L’alimentation comme ligne de barrière contre les infections comme la COVID-19

Les liens entre l’alimentation et la santé ne sont plus à démontrer. Parmi les enseignements que nous pouvons retenir de la pandémie du Covid-19, il y a l’impact que peut avoir les comorbidités dans la sévérité des maladies infectieuses. Les personnes asthmatiques ou immunodéprimées étaient très touchées par cette infection. D’autres facteurs peuvent être associés à l’alimentation : l’obésité, l’hypertension et le diabète qui peuvent avoir comme dénominateur commun un aspect de la santé qui a beaucoup émergé ces dernières années dans les médias : le déséquilibre de la flore intestinale ou microbiote. Ce phénomène survient suite à plusieurs facteurs et notamment suite à un apport alimentaire déséquilibré est en augmentation forte dans la population française chez les adultes : 17 % en 1997 à 31% en 2015.

Le microbiote joue donc plusieurs rôles essentiels. Ses activités métaboliques permettent de produire des molécules actives dans la boucle de l’immunité. Parmi celles-ci, on retrouve certains acides gras à chaîne courte (acétate, butyrate et propionate) qui sont la résultante de la dégradation de molécules par les bactéries de l’intestin, et non par l’intestin en soi. Certaines enzymes ont ainsi été identifiées dans le cadre immunitaire comme ACE-2 qui joue un rôle d’alarme dans le corps et qui est suractivé en cas d’infection.

Quels sont donc les aspects du régime alimentaire à prendre en compte pour diminuer les risques ? Premièrement, les micronutriments et macronutriments possèdent une part importante dans la régulation de l’inflammation. Parmi les éléments couramment cités, on retrouve la vitamine D qui de par son assimilation saisonnière, est retrouvée en quantité insuffisante dans 80% de la population. Les vitamines C et E sont plus communes mais ont aussi un effet non négligeable. Les minéraux comme le fer, zinc, magnésium ou cuivre qui peuvent être retrouvés en déficit chez de nombreuses personnes impactent aussi l’inflammation et donc la santé globale. Les acides gras omega-3 auxquelles on vante un effet santé fort sont préconisés mais peu consommés (retrouvés surtout dans les poissons gras et certains végétaux). Les fibres alimentaires, qui est le carburant principal des bactéries de la flore intestinale et retrouvés dans la plupart des fruits et légumes ou céréales et noix sont consommés à hauteur de 2/3 des recommandations de 25 à 30 grammes par jour. Enfin, les aliments ultra-transformés qui joue un rôle sensiblement pro-inflammatoire de par leur composition est surconsommé dans notre pays, ce qui joue en notre défaveur. Une étude épidémiologique étudiants des pays occidentaux analysant l’impact des régimes alimentaires a montré la même conclusion, avec une diminution de formes graves de covid de plus de 50% chez les personnes mangeant plus de végétal et moins de viandes rouges.

Pour arriver à modifier le mode de consommation de la population, il faut donc passer vers une modification du mode de production, en sensibilisant le public sur l’apport nutritionnel et son impact sur la santé (comme ce qui a été fait pour les indices Nutri-Score et NOVA ou SIGA). Il faudrait donc promouvoir un mode de consommation sobre et durable, en impliquant tous les acteurs de la distribution pour harmoniser les résultats.

Source : https://theconversation.com/lalimentation-un-atout-de-taille-neglige-dans-la-guerre-contre-le-covid-19-177386?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2023%20fvrier%202022%20-%202213521963&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2023%20fvrier%202022%20-%202213521963+CID_711203546d11ad1c6be9087946899a27&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Lalimentation%20%20un%20atout%20de%20taille%20nglig%20dans%20la%20guerre%20contre%20le%20Covid-19