Environnement

Un podcast pour innover dans les systèmes alimentaires : une initiative hebdomadaire du CIRAD

Les systèmes alimentaires permettent d’alimenter la population de façon plus ou moins efficace. Il en existe de nombreux prenant des formes différentes dans le monde, à des échelles variables. Le CIRAD, ou Centre de Coopération internationale en recherche agronomique pour le développement s’est attaché à mettre en place une série de podcasts mettant en avant les différentes initiatives proposées par les pays dans la transformation des systèmes alimentaires. Cette action fut instaurée au cours du salon de l’agriculture 2022 pour montrer le caractère universel de la production et acheminement de la nourriture aux populations. Chaque podcast met en valeur un levier de transformation dans une zone géographique spécifique, détaillé par un scientifique et ses partenaires. Ainsi, nous pouvons retrouver au sein d’une cantine à Montpellier ou dans des petites entreprises à Hanoï au Vietnam. Les enjeux climatiques et économiques seront inévitables dans le futur, et ces différents points de vue permettent de s’acclimater à différents modes de production plus respectueux de l’environnement.

Source : https://www.cirad.fr/espace-presse/communiques-de-presse/2022/premiere-saison-du-podcast-du-cirad

Les microalgues améliorent l’aspect environnemental et de rendement du traitement de déchets des eaux.

Le traitement des eaux dans l’industrie agroalimentaire à destination du bétail est un sujet complexe qui pose des problèmes environnementaux, énergétiques et technologiques. Les conséquences comme la dégradation des sols et la pollution des eaux propres par des composés riches en matière organiques azotés et phosphorés entre autres ont un impact élevé sur l’aspect environnemental et aussi la santé humaine. Pour combattre ces problèmes, des modèles de bioéconomie circulaire impliquant des microalgues ont été testées par des chercheurs mexicains et américains dans un article paru dans Journal of Environmental Management en février 2022.

Les microalgues possèdent plusieurs avantages qui les rendent propices dans ce contexte : une demande en énergie faible comparé aux modèles conventionnels, une robustesse élevée quant aux conditions environnementales requises pour les utiliser et un recyclage possible des composés organiques néfastes en produits bioactifs réutilisables. Parmi les larges catégories produites par ce modèle, on retrouve des molécules applicables en nutraceutique pour la production d’aliments santé ou de compléments alimentaires, des pigments, des biogaz, des acides gras polyinsaturés et des fertilisants. Plusieurs variables ont donc été identifiées dans cette étude : les souches de microalgues utilisées (Chlorella sp., Desmodesmus sp.et Spirulina sp.) et les interactions potentielles, les paramètres physiques comme la température et la lumière ainsi que des variables chimiques comme le pH et la présence de molécules inhibitrices du processus.

Pour mettre à bien cette technologie dans un contexte industriel, les scientifiques ont déterminé des axes comme une transposition à grande échelle, des optimisations de cette technologie en soi, des stratégies sur la méthode de culture de la biomasse et des facteurs socio-culturels.

Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35149401/

Après le Covid, plus de végétaux et moins de plastique dans l’alimentation chez les consommateurs

La pandémie mondiale a bouleversé les modes de consommation, notamment au niveau de l’alimentation avec les végétaux et les emballages plastiques. Selon l’entreprise Amcor produisant des emballages, basée en Suisse, 8 européens sur 10 auraient changé leur façon de consommer de la viande. Cette étude est intervenue après avoir contacté près de 1000 clients dans plusieurs pays. D’autres études iraient dans le sens d’un comportement plus orienté sur un axe plus respectueux de l’environnement, où ¾ des interrogés pourraient payer leurs emballages plus chers de 5% si ceux-ci respecteraient plus l’environnement, et cette tendance s’appliquerait plus chez les personnes mangeant plus de viande. Les termes « recyclable » et « moins de plastique » parlent le plus aux consommateurs sur les différents emballages. Une large majorité (95 et 89% des interrogés respectivement) souhaiterait connaître plus de détails sur la nourriture qu’ils consomment mais aussi une amélioration de la visibilité de ces produits.

Le changement de régime alimentaire est lui aussi modifié, puisque dans certains pays comme l’Italie, près de la moitié des questionnés consommeraient plus de produits alternatifs à la viande après la pandémie. Les raisons invoquées sont multiples et variées mais selon Rosalia Rosalinova, manager marketing auprès d’Amcor, la notion du bien-être animal et la volonté d’augmenter la part de végétal dans l’alimentation. Si l’on se réfère au taux d’augmentation moyen annuel du marché des alternatives aux produits carnés, on remarque que celui-ci appuie bel et bien les souhaits des consommateurs : ce taux est de 30% entre 2020 et 2027. Reste à savoir si cette évolution se fera bien dans le futur.

