 kcal/jour.

La classe dont les habitudes ont été impacté positivement ont perdu en moyenne 2 kilogrammes, augmenté pour 40% des participants leur temps à cuisiner, avec une augmentation de la consommation de fruits, légumes, légumineuses et noix contre une diminution de la consommation de gâteaux, alcools et sucreries. Cette catégorie incluait des personnes de moins de 50 ans, niveau d’éducation et revenus élevés, sans enfants, étudiants et avec des habitudes alimentaires peu saines avant le confinement.

La conclusion à retenir est que des changements brutaux de style de vie comme a été le confinement peut bouleverser les habitudes des personnes impactées notamment sur les habitudes alimentaires. D’autres problématiques se posent aussi quant à l’impact associé à des pathologies chroniques, ainsi que l’enjeu de la santé mentale dans de telles situations qu’il serait important de prendre en compte.

Source : https://www.nutripro.nestle.fr/article/confinement-comportement-degrade