De la ferme à la fourchette : Faut-il changer le système alimentaire dans la stratégie de lutte contre le changement climatique ?

Prendre des mesures spécifiques pour transformer les systèmes d’approvisionnement alimentaire pourrait aider à atteindre les objectifs climatiques selon le rapport des Nations Unies sur l’action climatique.  

Marco LAMBERTINI, directeur général du WWF-International énonce que pour atteindre les objectifs fixés en matière de climat et de biodiversité, parvenir à la sécurité alimentaire et prévenir l’émergence des maladies, nous devons agir sur la façon dont nous produisons et consommons les aliments. Les systèmes alimentaires représentent 37 % des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, en ajoutant les régimes alimentaires, les pertes et gaspillages alimentaires aux plans climatiques nationaux, les décideurs politiques pourraient améliorer leurs contributions d’atténuation et d’adaptation des systèmes alimentaires jusqu’à 25%, a déclaré le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). 

Ainsi, 16 façons dont les décideurs politiques pourraient prendre davantage actions dans leurs stratégies climatiques ont été identifiées. Il faudrait que les systèmes alimentaires soient complètement intégrés à la stratégie climatique, de la ferme jusqu’à l’assiette. Les seize actions identifiées dans le rapport comprennent la réduction du changement d’affectation des terres et la conversion des habitats naturels, ce qui pourrait réduire les émissions annuelles d’environ 4,6 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone. De même, la diminution des pertes et du gaspillage alimentaire (8% des GES) pourrait réduire de 4,5GT CO2e par an, l’amélioration de production pourraient réduire les émissions jusqu’à 1,44 Gt CO2e par an. En passant à des régimes alimentaires plus sains et plus durables avec une proportion plus élevée d’aliments d’origine végétale, des réductions beaucoup plus importantes pourraient être obtenues. Mais aucun plan climatique national actuel ne traite explicitement de régimes alimentaires plus durables.   

De nouvelles preuves flagrantes de l’impact du changement climatique sur la capacité de l’humanité à produire des aliments abondants et nutritifs sont apparues sur plusieurs continents : des essaims de criquets détruisent les récoltes en Afrique, des inondations mettent l’agriculture chinoise à l’épreuve, la chaleur et des incendies en Amérique détruisent des millions d’acres de maïs et soja. Le changement climatique aggrave ces conditions et entraine des effets dévastateurs sur la disponibilité et la sécurité alimentaire. 

Selon des estimations, et en absence d’adaptations aux nouvelles conditions, les rendements mondiaux pourraient baisser de 30% d’ici 2050Si des mesures ne sont pas prises en urgence, le changement climatique augmentera les prix des denrées alimentaires, réduira la disponibilité de celles-ci et exacerbera l’instabilité et les conflits en raison de la concurrence pour l’eau et les terres. Les solutions climatiques proviendraient alors de l’agriculture durable : avec la réduction du gaspillage alimentaire, l’agroforesterie et une meilleure gestion des sols et des terres agricoles. 

Selon les auteurs, il faut faire en sorte que la résilience climatique dans le secteur agricole soit au cœur des efforts de la communauté internationale et il faut voir le sommet des systèmes alimentaires prévu en 2021 comme une opportunité pour mettre le monde sur la voie d’une alimentation plus durable et équitable. 

Sources :  

https://news.un.org/en/story/2020/09/1071412 

https://unfoundation.org/blog/post/climate-change-and-the-future-of-food/