Végétal

Plan européen sur les Protéines Végétales

Actuellement, l’union européenne importe plus de 90 % de ses besoins en protéines végétales, majoritairement sous forme de soja génétiquement modifié, car l’union européenne n’est pas auto-suffisante en soja. Ce soja importé est destiné à l’alimentation du bétail. Un paradoxe, puisque la culture d’OGM en Europe est interdite. De plus, cette situation augmente l’empreinte carbone, entraine des dommages irrémédiables sur la biodiversité dans les régions de culture intensive et impacte la sécurité alimentaire européenne.

Le plan européen sur les protéines végétales a pour objectif de valoriser les légumineuses à graines non OGM et les surfaces fourragères et en herbe. Leur richesse en protéines et leur propriété fixatrice de l’azote atmosphérique permettent de diminuer l’utilisation des produits phytosanitaires et de promouvoir l’utilisation des protéines végétales.

Par de multiples mesures dont la rotation et les associations de cultures, ce plan a pour objectif d’orienter la nouvelle PAC post-2020 devant le parlement européen.

Source : http://www.consilium.europa.eu/fr/meetings/agrifish/2018/02/19/ (consulté le 24/05/2018)

Améliorer sa consommation de légumes en ajustant sa portion alimentaire

Grâce à leur profil nutritionnel, les légumes présentent un certain nombre de bénéfices pour la santé (Boeing H., et al). Toutefois, l’engouement qui existe aujourd’hui pour la restauration rapide est associé à une moindre consommation de légumes, au profit de produits moins sains et plus caloriques.

C’est dans ce contexte qu’une enquête a été imaginée et réalisée au sein de différents restaurants. L’objectif était de déterminer si l’augmentation de la part de légumes dans les assiettes, associée à une moindre portion de viande, permettait néanmoins de maintenir un bon niveau de satisfaction du client. Les chercheurs ont ainsi doublé la portion de légumes dans les assiettes d’individus non avertis, tout en diminuant leur portion de viande de 12,5%. Des périodes témoin ont également été réalisées, avec des portions identiques à ce qui est habituellement pratiqué. Des questionnaires de satisfaction ont été distribués à la fin de chaque repas.

Les résultats révèlent une augmentation de 30% de la consommation de légumes lors des périodes d’intervention. À l’inverse, la consommation de viande a diminuée de 13%. Aucune différence significative n’a été observée quant à la satisfaction clients. En définitive, ces résultats suggèrent que les restaurants pourraient jouer un rôle majeur dans la promotion de choix alimentaires plus sains, en stimulant la consommation de légumes. Ceci semble d’autant plus important que la consommation actuelle de légumes par les pays occidentaux se révèle en dessous des recommandations.

Sources :

  • Reinders MJ, Huitink M, Dijkstra SC, Maaskant AJ, Heijnen J. Menu-engineering in restaurants – adapting portion sizes on plates to enhance vegetable consumption: a real-life experiment. The International Journal of Behavioral Nutrition And Physical Activity, volume 14, numéro 1, page 41. (2017). DOI: 10.1186/s12966-017-0496-9. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28424081
  • Boeing H, Bechthold A, Bub A, Ellinger S, Haller D, Kroke A, Leschik-Bonnet E, Müller MJ, Oberritter H, Schulze M, Stehle P, Watzl B.  Critical review: vegetables and fruit in the prevention of chronic diseases. European Journal of Nutrition, volume 51, numéro 6, paes 637-63. (Septembre 2012). Doi: 10.1007/s00394-012-0380-y. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22684631

Influence du mode de préparation sur la composition des légumineuses

Les légumineuses comportent des intérêts nutritionnels non négligeables. Elles occupent une place de choix dans un contexte de réduction de l’impact environnemental de notre alimentation. Néanmoins, la composition nutritionnelle varie fortement d’une légumineuse à l’autre et les modes de préparations culinaires ou industriels peuvent influencer la composition et la qualité nutritionnelle globale des légumineuses. La FAO conseille par exemple de réaliser un trempage avant toute préparation afin d’en améliorer la digestion et l’absorption.

