La bioéconomie circulaire comme levier contre le gaspillage alimentaire.

Nous le savons, le gaspillage alimentaire bat des records dans notre société. La FAO (Food and Agriculture Organisation) a calculé qu’un tiers de la nourriture totale dans le monde est jetée, ce qui correspond à 1,3 milliards de tonnes par an sur toute la chaine de production. Ces sources sont multiples et variées : fruits, légumes, viandes, produits laitiers, … La problématique posée est qu’on ne peut pas supprimer tous ces déchets mais nous pouvons mieux les valoriser en termes d’énergie. Les infrastructures et principes utilisés de nos jours sont imparfaits et conduisent au rejet de gaz à effet de serre comme le CO2 ou le méthane (CH4) qui est 25 fois plus nocif pour l’effet de serre. Les décharges en sont une cause particulière puisque plus de 30 % du méthane libéré total aux Etats-Unis proviennent de ces structures. D’autres principes plus propres sont aussi utilisés pour le traitement des déchets comme l’incinération, l’alimentation animale, le compostage et la digestion anaérobie qui ont plus ou moins d’avantages en termes d’émissions d’énergie et leur impact sur l’environnement.

Dans cet article paru en janvier 2022 dans International Journal of Food Microbiology montre une émergence de la problématique du gaspillage alimentaire dans de nombreux pays qui les ont donc poussés à réfléchir sur des méthodes alternatives pour transmettre la richesse contenue dans la nourriture peu exploitée en énergies réutilisables. Pour cela différents processus ont été développés pour aboutir à des énergies plus propres (voir infographie). La digestion anaérobie que nous avons citée auparavant aboutit à la production du biogaz comme le CO2 ou de l’eau utilisé dans des turbines, du biofertilisant pour les champs ou du méthane pour les véhicules. De l’hydrogène peut aussi être obtenu par différents moyens (fermentation, photolyse, ou électrolyse microbienne) pour être incorporé dans du biométhane ou être utilisé en tant que carburant qui est considéré comme le plus renouvelable. La valorisation de déchets peut aussi produire d’autres composés comme le bio-butanol (utile en cosmétique), le biodiesel en tant que carburant et de l’électricité provenant de cellulose du bois.

La finalité de ces filières et processus est de diminuer l’émission des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Pour parvenir à ces fins, le Ministère Fédéral de l’Education et de la Recherche a ratifié une stratégie de recherche nationale concernant la bioéconomie aux horizons de 2030 portant sur 5 piliers allant de la sécurité alimentaire à l’application des ressources renouvelables. Des ouvertures sont aussi en cours d’application pour favoriser ce cheminement comme l’analyse et le coût du cycle de vie des déchets.

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Infographie et Source : Sustainable utilization of food waste for bioenergy production : A step towards circular bioeconomy.