Et si un régime durable propre à chaque pays pouvait être estimé par un algorithme ?

C’est le défi que se sont lancé Abhishek Chaudhary et Vaibhav Krishna, pour 152 pays.

Pour créer un régime, une base de données a été choisie comportant 221 produits alimentaires, complétée avec leurs 29 macronutriments et micronutriments. Lors de l’analyse, des contraintes ont été appliquées, telles que des limites d’apport minimal et maximal pour certains produits alimentaires, ainsi qu’un apport journalier en calories compris entre 2300 et 3200 kcal. Concernant l’environnement, 5 paramètres ont été choisis, à savoir les émissions de carbone, l’eau et le territoire utilisé, et les besoins en azote et en phosphore relatifs à la production des produits alimentaires. L’acceptabilité du régime a été paramétrée pour respecter une certaine diversité dans les produits consommés, rester raisonnablement proche des régimes habituels, ne pas ajouter des aliments dans des régimes où ils sont habituellement interdits ou absents, et maintenir les consommations d’alcool, d’épices, de café et de thé aux mêmes niveaux.

Les recommandations générales générées par l’algorithme poussent à une diminution des apports en viande, en produits laitiers, en riz et en sucre, alors qu’elles encouragent la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de graines et noix. Ce régime est proche de celui suivi en Iran, en Turquie et en Israël, qui ont donc peu de changements à faire. Le régime pousse parfois à faire des compromis : par exemple il est recommandé fortement à certains pays d’augmenter leur consommation de fruits et légumes, ce qui augmente l’empreinte écologique. La mise en place de ces recommandations conduirait théoriquement à la diminution de 32 % des émissions de gaz à effets de serre. Il est intéressant de noter que les défis nutritionnels se situent autour de l’apport en fibres, en vitamine B12, vitamine E et acides gras saturés, alors que les défis d’ordres environnementaux sont liés à l’azote et au carbone.

La discussion se veut prudente, car certains biais n’ont pu être écartés, néanmoins la conclusion met en valeur qu’une optimisation non-linéaire permet de prendre en compte de nombreux facteurs pour construire des régimes plus durables, et que cela représente un champ de recherche à explorer.

 

Source :