Végétal

Un nouveau modèle montre l’efficacité de l’agriculture végétale sur son impact environnemental

Quel serait l’effet d’un changement de mode de consommation protéique sur l’environnement ? Est-ce que cette modification globale serait applicable en peu de temps ? Ces questions ont poussé des chercheurs de l’Université de Stanford en Californie à mettre en place un modèle permettant d’évaluer l’impact d’un tel changement sur les émissions des gaz à effet de serre. Pour cela, les auteurs dont fait partie Patrick Brown, PDG d’Impossible Foods et professeur de Biochimie dans cette même université ont utilisé des données existantes sur la production de bétail et la régénération de la biomasse dans les terres agricoles en projetant les changements associés sur les émissions durant le reste du 21ème siècle. ont été proposés et analysés : un remplacement pur et direct de l’agriculture animale par le végétal, une transition plus graduelle au bout de 15 ans et deux cas alternatifs où les produits carnés sont eux aussi remplacés à différentes échelles de temps. Dans la possibilité où les régimes sont remplacés au bout de 15 ans, une baisse de 70 % d’émission de CO2 serait observé jusqu’en 2100. Ceci correspondrait en parallèle à plus de la moitié de la part de réduction nécessaire des émissions pour arriver à une hausse de 2°C avant la fin du siècle. Cela serait équivalent à une pause de 30 ans d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans l’hypothèse que le remplacement est opéré en 15 ans, neuf dixièmes des réductions d’émission seraient possibles en remplaçant les ruminants. Encore faudrait-il que ces changements soient applicables dans le futur proche. Les auteurs sont confiants que cette adaptation soit possible. Ils invoquent en effet les changements rapides qui se sont opérés dans notre société contemporaine. Ils prennent comme exemple les téléphones portables qui se sont implantés dans une période très restreinte, tout comme l’électricité et le photovoltaïque. Ce changement serait donc possible s’il aboutissait à une meilleure nourriture, de meilleure qualité. Pour conclure, il faudrait aussi s’assurer que ce changement soit entériné par les organismes de décision politiques et accepté par les industriels ce qui peut être complexe.

Source : www.sciencedaily.com/releases/2022/02/220201143917.htm

Mieux manger en accord avec l’environnement, cette étude montre que c’est possible

Les régimes alimentaires ont un impact fort sur la santé mais aussi sur l’environnement qui nous entoure. Il est souvent compliqué de faire un pas en avant vers des changements de comportement. Ainsi, cet article scientifique paru dans Environmental Research Letters en novembre 2021 a cherché à analyser la faisabilité des changements de régimes plus sains pour la planète en proposant une plus grande consommation de graines et de céréales dans de nombreux pays. Ces catégories d’aliments présentent des avantages nutritionnels importants car ils représentent près de la moitié de la surface cultivée et des apports en calories, protéines, zinc et cuivre dans le monde. La classe d’aliments dont les auteurs ont mis en évidence sont les céréales résistantes à la sécheresse comme le sorgho ou le maïs. Elles permettent, entre autres, d’utiliser moins d’eau et de contenir une teneur en nutriments qui varie faiblement selon les conditions du climat (comme une élévation du taux de CO2 atmosphérique lié aux gaz à effet de serre).

Les données associées provenant de la base de données mondiale de l’offre des nutriments élargis sont très robustes puisqu’elle inclut plus de 150 pays qui englobent plus de 95% de la population mondiale. Les résultats montrent que ce changement de régime est possible chez de nombreuses populations puisque ces plantes sont déjà cultivées de façon régulière. Ajouté à cela une diminution de l’utilisation en eau et des gaz à effet de serre de plus de 10 % par rapport aux cultures classiques de céréales. Peut-être que le changement n’est pas si complexe qu’il en a l’air …

Source : www.sciencedaily.com/releases/2022/02/220201143953.htm

Les légumineuses et ses protéines comme alternative à la consommation de viande.

La consommation de protéines animales est en croissance constante. Dans un article de l’INRAE publié en octobre 2021, il est dit que près de 25% des émissions de gaz à effet de serre sont causés par l’alimentation dans les ménages en France. Si l’on considère la proportion de protéines animales et la proportion de protéines végétales consommées, on trouve que 2/3 des protéines totales proviennent du règne animal. L’OMS et la FAO ont mis en évidence que pour limiter les conséquences écologiques et environnementales de cette disproportion, il faudrait que l’on retrouve un ratio équilibré entre les deux sources afin de compenser une augmentation de 60% de la consommation de viande à l’horizon de 2050. Il est aussi noté que la consommation excessive de viande rouge et charcuterie peut causer des pathologies du fait de leur composition riche en acides gras saturés et que le mode de cuisson peut altérer son contenu et former des composés antinutritionnels. Enfin, ce changement de paradigme est lié au fait que la demande générale en protéines augmentera de 30% à la fin du siècle.