Source : https://www.foodingredientsfirst.com/news/covid-19-experience-reinforces-europes-plant-based-and-less-plastic-preferences-finds-amcor.html

En mars, un conseil a discuté de la mise en place de nouvelles mesures concernant l’étiquetage et les allégations de produits alimentaires.

La commission Européenne va mettre en place une nouvelle initiative appelée « Allégations Vertes ». Le constat qui a amené au développement de cette action est que 42 % des allégations étudiées par les autorités nationales des consommateurs et la Commission sont fallacieuses ou exagérées.

Peu d’informations ont été divulguées à ce jour, mais certains outils seront très probablement mis à l’honneur. Le PEF ou l’empreinte environnementale des produits s’attache à étudier leur analyse du cycle de vie. Parmi les critères qui impacte ce cycle le changement climatique, l’utilisation en eau et la perte de ressources ont été pris en compte.

La France possède un pouvoir fort dans le domaine. En effet, en 2021, le gouvernement a instauré des lignes directives dans les domaines du textile et de l’alimentation au sein de la loi contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets. Le Planet Score a aussi émergé sous l’influx de l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique).

Ce que l’on peut attendre de cette réunion est la mise en place d’un cadre de travail pour les allégations basés sur le PEF. Un autre cadre de travail sur les systèmes d’alimentation durables sera développé en 2023. Ceci permettra une harmonisation souhaitable dans le domaine législatif des allégations en alimentation.

Source : https://www.fooddrinkeurope.eu/europe-targets-greenwashing-and-eco-labelling-for-food/

Un nouveau modèle montre l’efficacité de l’agriculture végétale sur son impact environnemental

Quel serait l’effet d’un changement de mode de consommation protéique sur l’environnement ? Est-ce que cette modification globale serait applicable en peu de temps ? Ces questions ont poussé des chercheurs de l’Université de Stanford en Californie à mettre en place un modèle permettant d’évaluer l’impact d’un tel changement sur les émissions des gaz à effet de serre. Pour cela, les auteurs dont fait partie Patrick Brown, PDG d’Impossible Foods et professeur de Biochimie dans cette même université ont utilisé des données existantes sur la production de bétail et la régénération de la biomasse dans les terres agricoles en projetant les changements associés sur les émissions durant le reste du 21ème siècle. ont été proposés et analysés : un remplacement pur et direct de l’agriculture animale par le végétal, une transition plus graduelle au bout de 15 ans et deux cas alternatifs où les produits carnés sont eux aussi remplacés à différentes échelles de temps. Dans la possibilité où les régimes sont remplacés au bout de 15 ans, une baisse de 70 % d’émission de CO2 serait observé jusqu’en 2100. Ceci correspondrait en parallèle à plus de la moitié de la part de réduction nécessaire des émissions pour arriver à une hausse de 2°C avant la fin du siècle. Cela serait équivalent à une pause de 30 ans d’émissions de gaz à effet de serre.

Dans l’hypothèse que le remplacement est opéré en 15 ans, neuf dixièmes des réductions d’émission seraient possibles en remplaçant les ruminants. Encore faudrait-il que ces changements soient applicables dans le futur proche. Les auteurs sont confiants que cette adaptation soit possible. Ils invoquent en effet les changements rapides qui se sont opérés dans notre société contemporaine. Ils prennent comme exemple les téléphones portables qui se sont implantés dans une période très restreinte, tout comme l’électricité et le photovoltaïque. Ce changement serait donc possible s’il aboutissait à une meilleure nourriture, de meilleure qualité. Pour conclure, il faudrait aussi s’assurer que ce changement soit entériné par les organismes de décision politiques et accepté par les industriels ce qui peut être complexe.

Source : www.sciencedaily.com/releases/2022/02/220201143917.htm

Mieux manger en accord avec l’environnement, cette étude montre que c’est possible

Les régimes alimentaires ont un impact fort sur la santé mais aussi sur l’environnement qui nous entoure. Il est souvent compliqué de faire un pas en avant vers des changements de comportement. Ainsi, cet article scientifique paru dans Environmental Research Letters en novembre 2021 a cherché à analyser la faisabilité des changements de régimes plus sains pour la planète en proposant une plus grande consommation de graines et de céréales dans de nombreux pays. Ces catégories d’aliments présentent des avantages nutritionnels importants car ils représentent près de la moitié de la surface cultivée et des apports en calories, protéines, zinc et cuivre dans le monde. La classe d’aliments dont les auteurs ont mis en évidence sont les céréales résistantes à la sécheresse comme le sorgho ou le maïs. Elles permettent, entre autres, d’utiliser moins d’eau et de contenir une teneur en nutriments qui varie faiblement selon les conditions du climat (comme une élévation du taux de CO2 atmosphérique lié aux gaz à effet de serre).

Les données associées provenant de la base de données mondiale de l’offre des nutriments élargis sont très robustes puisqu’elle inclut plus de 150 pays qui englobent plus de 95% de la population mondiale. Les résultats montrent que ce changement de régime est possible chez de nombreuses populations puisque ces plantes sont déjà cultivées de façon régulière. Ajouté à cela une diminution de l’utilisation en eau et des gaz à effet de serre de plus de 10 % par rapport aux cultures classiques de céréales. Peut-être que le changement n’est pas si complexe qu’il en a l’air …

Source : www.sciencedaily.com/releases/2022/02/220201143953.htm

L’impact des applications anti-gaspillage

Le gaspillage alimentaire est un fléau dans notre société, que ce soit d’un point de vue éthique, économique et environnemental. Si l’on considère en surface les 1,3 milliards de tonnes de nourriture gaspillées, cela reviendrait à utiliser la superficie de la Chine pour les stocker dans des décharges qui produisent du méthane. Les recommandations des Nations Unies prévoit de diminuer la quantité de nourriture jetée de moitié chez les vendeurs et consommateurs. Pour réaliser cet objectif, des moyens ont été mis en place comme des applications ouvertes au grand public.

Parmi elles, Too Good to Go s’est imposée comme leader du combat contre le gaspillage alimentaire. Son concept est simple : vendre à prix réduit des paniers surprise. Selon Jamie Crummie, son co-fondateur, la résultante est « une triple victoire » pour le client, le vendeur et la planète. Plusieurs dizaines de milliers de partenaires font partie de son action sur tout le globe. Malgré cette initiative très positive, les données de l’Agence de protection de l’Environnement montre qu’une partie importante des déchets provient de la nourriture déjà présente dans les foyers. C’est pour répondre à cette problématique qu’Olio a été créée.

Le concept assez novateur permet à des voisins de se partager entre eux la nourriture en excès. La durée d’attente estimée est très faible, puisque la moitié des produits rendus accessible sur l’application ne met qu’un peu plus que 20 minutes pour être demandée par d’autres utilisateurs.

Au-delà de la démarche, ces applications s’inscrivent dans un mouvement de sensibilisation pour faire changer les tendances de consommation vers des horizons plus respectueux de l’environnement.

Source : https://www.rte.ie/news/business/2022/0130/1276660-food-waste-apps/

La France est l’une des leaders dans sa réponse envers les défis de la nutrition selon un nouveau classement

Il est toujours important de dresser des bilans pour vérifier qu’une stratégie marche. L’Index de Soutenabilité de la Nourriture (FSI) mis en place depuis 4 ans, a comparé 78 pays dans 3 catégories différentes en 2021 : le gaspillage alimentaire, l’agriculture durable et les challenges associés à la nutrition.
Le résultat global du classement place la Suède, le Japon, le Canada, la Finlande et l’Autriche sur les cinq premières places.

Concernant la réponse des pays envers le gaspillage alimentaire, on retrouve encore le Canada et le Japon accompagné de l’Italie, l’Allemagne et les Pays-Bas. Malgré cela, seulement un peu plus d’un quart des pays étudiés ont été décrits comme ayant « une stratégie dédiée au gaspillage ».

Dans la catégorie de l’agriculture durable, on retrouve la Finlande, la Suède et l’Autriche aux premières positions, aux côtés de l’Estonie et la Tanzanie. Un point notable cependant : moins de la moitié des pays étudiés ont des composantes majeures dans leurs politiques d’agriculture durable portant sur le changement climatique.

La dernière modalité classe les participants selon leurs actions envers les défis nutritionnels. Ceux-ci peuvent concerner des aspects comme la surconsommation et l’obésité ou la sous-nutrition et la prévalence des maladies non-transmissibles (maladies cardio-vasculaires, cancers, diabètes). Ici la France est très bien placée aux côtés du Japon, de la Suède, du Danemark et de la Chine.

En conclusion, cet index permet d’avoir une vision globale des actions concrètes portées par différents pays envers des enjeux d’importance capitale. Dans le cas de la France, des efforts seraient à fournir dans la gestion des déchets et au niveau de l’agriculture durable, tout en ne se reposant pas sur nos lauriers en termes de qualité de nutrition.