Des chercheurs ont comparé l’influence d’une cuisson classique et de l’appertisation sur la composition des légumineuses. Ainsi, dans le cas du haricot rouge, l’appertisation entraine une diminution significative de la teneur en phytates, et en phosphore. Une autre étude révèle que la cuisson par appertisation améliore significativement la bio-accessibilité de certaines vitamines par rapport à la cuisson ménagère. L’appertisation permet une augmentation de la bio-accessibilité du β-carotène et du cholécalciférol dans les pois chiches, de la vitamine A pour les lentilles ou  les haricots blancs. Au contraire, la présence de légumineuses dans un repas diminue la bio-accessibilité et l’absorption des vitamines liposolubles D, E et K. Ces dernières jouent un rôle important dans la prévention des pathologies oculaires, osseuses, neurovégétatives et cardiovasculaires.

L’appertisation permet une élimination importante de composés antinutritionnels comme les phytates, mais dans le même temps une réduction d’une partie des nutriments. Maitriser la préparation des légumineuses est un facteur clé sur la composition finale du produit. Il s’agit donc d’une voie de recherche intéressante. Identifier les composés responsables permettra de proposer des solutions adaptées et de formuler des produits tout en conservant la qualité nutritionnelle des légumineuses.

Sources :

  • M. Margier, M. Nowicki, A. Siriaco, S. Georgé, M. J. Amiot, E. Reboul. Effet des légumineuses sur la biodisponibilité des vitamines liposolubles. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • S. Georgé, M. Margier, M. Nowicki, N. Dlalah, D. Remond, M. J. Amiot, E. Reboul. Effet du mode de préparation sur la composition nutritionnelle des légumineuses. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • Les bienfaits pour la santé des légumineuses de la FAO

Impact des restrictions protéiques sur notre comportement alimentaire

Bien que les mécanismes d’action restent controversés, l’effet satiétogène des protéines est reconnu. Les charges protéiques diminuent la prise alimentaire et augmentent la durée et la période inter-prandiale. Un régime déficient en protéines est connu pour entraîner une recherche non consciente de protéines alimentaires.

Une étude a été réalisée afin de connaître l’impact d’une telle restriction sur les choix alimentaires : 23 sujets sains de 18 à 35 ans, avec un IMC normal, ont suivis des régimes iso-énergétiques apportant 0.5g ou 1,4g de protéines/kg/j. Une compensation de la teneur en lipides ou glucides afin de fournir une teneur en calories identique a été apportée. À la fin des différents régimes, il a été demandé aux sujets de donner leur préférence sur 153 comparaisons de paires d’images d’aliments, différant par leur teneur en protéines, leur taille de portion, ou qualités sensorielles. Un effet significatif du régime sur les préférences alimentaires a été établi, en particulier sur le facteur taille de portion. Un régime à teneur basse en protéines entraine une augmentation de la préférence pour des tailles de portion plus importantes. Aucune corrélation n’a été établie entre le type de régime et la teneur en protéines ou la qualité sensorielle des aliments.

Cette étude suggère qu’une diminution de la consommation de protéines induit des modifications de préférences alimentaires. Les facteurs susceptibles de moduler l’appétit et la consommation énergétique représentent une cible majeure pour la prévention et le traitement du surpoids et de l’obésité.

Sources :

  • Fromentin, G., Darcel, N., Lesdema, A., Rasoamanana, R., Chaumontet, C., Gaudichon, C., Tomé, D., Marsset-Baglieri, A. (2011). Protéines laitières et satiété, contrôle du comportement alimentaire. Innovations Agronomiques, 13, 57-70. http://prodinra.inra.fr/record/173064
  • S. Fromentin, O. Davidenko, P. Barbillon, G. Fromentin, D. Tomé, N. Darcel. Modulation des préférences alimentaires induites par le recouvrement d’une déficience en protéines chez l’homme. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).

Utiliser des applications ludiques pour promouvoir la consommation des légumineuses ?

Face à leurs propriétés intéressantes pour l’Homme et l’environnement, 2016 a été proclamée « Année internationale des légumineuses » par la FAO. Néanmoins, les légumineuses restent aujourd’hui peu présentes dans l’alimentation des Français. L’une des principales raison est le manque de familiarité avec les techniques culinaires nécessaires à leur préparation.

 Des chercheurs ont émis l’hypothèse que l’utilisation d’une application ludique pouvait améliorer la perception des légumes secs par le consommateur. Ils ont mis en place une application culinaire pour smartphone, « Little cooking » et l’ont testée chez des adultes. En 3 semaines, les sujets ont passé en moyenne 181 minutes sur l’application, ont découvert 60% des recettes disponibles, et 50% des recettes à base de légumineuses. Cette étude révèle que les consommateurs associent les légumineuses à la notion de complexité. Néanmoins, au fur-et-à-mesure que les usagers découvrent l’application et les recettes, une évolution de la perception des légumineuses est observée, les associant plus facilement à une notion de facilité, et les encourageant à leur consommation.