Pour mettre ce changement de mœurs en action, il faut donc arriver à remplacer une part non négligeable de produits carnés avec des alternatives végétales. Plusieurs sources existent déjà : les céréales dont les représentant majeurs sont le blé, le riz ou l’orge ainsi que les pseudo céréales comme le quinoa tout comme les légumineuses qui contiennent près de 20 % de protéines. Une catégorie de végétaux qui se démarque des précédentes en termes de quantité fournie sont les oléagineux ou protéo-oléagineux. Les représentants les plus notables sont le colza et le soja qui possèdent des quantités pouvant atteindre les 40% de protéines dans certaines fractions. Si l’on s’intéresse à leurs caractères nutritionnels, les légumineuses contiennent des fibres, des glucides complexes ce qui joue en faveur d’un index glycémique positif pour la santé et des micronutriments dont le fer, qui est très présent dans les viandes et généralement moins dans les plantes. En termes d’agriculture, elles permettent une meilleure redistribution de l’azote et une meilleure rotation des cultures. Des désavantages existent malgré tout : une faible résistance du climat, des désordres digestifs sont possibles et les temps de cuisson peuvent être importants. Résultat : nous mangeons 50 fois plus de céréales que de légumineuses et leur consommation en France a diminué de près de 75 % en 100 ans.

Des innovations ont donc été pensées pour intégrer ces ressources dans des matrices qui inspirent confiance aux consommateurs. Le projet VEGAGE a donc essayé de proposer des process aboutissant à la création de “pâtes aux légumineuses”, avec une valeur biologique forte et des acides aminés indispensables que ne contenaient pas les pâtes classiques.

Source : https://www.inrae.fr/alimentation-sante-globale/proteines-vegetales

Voici comment le sorgho pourrait capter le CO2 atmosphérique et favoriser la fertilisation des sols.

En agriculture, les plantes se servent du CO2 et de la lumière pour opérer la photosynthèse. Certaines d’entre elles peuvent aussi séquestrer ce même CO2 dans le sol pour améliorer la fertilisation de celui-ci et par conséquent d’améliorer le rendement du terrain dans lequel il se trouve tout en diminuant l’impact de l’effet de serre. Le sorgho a été identifié comme candidat pour effectuer ces deux fonctions. Ses racines sont capables de capter des ressources comme de l’eau et des nutriments essentiels à son développement dans le sol plus profondément que ses congénères. Les ressources de cette étude ont été fourni par Texas A&M AgriLife Communications qui ont recherché un cultivar possédant des caractéristiques favorisant le rendement et la diminution de l’impact environnemental.

La teneur en carbone organique a diminué de près de 50 % aux Etats-Unis pendant ce dernier siècle. Pour pallier à ce phénomène, les chercheurs ont planté un hybride de sorgho sur un acre (ou 0,4 hectares) sur une période de 155 jours. Les observations furent les suivantes :

– Les racines ont pu se développer sur près de 2 mètres dans le sol ce qui est significatif.

– Au bout de la saison, 3,1 tonnes de racines ont pu être extraites.

Cette étude a cependant besoin de plus de résultats pour regarder les interactions avec différentes variables et environnements, ainsi que les retombées économiques possibles. Les auteurs mentionnent que des raffineries seraient intéressantes à construire dans les zones de production du fait du manque d’énergie dans ces zones. Cette variété pourrait donc permettre une meilleure rotation des espèces si son efficacité est démontrée à plus grande échelle.

Source : . www.sciencedaily.com/releases/2022/01/220107164603.htm

Les algues comme substituts alimentaires protéiques

La transition protéique est un sujet grandissant dans l’esprit des consommateurs et des industriels. L’un des milieux regroupant une manne biologique des plus importantes et qui est relativement sous exploitée quant à sa surface totale sont les profondeurs marines. Nous utilisons bien évidemment la surface comme source de nourriture proéminente mais pas encore les coins les plus reculés. Dans certains endroits, nous pourrions donc découvrir beaucoup de nouvelles espèces végétales (spécifiquement des algues) puisque le nombre d’espèces actuellement recensé est largement sous-estimé par rapport au nombre théorique total soit 200 espèces pour près de 100 000 espèces selon Pr Harvey de l’Université de Greenwich. Il est cependant essentiel de conserver un cycle de la biodiversité pour ne pas altérer la régénération des animaux, en ne prélevant pas qu’un maillon de la chaîne alimentaire océanique. Pour cela, les différents végétaux sont avantageux et possèdent aussi d’autres bénéfices.