Source : https://www.newfoodmagazine.com/news/160880/new-food-sustainability-index-ranks-countries-on-food-waste/

La bioéconomie circulaire comme levier contre le gaspillage alimentaire.

Nous le savons, le gaspillage alimentaire bat des records dans notre société. La FAO (Food and Agriculture Organisation) a calculé qu’un tiers de la nourriture totale dans le monde est jetée, ce qui correspond à 1,3 milliards de tonnes par an sur toute la chaine de production. Ces sources sont multiples et variées : fruits, légumes, viandes, produits laitiers, … La problématique posée est qu’on ne peut pas supprimer tous ces déchets mais nous pouvons mieux les valoriser en termes d’énergie. Les infrastructures et principes utilisés de nos jours sont imparfaits et conduisent au rejet de gaz à effet de serre comme le CO2 ou le méthane (CH4) qui est 25 fois plus nocif pour l’effet de serre. Les décharges en sont une cause particulière puisque plus de 30 % du méthane libéré total aux Etats-Unis proviennent de ces structures. D’autres principes plus propres sont aussi utilisés pour le traitement des déchets comme l’incinération, l’alimentation animale, le compostage et la digestion anaérobie qui ont plus ou moins d’avantages en termes d’émissions d’énergie et leur impact sur l’environnement.

Dans cet article paru en janvier 2022 dans International Journal of Food Microbiology montre une émergence de la problématique du gaspillage alimentaire dans de nombreux pays qui les ont donc poussés à réfléchir sur des méthodes alternatives pour transmettre la richesse contenue dans la nourriture peu exploitée en énergies réutilisables. Pour cela différents processus ont été développés pour aboutir à des énergies plus propres (voir infographie). La digestion anaérobie que nous avons citée auparavant aboutit à la production du biogaz comme le CO2 ou de l’eau utilisé dans des turbines, du biofertilisant pour les champs ou du méthane pour les véhicules. De l’hydrogène peut aussi être obtenu par différents moyens (fermentation, photolyse, ou électrolyse microbienne) pour être incorporé dans du biométhane ou être utilisé en tant que carburant qui est considéré comme le plus renouvelable. La valorisation de déchets peut aussi produire d’autres composés comme le bio-butanol (utile en cosmétique), le biodiesel en tant que carburant et de l’électricité provenant de cellulose du bois.

La finalité de ces filières et processus est de diminuer l’émission des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Pour parvenir à ces fins, le Ministère Fédéral de l’Education et de la Recherche a ratifié une stratégie de recherche nationale concernant la bioéconomie aux horizons de 2030 portant sur 5 piliers allant de la sécurité alimentaire à l’application des ressources renouvelables. Des ouvertures sont aussi en cours d’application pour favoriser ce cheminement comme l’analyse et le coût du cycle de vie des déchets.

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Infographie et Source : Sustainable utilization of food waste for bioenergy production : A step towards circular bioeconomy.

La découverte d’une herbe marine capable de fixer l’azote ouvre le champ des possibles en agronomie

Comment une herbe marine peut-elle fixer l’azote dans l’eau ? La posidonie de Méditerranée en est effectivement capable. Ceci s’explique par une symbiose entre la plante et une bactérie vivant dans ses racines ce qui inédit dans le domaine de la biologie marine. La relation qu’apporte la bactérie Celerinatantimonas neptuna dans cette coopération avec la posidonie ressemble fortement aux phénomènes présents sur la terre ferme, notamment chez les légumineuses. Le micro-organisme fournit ainsi l’ammonium nécessaire à la plante et celle-ci produit en retour les glucides et énergie essentiels au développement de la bactérie. Selon Wiebke Mohr, chercheuse en microbiologie marine à l’Institut Max Planck, cette découverte est « surprenante mais est très logique. ». Elle explique cela par le fait que « les herbes marines étaient originellement des plantes terrestres qui ont réémergé dans l’océan. ».  Ce phénomène était donc déjà connu mais en remettant la date d’apparition dans son contexte, des ouvertures sont possibles : les légumineuses sont apparues il y a 60 millions d’années alors que les herbes marine remontent à plus de 100 millions d’années. En perspective, la possibilité de coloniser des endroits avec des fortes contraintes comme une teneur faible en azote serait possible, et pourrait aboutir à une finalité agronome pour nourrir la planète.

Source : https://hakaimagazine.com/news/scientists-found-a-nitrogen-fixing-seagrass/