Par ailleurs, il a été établi que l’utilisation de « serious games » en nutrition a un impact significatif sur l’adoption effective de modes de vie plus sains. Il s’agit de systèmes informatiques utilisant des procédés à visée ludique, tels que les jeux vidéo, pour réaliser des objectifs « sérieux », notamment d’éducation, d’apprentissage et de communication persuasive. Cela suggère l’importance des médias dans l’alimentation, phénomène de plus en plus étudié.

Sources :

  • A.-C. Boisseau, O. Davidenko, G. Fromentin, D. Tomé, N. Darcel (UMR PNCA, INRA AgroParisTech Université Paris-Saclay, Paris, France). Little Cooking, une application ludique pour promouvoir la consommation des légumineuses. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • Didier Courbet. « Serious Games », jeu, enseignement ou traitement ? Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).

Protéines végétales: la solution pour une alimentation durable?

Découvrez une vidéo de la Chaire ANCA qui résume les enjeux de la diversification des sources de protéines.

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La Chaire ANCA, laboratoire d’innovations pédagogiques en nutrition, propose une vidéo qui résume les enjeux de la diversification de nos sources de protéines, notamment en rééquilibrant les protéines de sources animales et végétales.

Lien vers la vidéo : « Les protéines végétales – Un levier pour une alimentation plus durable ? »

Qu’est-ce que la Chaire ANCA ?

La chaire ANCA est une chaire d’enseignement et de recherche portée par la fondation AgroParisTech financée par des mécènes privés et institutionnels.

L’Institut Olga Triballat va financer la réalisation d’un web-documentaire sur les protéines végétales et animales (date de sortie, etc)

Plus d’informations sur https://chaire-anca.org/

Les protéines végétales pour réduire les risques de mortalité cardiovasculaire ?

Round Grilled FoodLe Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié le mois dernier l’étude d’une équipe de chercheurs d’Harvard. Cette étude traite du lien entre la mortalité et la consommation de protéines animales et végétales. Plus précisément, leur problématique est de savoir si la consommation de protéines animales peut augmenter le risque de mortalité chez des sujets à risque cardiovasculaire. Il s’agit d’une étude d’observation qui regroupe les chiffres de la Nurses’s health Study et de la Health Professionals Follow-up Study (1980-2012), deux grandes études américaines répertoriant les habitudes alimentaires de plus de 130 000 Américains. En moyenne, chez les sujets étudiés, 13% de l’énergie est apportée par des protéines animales et 4% par des protéines d’origine végétale. Les résultats montrent que la consommation de protéines animales est liée significativement à la mortalité cardiovasculaire, chez les personnes présentant au moins un facteur de risque. En effet, une augmentation de 8% de la mortalité est observée pour +10% d’énergie apportée par les protéines animales. Au contraire, la quantité de protéines végétales est associée à un risque de mortalité plus faible. Une diminution de la mortalité de 10% est observée pour +3% d’énergie apportée par les protéines végétales. Globalement, ces résultats suggèrent que la substitution d’une petite partie (3%) des protéines animales, issues de viande transformée, par des protéines végétales permettrait de diminuer la mortalité globale de 34%.

Source :

Song, M., Fung, T. T., Hu, F. B., Willett, W. C., Longo, V. D., Chan, A. T., & Giovannucci, E. L. (2016). Association of Animal and Plant Protein Intake With All-Cause and Cause-Specific Mortality. JAMA Internal Médicine.

Une alimentation plus végétale pourrait diminuer les risques de cancers

Guide alimentation AustralieEn octobre dernier, une étude Australienne a été publiée, montrant qu’une consommation trop faible ou inadaptée en fruits et de légumes (non féculents) pourrait augmenter le risque de divers cancers des systèmes digestifs et respiratoires. D’après les résultats, un cancer colorectal sur 6 serait attribuable à un apport insuffisant en fibres alimentaires et près de 1 900 cancers observés en Australie en 2010 (environ 1,7% des cancers totaux en 2010 seraient attribuables à un apport insuffisant en fruits et en légumes (non féculents). Il semblerait donc que consommer les quantités recommandées de fruits, de légumes et de fibres alimentaires permettrait de réduire de 4% les risques globaux de cancers. D’après le guide des recommandations nutritionnelles Australien (2013) et le National Health and Medical Research Council (NHMRC), les quantités nécessaires pour des apports quotidiens adaptés sont :

  • 300 g de fruits entiers (non-jus),
  • 375g de légumes, dont des pommes de terre (pas plus de 150g par jour et non frites) et des légumineuses.