Premièrement, cette consommation et application à un niveau industriel est déjà possible. En effet, les pays asiatiques en sont déjà friands et connaissent des processus appliqués à ce type de nourriture. Deuxièmement, leur goût peut être intéressant pour différentes préparations. De nombreuses algues possèdent une saveur « umami » qui est notamment utilisée dans des plats asiatiques. Dernièrement, la qualité nutritionnelle de ces potentiels ingrédients est très intéressante. Certaines microalgues comme la Dunaliella contient des quantités non négligeables de bêta-carotènes ainsi que des acides gras omega-3 qui ont des effets positifs sur l’inflammation ou la vision. Selon les méthodes de production le taux de protéines peut passer du simple au triple, pouvant atteindre près de 70% de la masse (la spiruline en est un exemple concret). Tout ce qu’il reste à faire est d’adapter notre mode de consommation afin de profiter de cette diversité alimentaire dans le respect de l’environnement.

Source : https://cyprus-mail.com/2021/11/16/could-algae-be-the-sustainable-food-of-the-future/

Le végétal et ses effets positifs dans les pays développés

L’agriculture dans les pays développés est gourmande en énergie (électricité, essence et eau) et libère différents composés comme du CO2 ou du méthane qui peuvent nuire à l’environnement. Selon une étude parue dans Nature Food en 2022 portant sur 54 pays, une alimentation plus orientée sur le végétal aurait des intérêts importants sur l’écologie que les scientifiques ont baptisé le “double dividende climatique”. Les effets attendus seraient une diminution des émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture d’un peu plus de 60 %, ce qui serait équivalent à l’effet attendu d’une mise en œuvre complète de la COP26 sur la transition énergétique des transports à 100% de ces mêmes émissions selon le Docteur S. Vermeulen, responsable scientifique auprès de la WWF. Les terres agricoles pourraient donc capter autour de 100 milliards de tonnes de carbone, ce qui permettrait de limiter le réchauffement climatique à une augmentation d’1.5 °C avant la fin du siècle. Des pays comme la France, les USA, l’Allemagne et l’Australie ont un impact fort dans la production de produits carnés qui tourne autour de 70% de leur production totale. De ce fait, il a été mesuré que leur implication dans cette transition aboutirait à la moitié des résultats prévus quant au captage du carbone.

Source : https://positivr.fr/en-adoptant-un-regime-plus-vegetal-les-pays-riches-reduiraient-leurs-emissions-agricoles-de-62/

Communiquer sur le plaisir des légumineuses et non sur la notion de protéines végétales

Aujourd’hui, le ratio français de consommation de protéines animales et végétales est de 65/35 quand les recommandations sont de 50/50.

Les protéines végétales, bien que pleines d’avantages et moins couteuses, ne semblent pas avoir le succès espéré. En fait, de nombreux préjugés persistent au-delà de la difficulté des consommateurs à changer leurs habitudes alimentaires. La représentation « genrée » des protéines animales et végétales et le temps de préparation trop long en sont les principaux. De plus, les produits carnés, en général sont perçus comme l’aliment central d’un repas. C’est pourquoi il est nécessaire d’accepter de changer ses habitudes alimentaires pour consommer davantage de repas à base de protéines végétales.

La communication et l’information semblent être les outils idéaux pour déconstruire ces préjugés et habitudes dans l’objectif de consommer plus durablement. Cependant, les chercheurs ont mis en évidence un écart non négligeable de représentation des légumes secs entre consommateurs et professionnels. Effectivement, le consommateur lambda des protéines végétales se limite aux lentilles (voire aux haricots secs et pois chiches) et le goût (« délicieux », « bon », « sympa ») est au cœur de sa représentation sociale. Au contraire, ce sont les aspects fonctionnels et nutritionnels qui priment dans la représentation du professionnel. C’est pourquoi ils communiquent toujours par le terme de « protéines » et jamais de « goût ».

C’est donc bien en communiquant sur le goût et moins sur les notions de protéines végétales que l’on pourra faire évoluer les comportements des consommateurs.

