Veille scientifique

Les premiers résultats du projet « Spirufix » soutenu par l’IOT : une spiruline unique !

La spiruline est une cyanobactérie ayant un profil nutritionnel de qualité, ce qui explique pourquoi elle est cultivée et consommée, notamment par le biais des compléments alimentaires. Elle présente une teneur élevée en protéines, en vitamines et en oligoéléments. Toutefois, la production de spiruline a un coût élevé associé à un apport important en azote, nécessaire à son développement. En outre, l’utilisation d’azote minéral dans les cultures empêche l’obtention du label ‘bio’, l’azote minéral ne rentrant pas dans le cahier des charges de l’agriculture biologique. En 2018, l’Institut Olga Triballat a soutenu le projet « Spirufix » qui se base sur la découverte récente d’une souche de spiruline qui a la capacité de fixer l’azote atmosphérique, une source inépuisable et gratuite d’azote. Une propriété unique qui confère à cette nouvelle souche un potentiel de valorisation à la fois économique et environnemental. Le projet, toujours en cours, se décline en plusieurs étapes et objectifs. Les résultats obtenus aujourd’hui ont permis réaliser une caractérisation génétique de cette souche et d’identifier le gène qui permet à la souche de fixer l’azote atmosphérique. Par la suite, les chercheurs ont pu déterminer le type de milieu de culture et les conditions de culture les plus favorables au développement de cette souche : un milieu salin supplémenté en nutriments, métaux et vitamines, à pH 6 et à une température de 30°c, sans brassage. Des observations microscopiques ont permis de caractériser le phénotype de la souche. Les prochains résultats permettront d’évaluer le potentiel nutritionnel de la souche, de tester ses éventuelles propriétés antioxydantes et antimicrobiennes, et enfin de s’assurer de l’absence de toxicité dans le but d’envisager son exploitation dans le domaine agro-alimentaire.

Source : rapport du porteur de projet

L’institut Olga Triballat soutient l’éducation alimentaire des enfants

En 2018, l’Institut Olga Triballat a soutenu le projet « Goût en famille », coordonné par l’Institut du Goût et qui a fait intervenir plusieurs acteurs tels que le CHU de Pointe-à-Pitre, un nutritionniste ou un chercheur en psychologie de l’alimentation. Le projet avait pour objectif d’étudier l’impact d’une éducation au goût sur la variété alimentaire auprès d’enfants guadeloupéens âgés de 8 à 11 ans. Pour cela, des familles guadeloupéennes ont été recrutées et réparties dans deux groupes : un groupe « témoin » et un groupe « intervention » qui a pu bénéficier d’un programme pédagogique sur 5 mois composé d’ateliers sensoriels pour les parents, de vidéos à regarder en famille et de fiches d’activités sensorielles pour la maison. Les deux groupes ont rempli des carnets alimentaires pour leurs enfants avant et après le suivi du programme pédagogique, permettant de mesurer l’évolution de la variété alimentaire suite au programme pédagogique. L’analyse des résultats permet de conclure que le programme d’éducation a permis d’augmenter la variété des légumes dans l’alimentation des enfants, mais pas celle des fruits. Le programme a également permis d’augmenter la qualité alimentaire des enfants : une baisse du taux de consommation de pâtisseries a été observée ainsi qu’une augmentation du taux de consommation de riz, semoule et blé. Enfin, le programme pédagogique a eu un effet positif sur le contexte des dîners avec notamment moins de dîners devant la télévision, améliorant ainsi l’interaction parents-enfants.   

Source : https://www.institutdugout.fr/wp-content/uploads/2019/12/POSTER-GOUTS-EN-FAMILLE.pdf 

Protéines XTC dévoile son rapport Food Vision 2020

L’agence Protéines XTC est une agence de conseil en innovation et communication spécialisée dans le domaine alimentaire, qui met en avant les défis des industries alimentaires en lien avec l’évolution de la société et des consommateurs L’agence a dévoilé la 3ème édition de son rapport Food Vision. Ce rapport indique d’abord trois chiffres clés : 21% des exploitants vendent une partie de leur production en circuit court, les ¾ des français déclarent consommer régulièrement des produits issus d’agriculture biologique et le nombre d’ingrédients dans la composition des nouveaux produits mis sur le marché entre 2015 et 2019 a diminué d’environ 20%. Par ailleurs, Food Vision a dévoilé 6 axes de transformation de l’alimentation étudiés à travers 3 prismes : la sociologie de l’alimentation, l’innovation et la communication. Il en ressort que : 

  • Le consommateur demande plus de sobriété et que les entreprises devront alors intégrer les dimensions de sobriété et de frugalité comme valeur ajoutée 
  • De même, le consommateur attend des produits alimentaires sains et à des prix abordables.  
  • Les consommateurs souhaitent également davantage de traçabilité : être informé sur l’impact environnemental du produit, son impact sur la santé et sur le bien-être animal. Les industries devront répondre à ces nouvelles demandes.  
  • Le végétal, qui a occupé une place importante cette année, doit rester source de plaisir, de naturalité et de praticité pour s’imposer comme une alternative durable.  
  • Par ailleurs, les entreprises doivent intégrer les revendications des communautés de consommateurs, comme les Vegan, pour communiquer et innover
  • Enfin, les industries devront recréer un lien d’échange et de confiance avec les consommateurs.

Sources : https://www.agro-media.fr/dossier/le-nombre-dingredients-dans-les-recettes-tend-il-a-diminuer-41849.html 

https://alimentation-generale.fr/analyse/les-6-grandes-tendances-2020-en-alimentation-decryptees-par-food-vision/ 

La commission Européenne dévoile sa stratégie de transition des systèmes alimentaires

Le 20 mai 2020, la Commission Européenne a publié sa stratégie “De la ferme à la fourchette”, partie intégrante du Pacte vert Européen qui vise à rendre les systèmes alimentaires équitables, sains et respectueux de l’environnementLe document, disponible sur le site internet de la Commission Européenne, rappelle en premier lieu la nécessité pour l’agriculture de l’Union d’accélérer sa transition agricole, à cause de l’impact des systèmes alimentaires sur le climat et sur l’environnement. La stratégie “De la ferme à la fourchette” vise la réduction de la dépendance aux pesticides et aux antimicrobiens, la diminution de l’emploi abusif d’engrais, le développement de l’agriculture biologique, l’amélioration du bien-être animal et l’inversement de la régression de la biodiversité. La finalité de cette stratégie se résume en 5 pointspermettant de mener à un système alimentaire qui :  

1) a un impact environnemental neutre ou positif ;  

2) aide à atténuer le changement climatique et s’adapte à ses impacts ;  

3) inverse la perte de la biodiversité ;  

4) assure la sécurité alimentaire, la nutrition et la santé publique en veillant à ce que chacun ait accès à une nourriture suffisante, sûre, nutritive et durable ;  

et 5) préserve l’accessibilité financière des aliments tout en générant des rendements économiques plus équitables, en stimulant la compétitivité du secteur de l’approvisionnement de l’UE et en promouvant le commerce équitable.  

Le document de stratégie souligne enfin l’importance d’aborder une approche collective pour avancer dans cette transition. Les pouvoirs publics, les acteurs du secteur privé de la chaîne alimentaire, les organisations non gouvernementales, les partenaires sociaux, les universitaires mais aussi et surtout les citoyens, par le changement de leurs régimes alimentaires, doivent s’impliquer dans cette transition. Par cette stratégie, le système alimentaire de l’Union européenne pourrait devenir une norme mondiale en matière de durabilité.  

Sources :  https://ec.europa.eu/food/farm2fork_en  

https://eur-lex.europa.eu/resource.html?uri=cellar:ea0f9f73-9ab2-11ea-9d2d 01aa75ed71a1.0002.02/DOC_1&format=PDF  

Santé publique France enquête sur les habitudes alimentaires pendant le confinement

Le confinement lié à l’épidémie du covid-19 a impacté les habitudes alimentaires des Français. Santé publique France a intégré à son enquête CoviPrev des questions liées à ce bouleversementLes résultats ont montré qu’une partie des répondants déclarent que leur alimentation a été moins équilibrée qu’avant le confinement, qu’ils ont grignoté davantage entre les repas et qu’ils ont pris du poids pendant le confinement. La tendance au grignotage et la prise de poids se sont amplifiées au fur et à mesure du confinement. Par ailleurs, les répondants ont déclaré avoir cuisiné plus que d’habitude des plats faits maisonSanté Publique France a en outre réalisé une étude qualitative en ligne (ViQuoP) afin d’obtenir plus de réponses sur ces changements de comportements alimentaires. Il en est ressorti qu’avec le temps disponible pendant ce confinement ainsi qu’avec la présence de tous les membres du foyer à chaque repas, il était possible de cuisiner davantage, d’où l’augmentation du nombre de plats faits maison. Les Français ont d’ailleurs cherché des recettes sur internet, ce qui est illustré par exemple par une augmentation du nombre de visites sur le site “mangerbouger.fr” sur la période de confinement et notamment un accroissement des consultations des fiches recettes. Ils ont aussi consulté davantage les exercices d’activité physique proposés par le site ainsi que des articles liés au Covid-19. Enfin, le grignotage aurait permis de compenser le stress et l’ennui liés au confinement et à l’épidémie.  

Source : https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2020/confinement-quelles-consequences-sur-les-habitudes-alimentaires 

 

 

Les fibres, un nutriment protecteur vis-à-vis du risque de cancer du sein ?

Les fibres alimentaires sont des glucides non digestibles par l’Homme, présents dans les végétaux (fruits, légumes, produits céréaliers). Leur rôle sur le bon fonctionnement digestif, notamment la régulation du transit a beaucoup été étudié. Par ailleurs, elles participent à l’effet favorable de l’alimentation vis-à-vis du risque de cancer colorectal, grâce à leur fermentation dans le colon qui libère de l’acide butyrique. Des chercheurs en épidémiologie de l’Université de Harvard se sont penchés sur l’effet protecteur des fibres sur le développement du cancer du sein. Il se sont basés sur des études prospectives qui traitent de cet effet et ont réalisé une revue systématique ainsi qu’une méta-analyse de ces études prospectives. Leurs résultats, publiés en avril 2020, ont montré une réduction significative du risque de cancer du sein de 8% pour les femmes consommant le plus de fibres. Cette réduction du risque est valable avant et après la ménopause. Concernant le type de fibres impliquées dans cet effet protecteur, ce sont les fibres solubles qui sont associées à cette diminution du risque et plus précisément celles qui proviennent de fruits.

Source: Farvid MS, Spence ND, Holmes MD, Barnett JB. Fiber consumption and breast cancer incidence: A systematic review and meta-analysis of prospective studies. Cancer, 2020 Apr 6,  doi: 10.1002/cncr.32816

Infographie : vers un régime français plus durable ?

L’INRAE a publié en octobre 2019 une infographie présentant la composition d’un panier d’achats alimentaires qui permet de composer un régime alimentaire plus durable. Un régime alimentaire durable doit répondre à plusieurs critères : il doit couvrir les besoins énergétiques et nutritionnels, avoir un impact réduit sur l’environnement, être acceptable culturellement et être accessible économiquement par la population. Les recommandations nutritionnelles soulignent qu’il faut limiter la consommation d’aliments riches en graisses et en sucres et augmenter la consommation de fruits et légumes. Or les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont proportionnelles aux quantités ingérées, ce qui explique que les régimes ayant une bonne qualité nutritionnelle ne sont pas toujours ceux qui ont le moins d’impact sur l’environnement.

Des chercheurs ont toutefois identifié un régime alimentaire qui réalise le meilleur compromis entre l’impact moindre sur les émissions de GES et la qualité nutritionnelle du régime alimentaire.

La composition du panier d’achats alimentaires de ce régime est disponible sur le lien suivant : https://www.inrae.fr/actualites/infographie-regime-francais-plus-durable

Perception et consommation des produits bio en France

En janvier 2020, l’Agence bio a publié l’édition 2020 du baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France. Ce baromètre s’est basé sur une étude réalisée en novembre 2019 sur un panel de 2000 consommateurs français, représentatif de la population nationale. Il a été observé que 71% du panel consomme au moins une fois par mois un ou des produits biologiques et sont donc des consommateurs réguliers. L’objectif principal de l’étude était de comprendre quels sont les critères qui favorisent ou non la consommation de produits biologiques. L’âge est un critère qui entre en jeu : les consommateurs âgés de 25-35 ans sont 78% à consommer régulièrement des produits biologiques, dépassant la moyenne nationale. Par ailleurs, les consommateurs faisant partie des catégories socio-professionnelles supérieures sont ceux qui consomment le plus régulièrement des produits bio. Le critère démographique est en outre un critère à prendre en compte : les habitants d’Île de France sont pour 77% des consommateurs réguliers. Parmi ceux qui sont réfractaires à la consommation de produits bio, ils sont sur-représentés chez les 50-64 ans et chez les moins aisés, c’est-à-dire ceux qui font partie des catégories socioprofessionnelles modestes ou les personnes inactives. Enfin, l’étude a voulu établir un lien entre la consommation de produits bio et les régimes alimentaires particuliers. 26 % des consommateurs réguliers de produits bio respectent un régime alimentaire particulier. C’est le régime flexitarien qui arrive en tête, suivi du régime végétarien. Parmi les consommateurs quotidiens de produits biologiques, 24% suivent un régime flexitarien. Ainsi les consommateurs ne se limitent pas à adopter une alimentation biologique, ils veulent aussi changer leur manière de consommer, avec notamment une réduction de l’apport en protéines animales, caractéristique du régime flexitarien.  
 