Aucun seuil maximal de consommation de fibres alimentaires n’a été établi étant donné que le NHMRC considère qu’une alimentation riche en fibres alimentaires n’entraine pas d’effets délétères.

Sources:

  • Recommandations nutritionnelles du gouvernement Australien
  • Whiteman, D. C., Webb, P. M., Green, A. C., Neale, R. E., Fritschi, L., Bain, C. J., … & Pandeya, N. (2015). Cancers in Australia in 2010 attributable to modifiable factors: introduction and overview. Australian and New Zealand journal of public health, 39(5), 403-407.

L’impact environnemental de notre alimentation

Depuis ces dix dernières années, de nombreuses études scientifiques s’intéressent aux liens pouvant exister entre notre alimentation et le phénomène de réchauffement climatique et l’Institut Olga Triballat aussi! La question est de savoir comment adopter des comportements alimentaires plus responsables qui nous permettraient d’évoluer vers des modèles d’agriculture et de consommation plus durables, le tout en privilégiant la qualité de la nutrition et la santé humaine ? Un sujet largement étudié est le choix des sources de protéines dans l’alimentation humaine. Par exemple, pour produire un kilogramme de protéines alimentaire, l’empreinte carbone n’est pas du tout la même selon qu’il s’agisse de protéines d’origine végétale ou animale. Lorsque l’on parle d’empreinte carbone, on inclut toutes les consommations liées à la production de ce kilogramme de protéines : l’espace agricole, la consommation d’eau (bétail, cultures), la consommation de carburants, l’utilisation de pesticides, les fertilisants ainsi que les déchets animaux, etc.

Des chiffres impressionnants sont apparus dans une étude de l’Université de Loma Linda en Californie en 2014 avec une production de protéines animales (bœuf) 18 fois plus consommatrice en terres, 12 fois plus en fertilisants, 10 fois plus en eau et en pesticides que la production de haricots secs. Les études continuent de se multiplier sur le sujet, en comparant à la fois l’équilibre nutritionnel  et l’impact environnemental des menus. Hayo Van Der Werf et Carla Coelho (INRA Rennes) travaillent également sur le sujet en prenant comme référence le régime alimentaire moyen français et les recommandation du PNNS (Programme National nutrition Santé). D’après leurs premiers résultats, un menu plus « sain » contient moins de viande, plus de fruits et légumes et de produits laitiers que le menu moyen français. L’impact environnemental d’un tel menu serait 10 à 30% plus faible. Pour réduire son impact sur l’environnement au quotidien, ils conseillent également d’éviter le gaspillage alimentaire, tout particulièrement pour les produits d’origine animale.

Sources:

  • Sabaté, J., Sranacharoenpong, K., Harwatt, H., Wien, M., & Soret, S. (2015). The Environmental Cost of Protein Food Choices–CORRIGENDUM. Public health nutrition, 18(11), 2096-2096.
  • Source Hayo van der Werf et Carla Coelho Pernollet F, Coelho CRV, van der Werf HMG, 2016. Methods to simplify diet and food life cycle inventories: accuracy versus data-collection resources. Journal of Cleaner Production, soumis.

Recommandations nutritionnelles dans le monde

Illustration Diet GuidelinesLes gouvernements s’accordent tous sur une chose, le modèle alimentaire actuel (occidental) est trop riche en graisses, sucres et protéines d’origines animales. Cela doit changer et pour deux raisons: premièrement pour la santé humaine et deuxièmement pour limiter notre impact sur la planète. En effet, ces deux enjeux sont étroitement liés. Bien que l’homogénéisation des discours ne soit pas toujours aisée d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre, on observe cependant une convergence sur l’augmentation de la consommation de produits végétaux et la réduction de la consommation de viande. Chaque pays possède son guide du « bien manger ». les formes et les catégories alimentaires sont variables mais l’on observe dans chacun de ces guides la position importante du végétal (en quantité et en qualité). Dans certains pays comme le Mexique ou l’Inde, les légumineuses, riches sources de protéines végétales, ont même leur propre catégorie!

Sources: