Environnement

Que prévoit le plan de relance pour le secteur agroalimentaire et l’environnement ?

Le plan baptisé « France relance », doté de 100 milliards d’euros, est financé à 40% par l’Union européenne. Le Plan de relance se place autour de 3 volets : l’écologie, l’économie circulaire et circuits courts, et la transition écologique. Le volet dédié à la transition écologique représente 30 milliards d’euros et vise plusieurs secteurs dont celui de l’agriculture. Ce plan a pour but d’accompagner la transition écologique vers une économie plus verte et durable et de permettre aux entreprises des conditions favorables pour se développer. Selon Barbara Pompili, le plan de relance est un pas de géant pour la transition écologique et va permettre de basculer dans l’économie de demain, sans carbone, et économe en ressources. 

Le volet écologie est basé sur une décarbonation de l’industrie, une transition écologique et une rénovation énergétique des entreprises. Pour l’économie circulaire et les circuits courts, le focus est sur l’investissement dans le réemploi et le recyclage. Le but est de permettre une réduction de l’utilisation du plastique et de favoriser l’usage de plastique recyclé. Enfin, pour le volet de la transition agricole, le but est d’accélérer la transition vers une alimentation saine, sûre, locale et durable.  

L’exécutif accorde 1,2 milliard d’euros pour le secteur agricole avec : 400 millions pour accélérer la transition agroécologique, 250 millions pour la modernisation de la filière animale, la sécurité alimentaire et le bien-être animal, 100 millions pour mettre en œuvre une stratégie nationale sur les protéines végétales, 250 millions pour la modernisation des équipements agricoles et 200 millions pour aider la forêt à s’adapter aux changements climatiques. De plus, 250 millions vont être versés pour la biodiversité dans les territoires dont 135 millions pour la restauration écologique, 60 millions pour les aires protégées, 40 millions pour la protection du littoral, 15 millions pour le renforcement des barrages et 50 millions pour le renforcement parasismique des bâtiments aux Antilles. Avec également 300 millions consacrés aux réseaux d’eau et à la modernisation des stations d’épurations. Pour le volet de l’économie circulaire, 226 millions sont accordés pour accompagner la réduction de l’utilisation du plastique et son recyclage et 274 millions pour moderniser les centres de tri et de recyclage des déchets.  

Ainsi, les dépenses prévues dans le plan de relance sont une bonne nouvelle pour le climat. Mais pour les associations, ce plan pose quelques problèmes car les investissements sont bridés par une limitation à deux ans d’aides pour la transition, une suite de financement incompatibles avec la transition et une absence de conditionnalité écologique des aides. 

Sources : https://www.agro-media.fr/actualite/agroalimentaire-ce-que-prevoit-le-plan-de-relance-pour-les-industries-et-filieres-43854.html  

https://www.actu-environnement.com/ae/news/plan-relance-environnement-transition-ecologique-contenu-36030.php4 

La Commission élève son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030

Une promesse a été faite aux Européens : faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Ainsi, la Commission a élevé son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030 en tant qu’étape vers la neutralité climatique en 2050. Cet objectif repose sur une analyse d’impact complète des incidences sociales, économiques et environnementales et des actions devront être menées dans tous les secteurs. 

Pour mettre en œuvre cet objectif, les propositions de lois devront être présentées d’ici juin 2021. Il faudra réviser et étendre le règlement sur la répartition et les échanges d’émissions, adapter le règlement sur l’utilisation des sols, renforcer les politiques d’efficacité énergétique et les normes en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules routiers. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut également investir dans une économie circulaire efficace dans l’utilisation des ressources, en promouvant des technologies propres et en créant des emplois verts. La réalisation de cet objectif va contribuer à orienter la relance économique de l’Europe et stimulera les investissements dans une économie efficace des ressources et encourageant les technologies vertes. 

La Commission a également adopté une évaluation des plans nationaux des Etats membres en matière d’énergie et de climat pour la période 2020-2031. Car l’évaluation de la Commission montre que l’UE peut dépasser son objectif actuel de réduction des émissions d’au moins 40% d’ici 2030. Ainsi, pour atteindre le nouvel objectif de 55%, l’UE va devoir accroitre son efficacité énergétique et sa part d’énergie renouvelable. 

Source : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_1599 

 

Lancement d’un Conseil d’experts de haut niveau “ One Health ” : une étape essentielle dans la prévention des épidémies mondiales

Durant le Forum de la Paix de Paris 2020, a été annoncée la création d’un Conseil d’experts de haut niveau «  One Health  » (santé globale). Ce Conseil va constituer un élan dans la prévention et la gestion des futures épidémies mondiales.Dans cet article, Thierry Lefrançois, expert des approches intégrées et des réseaux de santé au CIRAD, apporte quelques précisions sur les missions de ce Conseil.  

L’enjeu de ce Conseilest de permettre de mieux détecter, prévenir etcontrôler les futures épidémies à toutes les échelles. Pour cela, tous les experts attachés aux domaines de la santé et de l’environnement devront travailler ensemble pour anticiperet agir avec rapidité et efficacité.  

Le Conseil devra alors fournir des recommandations prenant en compte les contraintes et les caractéristiques des différents secteurs de la santé. Par la suite, les états et institutions, en s’appuyant sur les recommandations du Conseil, devront mettre en place des procédures pour limiter les émergences.Le Conseil d’experts devra également soutenir, mais aussi aider à orienter les politiques de santé nationales, régionales et internationales, en rassemblant l’ensemble des acteurs impliqués dans la compréhension et la gestion des émergences en santé comme : l’OMS, l’OIE, la FAO, le PNUE ainsi que les États, afin que la démarche soit véritablement opérationnelle.  

Plusieurs réseaux régionaux, créés par le Cirad en appliquant le concept “ One  Health ”, ont déjà fait leurs preuves pour aider à limiter l’entrée de maladies animales sur des territoires ou les contrôler. C’est le cas des actions menées par deux réseaux coordonnés par le Cirad depuis deux départements d’outre-mer français : le réseau CaribVET et le réseau One Health Océan Indien. Deux autres dispositifs de recherche et de formation en partenariats contribuent aux approches intégrées de la santé à un niveau régional : les dPGrease en Asie du Sud Est et le dP RP-PCP en Afrique Australe. En France, la plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) regroupe les acteurs publics et privés au service de la surveillance épidémiologique du territoire national.   

Ces exemples illustrent bien le potentiel d’amélioration de la gestion des émergences par la mise en œuvre du concept  » One Health «  et d’approches à toutes les échelles et prenant en compte tous les acteurs concernés. Le Conseil d’experts de haut niveau  » One  Health «  place ses ambitions au niveau international, tout en conservant et renforçant les structures régionales et nationales. Les recommandations qu’il fournira devront être complétées par des actions de recherche et de développement dans l’ensemble des zones géographiques confrontées aux émergences.  

 Source : https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2020/questions-a/thierry-lefrancois-conseil-d-experts-de-haut-niveau-une-seule-sante-one-health#:~:text=La%20cr%C3%A9ation%20d’un%20Conseil,gestion%20des%20futures%20%C3%A9pid%C3%A9mies%20mondiales

OMS:  Organisation mondiale de la santé 

OIE:  Organisation mondiale pour la santé animale 

FAO: Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et la santé 

PNUE: Programme des Nations unies pour l’environnement  

De la ferme à la fourchette : Faut-il changer le système alimentaire dans la stratégie de lutte contre le changement climatique ?

Prendre des mesures spécifiques pour transformer les systèmes d’approvisionnement alimentaire pourrait aider à atteindre les objectifs climatiques selon le rapport des Nations Unies sur l’action climatique.  

Marco LAMBERTINI, directeur général du WWF-International énonce que pour atteindre les objectifs fixés en matière de climat et de biodiversité, parvenir à la sécurité alimentaire et prévenir l’émergence des maladies, nous devons agir sur la façon dont nous produisons et consommons les aliments. Les systèmes alimentaires représentent 37 % des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, en ajoutant les régimes alimentaires, les pertes et gaspillages alimentaires aux plans climatiques nationaux, les décideurs politiques pourraient améliorer leurs contributions d’atténuation et d’adaptation des systèmes alimentaires jusqu’à 25%, a déclaré le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). 

Ainsi, 16 façons dont les décideurs politiques pourraient prendre davantage actions dans leurs stratégies climatiques ont été identifiées. Il faudrait que les systèmes alimentaires soient complètement intégrés à la stratégie climatique, de la ferme jusqu’à l’assiette. Les seize actions identifiées dans le rapport comprennent la réduction du changement d’affectation des terres et la conversion des habitats naturels, ce qui pourrait réduire les émissions annuelles d’environ 4,6 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone. De même, la diminution des pertes et du gaspillage alimentaire (8% des GES) pourrait réduire de 4,5GT CO2e par an, l’amélioration de production pourraient réduire les émissions jusqu’à 1,44 Gt CO2e par an. En passant à des régimes alimentaires plus sains et plus durables avec une proportion plus élevée d’aliments d’origine végétale, des réductions beaucoup plus importantes pourraient être obtenues. Mais aucun plan climatique national actuel ne traite explicitement de régimes alimentaires plus durables.   

De nouvelles preuves flagrantes de l’impact du changement climatique sur la capacité de l’humanité à produire des aliments abondants et nutritifs sont apparues sur plusieurs continents : des essaims de criquets détruisent les récoltes en Afrique, des inondations mettent l’agriculture chinoise à l’épreuve, la chaleur et des incendies en Amérique détruisent des millions d’acres de maïs et soja. Le changement climatique aggrave ces conditions et entraine des effets dévastateurs sur la disponibilité et la sécurité alimentaire. 

Selon des estimations, et en absence d’adaptations aux nouvelles conditions, les rendements mondiaux pourraient baisser de 30% d’ici 2050Si des mesures ne sont pas prises en urgence, le changement climatique augmentera les prix des denrées alimentaires, réduira la disponibilité de celles-ci et exacerbera l’instabilité et les conflits en raison de la concurrence pour l’eau et les terres. Les solutions climatiques proviendraient alors de l’agriculture durable : avec la réduction du gaspillage alimentaire, l’agroforesterie et une meilleure gestion des sols et des terres agricoles. 

Selon les auteurs, il faut faire en sorte que la résilience climatique dans le secteur agricole soit au cœur des efforts de la communauté internationale et il faut voir le sommet des systèmes alimentaires prévu en 2021 comme une opportunité pour mettre le monde sur la voie d’une alimentation plus durable et équitable. 

Sources :  

https://news.un.org/en/story/2020/09/1071412 

https://unfoundation.org/blog/post/climate-change-and-the-future-of-food/ 

Les épidémies acridiennes : comment les atténuer et comment affectent-elles la sécurité alimentaire ?

L’écologie et la biologie des criquets en font l’un des ravageurs les plus dévastateurs au monde et menacent la production agricole dans plus de 100 pays comme l’Ethiopie, le Kenya, l’Inde et le Pakistan. Ce fléau affecte fortement le secteur agricole, secteur fondamental dans les économies nationales de ces pays. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’épidémie acridienne de 2020 est la pire depuis 70 ans. Cela pourrait s’expliquer par le changement climatique qui s’intensifie, les ouragans de plus en plus fréquents et les pluies abondantes. 

Des techniques de lutte biologique telles que l‘utilisation de micro-organismes, d’insectes et d’oiseaux aident à réduire les épidémies tout en réduisant les impacts écosystémiques et agricoles. Les technologies vertes devraient remplacer les pesticides toxiques, mais ces technologies telles que la stimulation lumineuse et sonore nécessitent un développement technologique intégrant la télédétection et la modélisation, avant leur application à grande échelle. De même, le boisement des terres arables améliore les conditions climatiques locales, vers moins de précipitations et températures, tout en attirant simultanément un plus grand nombre d’oiseaux, augmentant ainsi la prédation acridienne. 

De plus, les criquets ont une teneur en protéines très élevée et constituent une excellente source de protéines. Ces insectes sont principalement utilisés pour répondre aux besoins nutritionnels et besoins en protéines des animaux d’élevage à grande échelle. Mais avec l’augmentation des populations humaines et une diminution des superficies cultivées, la production de viande est insuffisante et l’utilisation de criquets peut être une solution pour la sécurité alimentaire. En Afrique de l’Est, le taux de croissance des porcs a augmenté lorsqu’ils sont nourris avec des aliments mélangés contenant des criquets, les poulets nourris aux criquets ont un prix plus élevé que les poulets domestiques traditionnels ce qui représente une économie circulaire durable. En moyenne, seulement 2 kg de biomasse végétale sont nécessaires pour produire 1 kg de biomasse d’insectes, soit seulement 20% des besoins de la production de viande. Cela en fait donc une source de protéines beaucoup plus durable tout en réduisant l’utilisation d’insecticides et permettant de soutenir l’économie circulaireCela peut être également une source de protéines alternative pour la consommation humaine.  

Source:  https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0013935120309439

Quel lien la propagation de virus, la déforestation et le système alimentaire ont-ils en commun ?

Durant la pandémie actuelle, il y a eu de nombreux appels pour interdire la récolte et la vente de viande sauvage, afin d’éviter l’augmentation du risque de propagation de maladies zoonotiques. Même avant la pandémie de COVID-19, les agences internationales et le comité de la sécurité alimentaire mondiale étaient inquiets quant à la viabilité à long terme de notre système alimentaire. La pandémie actuelle a donc mis le doigt sur des lacunes dans notre gestion de l’environnement. Mais comment maintenir des régimes alimentaires diversifiés et nutritifs tout en maintenant la durabilité environnementale et la diversité des paysages ? Il y a donc un besoin urgent d’examiner notre système alimentaire mondial, pour identifier si celui-ci contribue à la destruction des forêts, à des pertes de biodiversité et à la mise en danger de la vie humaine. 

L’un des résultats négatifs de l’agriculture industrielle est la simplification extrême des systèmes écologiques (monoculture). Avec la déforestation induite par cette agriculture, nos écosystèmes forestiers perdent une partie de leur faune et flore et ils subissent une transformation permanente pour permettre des cultures de base (responsable d’un quart de la déforestation mondiale). L’impact environnemental de ces systèmes agricoles est grave. En effet, le secteur agricole est responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre, de l’érosion des sols, d’une utilisation d’eau excessive, d’une perte de pollinisateurs, de la pollution chimique. De plus, la déforestation a augmenté notre exposition aux maladies infectieuses (Ebola, paludisme, maladies zoonotiques). L’élevage d’animaux le long de forêt peut permettre aux agents pathogènes de muter et de devenir transmissibles aux humains de par la proximité des élevages et des animaux sauvages. Ainsi, les pertes de forêt et de biodiversité induisent une proximité plus grande des écosystèmes en réduisant la frontière entre eux et donc induit une augmentation du risque et de l’incidence des maladies infectieuses. 

Des solutions pour éviter de futures crises et permettre une sécurité alimentaire plus durable et saine seraient alors d’exploiter plus efficacement, la nature interconnectée de nos forêts et de nos systèmes alimentaires, et permettre une meilleure intégration des forêts et agroforêts à l’échelle du paysage plus large. 

Source : https://theconversation.com/how-our-food-choices-cut-into-forests-and-put-us-closer-to-viruses-144472 

L’intensification de la production de lait pourrait-elle permettre une réduction des charges environnementales ?

Le lait est l’une des denrées agricoles les plus produites au monde, puisqu’il représente respectivement 27 % et 10 % de la valeur ajoutée mondiale de l’élevage et de l’agriculture. Néanmoins, la production laitière est également responsable d’une grande partie des charges environnementales, notamment les émissions de gaz à effet de serre, les pertes de nutriments, de la consommation d’eau et de l’utilisation des terres. Les efforts visant à réduire les impacts environnementaux de l’élevage laitier se sont largement concentrés sur le fait d’améliorer l’intensité de la production laitière, notamment en produisant davantage de lait avec moins de vaches. Mais il ne faut pas se concentrer uniquement sur l’efficacité de production de lait, car cela ne permet qu’une approche unilatérale du problème d’amélioration de la durabilité environnementale des fermes laitières. Il faut également prendre en compte les systèmes alimentaires des ruminants en évitant l’importation d’aliment de l’étranger. Car, dans la production laitière intensive, les aliments importés représentent une importante empreinte outre-mer. En effet, des réductions des émissions nationales peuvent être obtenues de manière indésirable en déplaçant les émissions à l’étranger et les réductions des émissions sectorielles peuvent être déplacées vers d’autres secteurs ne ressoudant en rien le problème d’émission global.

L’étude de scénarii a révélé un compromis important entre le potentiel de réchauffement climatique* et l’occupation des terres agricoles : les exploitations moins axées sur le lait doivent donner la priorité à la réduction de l’occupation des terres (c’est-à-dire utiliser les terres plus efficacement), tandis que les fermes ciblées sur le lait doivent donner la priorité à la réduction des émissions de GES. Ainsi l’intensification de l’élevage laitier ne permet pas nécessairement une production de lait et de bœuf laitier plus durable sur le plan environnemental, en raison des importants compromis environnementaux. Cette constatation doit donc être prise en compte lors de l’évaluation des politiques environnementales au niveau national.

*Facteur de conversion qui permet de comparer l’influence des différents gaz à effet de serre sur le système climatique

 Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0301479720309828?via%3Dihub

Face à la croissance démographique, il devient urgentissime de repenser la production alimentaire pour qu’elle soit durable

Les besoins alimentaires ne vont faire qu’augmenter avec la population mondiale, qui devrait atteindre les 9,7 milliards en 2050.  Mais comment nourrir la planète de manière durable et efficace ? C’est une question urgente qui va devenir de plus en plus critique dans les années à venir. De nos jours, les consommateurs ont l’embarras du choix concernant les aliments qu’ils consomment. Mais ont-ils conscience qu’ils font partie de la chaine énergivore reliant tous les secteurs du système alimentaire?    