Source : édition 2020 du baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France.  

https://www.agencebio.org/wp-content/uploads/2020/02/Rapport-Barom%C3%A8tre_Agence-Bio_Spirit-Insight-Edition-2020.pdf

 

2020 : année internationale de la santé des végétaux

L’année 2020 a été proclamée par la FAO comme l’année internationale de la santé des végétaux. La santé des plantes, qui constituent 80% de la nourriture que nous consommons, est aujourd’hui menacée par deux facteurs principaux: le changement climatique et les activités humaines. Il en résulte la modification des écosystèmes, ce qui à la fois réduit la biodiversité mais aussi crée des niches où les maladies de plantes et les parasites peuvent prospérer. Chaque année, 40% des cultures vivrières sont perdues à cause des ravageurs et des maladies de végétaux. Les conséquences sont humaines, avec une contribution à la famine dans le monde, et économiques, avec une perte estimée à 220 milliards de dollars américainsLa santé des végétaux est indirectement impactée par les voyages et le commerce à l’échelle internationale : les ravageurs et les maladies peuvent se diffuser rapidement à travers le monde. Or l’élimination des ravageurs et des maladies est difficile, coûteuse et demande du temps. La FAO et sa Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) ont alors fixé des objectifs pour préserver et protéger la santé des plantes: la sensibilisation à l’importance de la santé des végétaux dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030, la mise en avant des effets de leur santé sur la sécurité alimentaire et sur les fonctions écosystémiques, et le partage des meilleures pratiques pour préserver la santé des végétaux, tout en protégeant l’environnement. La FAO appelle les gouvernements, les législateurs et les décideurs politiques à agir pour la protection de la santé des plantes d’une part, en fournissant des ressources humaines et financières aux institutions et organisations qui protègent les végétaux, et d’autre part en investissant dans ce domaine afin de développer des technologies innovantes. Pour finir, les différents acteurs devront mettre en place des normes internationales pour les mesures phytosanitaires visant à promouvoir la santé des végétaux.  

Source : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1253764/icode/ 

L’impact environnemental positif du suivi des recommandations nutritionnelles

En mars 2020, l’Inserm a publié un communiqué de presse dévoilant les conclusions d’une étude menée sur les impacts des recommandations des Programme National Nutrition Santé (PNNS) publiés en France. Depuis 2001, la France élabore des recommandations nutritionnelles via le PNNS afin d’apporter à la population des informations sur la nutrition et sur l’activité physique. En 2017, ces programmes ont été actualisés, en incluant la dimension environnementale de l’alimentation. Des recommandations ont été ajoutées au programme : réduire sa consommation en viande rouge et en charcuterie, diminuer sa consommation en produits sucrés, consommer suffisamment mais modérément des produits laitiers, limiter sa consommation d’alcool, augmenter sa consommation en aliments d’origine végétale (légumineuses, légumes, fruits, produits céréaliers complets). Enfin, il est recommandé de favoriser les aliments issus de l‘agriculture biologique.  

Des scientifiques de lINRAe, de l’Inserm, de l’Université Sorbonne Paris Nord et de Solagro ont cherché à évaluer l’impact de ces nouvelles recommandations sur la santé et sur l’environnement par rapport aux recommandations de 2001En se basant sur les données de 28 340 participants de la cohorte NutriNet-Santé, ils se sont appuyés sur plusieurs indicateurs à la fois nutritionnels (nombre de calories, types d’aliments consommés), environnementaux (émission de gaz à effet de serre, ressources utilisées, occupation des sols…), économiques (coût de l’alimentation), et toxicologiques (exposition aux résidus de pesticides). Les résultats ont montré que les personnes ayant suivi les recommandations nutritionnelles de 2017 ont réduit davantage l’impact de leur alimentation sur l’environnement. De plus, suivre les recommandations de 2017 permettrait de prévenir plus de décès dus à des maladies cardiovasculaires. Enfin, d’un point de vue économique, suivre ces nouvelles recommandations coûte 1€ plus cher par jour et par personne.  

 

Source : communiqué de presse de l’Inserm https://presse.inserm.fr/suivi-des-recommandations-nutritionnelles-un-impact-positif-confirme-sur-lenvironnement/38777/