La face cachée des estimateurs de l’impact environnemental des aliments

De nombreux consommateurs souhaitent une augmentation de la visibilité de la qualité nutritionnelle des produits, ainsi que sur l’impact environnemental. Pour arriver à obtenir ces informations, des outils comme le calcul de l’empreinte carbone sont mises en place par les autorités sur de nombreux aliments. Ils prennent en compte différents aspects liés à la production et à la transformation, ainsi que le transport et l’utilisation de fertilisants. Cette approche permet donc d’obtenir une vision assez globale de l’impact sur l’environnement, mais omet des aspects essentiels qui peuvent changer la perception de certains produits. Parmi les limitations, trois grandes caractéristiques ressortent : l’utilisation des terres agricoles, l’utilisation en eau et les co-produits générés.

  • Les ressources concernant l’espace agricole sont très limitées, et cela s’applique notamment aux terres utilisées pour l’élevage ou la culture de plantes à destination alimentaire. Le mode de production modifie drastiquement l’émission de gaz à effet de serre ou la nature même du sol ce qui joue un rôle prépondérant dans la gestion des ressources agricoles. Une production biologique utilise plus d’espaces pour produire la même quantité qu’un modèle conventionnel, mais respecte mieux le sol (du fait de l’exclusion de pesticides) et libère moins de gaz à effets de serre du fait de la nature moins intensive de la production. Un problème récurrent est aussi que la transition d’un mode à l’autre n’est pas possible de manière instantanée, et cela nécessiterait donc de soit prévoir des rotations ou d’élargir des espaces ce qui est néfaste pour la biodiversité.
  • La question de l’eau est au centre de nombreux débats de nos jours. Son utilisation dans l’élevage et la culture de végétaux est donc primordiale et devrait être adressée dans des estimateurs sur l’impact écologique. Celle-ci peut être utilisée pour différentes finalités, et peut être échangée entre producteurs. Cela peut signifier que lorsqu’une production plus saine est favorisée, l’eau sera quand même utilisée par d’autres agriculteurs et ne retourne pas dans le cycle normal. Le même phénomène apparaît pour la diminution de l’élevage de bétail, où l’eau économisée serait utilisée autre part.
  • Les coproduits sont aussi une composante indispensable de l’agriculture en général, et permet de valoriser des éléments pour différentes fins. Les plantes peuvent donner des fibres textiles, des aliments pour l’homme et les animaux voire des composés utilisés dans la santé. Cet aspect est souvent négligé dans l’élevage et devrait être incorporé d’une manière ou d’une autre.

Ces aspects à intégrer ne sont cependant pas une fatalité. La science est faite de progrès qui sont progressifs. Une amélioration de l’algorithme des estimateurs permettra de mieux calculer l’impact de nombreux produits et donc d’optimiser la relation que nous avons avec notre planète.

Source : https://theconversation.com/environmental-footprint-calculators-have-one-big-flaw-we-need-to-talk-about-166897?utm_source=twitter&utm_medium=bylinetwitterbutton