Source : https://www.reussir.fr/fruits-legumes/communiquer-sur-le-plaisir-des-legumineuses-et-non-sur-la-notion-de-proteines-vegetales

76 % des Français considèrent que nous ne sommes pas égaux en termes d’alimentation

2000 Français de 18 à 75 ans ont été interrogés par Ipsos sur leur rapport à l’alimentation, en septembre dernier. Avec les légumes comme point centrale du sondage, l’objectif était d’avoir une représentation de leur consommation et perception par les Français ainsi que les freins potentiels à cette consommation.

Tout d’abord, cette étude a permis de mettre en lumière les inégalités qui résident en matière d’attitudes et comportements alimentaire à plusieurs niveaux :

  • La catégorie sociale : de manière générale, les CSP+ accordent davantage d’importance à la richesse et variété de leur alimentation et à la consommation d’aliments sains et équilibrés que les CSP-
  • La génération : les personnes âgées de plus de 65 ans semblent consommer davantage de légumes quotidiennement que les générations suivantes
  • Le genre : les femmes font aussi davantage attention à la qualité de leur alimentation et sont visiblement plus nombreuses à consommer des légumes quotidiennement

Sur les 2000 français interrogés, 76% pensent que les français ne sont pas égaux en termes d’alimentation dont 52% qui pensent que ces inégalités se renforcent. Ces inégalités s’expliquent notamment par le pouvoir d’achat, d’après les sondés, mais aussi par la transmission familiale et les habitudes alimentaires prises dans l’enfance. En effet,  46% des interrogés font leurs courses quotidiennes à 10 euros près.

Les personnes interrogées considèrent les légumes comme indispensables pour être en bonne santé et comme la famille d’aliment la plus importante dans l’alimentation. Les freins à leur consommation sont à la fois financiers (perçus comme peu abordables) mais aussi gustatifs puisque près de trois quarts des sondés pensent qu’ils ne permettent pas de se faire vraiment plaisir.

La culture et l’éducation jouent un grand rôle dans nos habitudes alimentaires. Effectivement, les personnes ayant été habitués à manger des légumes dans leur enfance ont tendance à manger davantage de légumes que les autres. De plus, l’étude a aussi permis de montrer une corrélation entre la façon dont le repas est pris et la consommation de légumes : les personnes qui mangent devant les écrans sont aussi les personnes qui consomment le moins de légumes.

La soupe de légumes représente une solution face aux freins évoqués précédemment puisqu’elle est considérée comme délicieuse pour 89% d’entre eux, réconfortante et économique pour 87%. Pour la grande majorité, la soupe est une façon saine et variée de consommer des légumes. Plus de la moitié des Français optent cependant pour de la soupe toute faite.

 

Source : https://www.ipsos.com/fr-fr/76-des-francais-considerent-que-nous-ne-sommes-pas-egaux-en-termes-dalimentation?utm_medium=email&_hsmi=175958576&_hsenc=p2ANqtz-_Y_VokzuPzvtzgILa5k38rtpXJ9V3yLMlfLVh61SAcJCcN3LV0EC2lTETULik6W0Ez_HMbCm7CtjLPYgs5A2nGDvSz_zQRv9MuAgMj5Ay-Qye8jak&utm_content=175958576&utm_source=hs_email

Microalgues comestibles et leurs composés bioactifs dans la prévention et le traitement des altérations métaboliques

En raison de leurs propriétés fonctionnelles et nutritionnelles, la demande mondiale en algues marines et algues d’eau douce, ainsi que leurs produits dérivés, augmente de plus en plus. C’est pour des raisons nutritionnelles et environnementales que les microalgues (algues unicellulaires) constitueront l’un des aliments majeurs du futur.

Source de protéine de haute qualité et de molécules bioactives, elles ont un rôle à jouer dans les épidémies modernes d’obésité et de diabète.

Elles ont aussi une capacité de fixation du dioxyde de carbone et une utilisation minime de terres agricoles, qui peuvent contribuer de manière significative à la durabilité de l’alimentation du futur.

Différentes espèces sont aujourd’hui candidates à la consommation humaine telles que Chlorella, Spiruline (Arthrospira) et Tetraselmis ainsi que Isochrysis et Nannochloropsis.

La biomasse de Chlorella a notamment montré des effets antioxydants, antidiabétiques, immunomodulateurs, antihypertenseurs et antihyperlipidémiques chez l’homme et d’autres mammifères.

Le SMET, altérations métaboliques connues sous le nom de syndrome métabolique, est l’un des syndromes pour lesquels les composants des microalgues examinés peuvent être efficaces. D’abord, pour lutter contre le développement de la résistance à l’insuline, puis plus tard, quand la fonction des cellules pancréatique est déjà altérée. En fait, pendant ces deux stades, les composants actifs sont des piégeurs antioxydants et des médiateurs lipidiques anti-inflammatoires. Parmi ces composants : les caroténoïdes et les acides gras polyinsaturés oméga 3 (acide eicosapentaénoïque EPA/acide docosahexaénoïque DHA), les polysaccharides prébiotiques, les phénoliques, les peptides antihypertenseurs, plusieurs pigments tels que les phycobilines et la phycocyanine, et certaines vitamines, comme le folate.

Pour conclure, les microalgues représentent d’excellents aliments pour l’avenir pour plusieurs raisons. Avec leur source de protéines de haute qualité et les molécules bioactives évoquées précédemment, elles peuvent contribuer à la lutte mondiale contre l’obésité et le diabète, et de manière plus générale représenter un aliment à part entière. Enfin, leur incorporation à l’alimentation humaine ouvrirait de nouvelles portes vers une alimentation durable et davantage respectueuse de l’environnement.

 

Source : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7916042/

Plus de protéines végétales dans l’assiette, pourquoi est-ce si difficile pour le consommateur ?

La transition vers des régimes sains et durables commence par le rééquilibrage de nos apports en protéines d’origine animale et végétale. Les recommandations nutritionnelles sont de 50/50 quand notre consommation actuelle, dans les pays occidentaux, est de 65/35.

Cela s’explique d’abord par la vision biaisée que l’on a des protéines, et les stéréotypes auxquelles on les associe. En effet, lorsqu’on pose la question à 40 mères de famille responsables des achats alimentaires de leur foyer, les protéines sont automatiquement corrélées à la viande, l’œuf et le poisson. Nous associons encore les protéines aux concepts de chair, corps et muscles. De plus, nous avons aussi une vision très genrée des protéines animales ou végétales, les protéines animales représentant davantage la force et la virilité et les protéines végétales, la légèreté et la féminité. C’est donc en partie pourquoi il est difficile pour le consommateur de concevoir la substitution des protéines animales en protéines végétales : car pour lui, elles ne sont pas équivalentes et ne peuvent se remplacer. Ensuite, les personnes interrogées seraient aussi freinées par le temps de préparation qu’implique la consommation de plats végétaux, alors qu’aujourd’hui il existe de nombreux plats à base de végétaux pour lesquels aucun temps de préparation supplémentaire n’est nécessaire. Enfin, les personnes interrogées pensent aussi que les plats à base de légumes secs et céréales seraient réservés aux régimes végétariens, végétaliens et vegan.

De plus, la viande est encore considérée comme « centrale » dans les repas des consommateurs. Lorsqu’on demande à des participants de composer un plat pour différentes occasions, ils commencent d’abord par choisir la viande pour ensuite compléter le repas avec des accompagnements végétaux, qui peuvent parfois même être des aliments riches en protéines végétales telles que les légumineuses. En fait, pour le consommateur, remplacer la viande par des végétaux riches en protéines reviendrait à remplacer un aliment central par un accompagnement.

Pour palier à ce manque d’information et ces stéréotypes, la communication et l’information semblent être la solution. Pour toucher le consommateur « lambda », il faudrait communiquer essentiellement sur les notions de goût, qui sont d’une importance primordiale pour le consommateur, plutôt que l’aspect fonctionnel et nutritionnel des protéines végétales. Les notions de protéines végétales sont en effet davantage évocatrices pour les professionnels du secteur et assez mal comprises par les consommateurs. Ensuite, le manque d’information sur certains légumes secs comparé aux connaissances que l’on a des produits animaux est aussi un facteur de frein pour les consommateurs. Ainsi, c’est au travers d’une connaissance et d’une communication avec une forte composante hédonique et un aspect pratique que les attitudes envers les légumes secs et les habitudes alimentaires pourront changer.

De manière générale, il est difficile pour un consommateur de changer ses habitudes alimentaires car cela lui impose davantage de réflexion que ses choix habituels et « automatiques ». Cela a aussi un coût hédonique (se passer du gout de la viande), pratique (préparation, lieu d’approvisionnement), et de temps de préparation.

Cependant, un comportement alimentaire peut changer par une « exposition répétée » et positive à un nouvel aliment. Un aliment proposé dans un contexte chaleureux et familier, tel que le café, sera plus facilement accepté, malgré son goût, qu’un aliment nouveau qui fera souvent l’objet de rejet.

On peut par exemple commencer par proposer des plats à base de protéines végétales dans les cantines pour enfant afin de les habituer à apprécier ces produits grâce à un environnement positif et un personnel formé.

 

Source : https://www.inrae.fr/actualites/proteines-vegetales-assiettes-consommateur