Selon l’Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)les systèmes alimentaires consomment 30% de l’énergie disponible dans le monde, et dépendent aussi des combustibles fossiles. L’énergie est cruciale pour la production et la conservation de la nourriture (et permet de prévenir le gaspillage) par l’utilisation de systèmes de réfrigération et de refroidissement.  

Les préoccupations actuelles, concernant l’environnement et la préservation des ressources, nous poussent à faire des efforts pour changer le système alimentaire. C’est ainsi que des initiatives sont mises en place par la FAO, comme Energy Smart Food, qui souligne l’importance de développer des systèmes agroalimentaires économes en énergie, utilisant des énergies renouvelables, sobres en carbone et une écologisation* des chaines alimentaires. 

 *La notion d’écologisation désigne les processus par lesquels l’environnement est pris en compte dans les politiques publiques, dans les organisations, voire dans les pratiques professionnelles. 

Source :https://www.cnbc.com/2020/08/21/sustainable-food-production-becoming-critical-due-to-population-growth.html 

One Health : un congrès digital pour la santé de la Terre, des Animaux et des Hommes

Le congrès One Health 2020, porté par Bleu Blanc Cœur et soutenu par Valorex et l’INRAE, s’est déroulé les mardis 23 juin, 30 juin et 7 juillet sous forme de 3 sessions diffusées en direct sur internet. Durant ces 3 émissions, différents intervenants ont pris la parole pour apporter des explications scientifiques ou des témoignages sur des sujets de nutrition, de santé, d’agriculture et d’environnement. De nombreux aspects ont été abordés comme la santé des sols, qui est nécessaire pour obtenir des aliments de qualité et donc pour améliorer la santé des animaux et Hommes qui s’en nourrissent. Les pratiques trop intensives appauvrissent les sols et, dans ces conditions, ces derniers endossent un rôle néfaste pour la planète car ils rejettent davantage de gaz à effet de serre. C’est pourquoi il est nécessaire de se questionner sur les modes de production actuels. Par ailleurs la santé des animaux a été abordée et en particulier les choix de production (labels écoresponsables) qui définissent la composition nutritionnelle du produit animal. Par exemple, si l’alimentation animale est enrichie en acides gras oméga 3, comme cela a été mis en place par Bleu Blanc Cœur, le produit animal consommé par l’Homme le sera aussi. Sur ce sujet, plusieurs intervenants ont évoqué des effets favorables des acides gras oméga 3 sur l’inflammation, ce qui leur confère un effet potentiellement protecteur vis-à-vis de certaines maladies. Certains intervenants recommandent également de rééquilibrer les assiettes, en augmentant les aliments d’origine végétale et diminuant ceux d’origine animale.  En outre, les intervenants se sont attardés sur la complémentarité entre l’approche nutritionnelle et l’approche médicamenteuse pour les animaux, en rappelant les risques d’une surexposition de nos organismes aux agents de défenses pharmacologiques, et la capacité de prévention des infections par de bonnes pratiques alimentaires. Enfin, les intervenants ont rappelé qu’il faudrait redonner confiance aux consommateurs dans leurs choix alimentaires. Pour conclure, il est primordial que les experts travaillent ensemble pour construire une chaîne alimentaire de qualité et qui respecte la santé de la Terre, des animaux et des Hommes, grâce aux mesures scientifiques et aux actions locales menées sur le terrain par les professionnels.

Source : https://www.bleu-blanc-coeur.org/

 

Le Sénat publie un rapport sur l’alimentation durable

Le 28 mai dernier, Mme Fançoise Cartron (sénatrice de Gironde) et M. Jean-Luc Fichet (sénateur du Finistère) ont publié le rapport d’information « Vers une alimentation durable : un enjeu sanitaire, social, territorial et environnemental majeur pour la France ». Abordant dans un premier temps l’origine du système alimentaire actuel et les enjeux auxquels il fait face aujourd’hui, les deux sénateurs s’attardent ensuite sur les conditions nécessaires pour faire émerger une alimentation durable. La sobriété et la végétalisation sont, pour les auteurs, les deux axes qui doivent guider la transition alimentaire : « manger moins et moins gaspiller » est le levier qui permettra de diminuer les impacts négatifs de l’alimentation. Le rééquilibrage entre l’apport végétal et l’apport animal dans les assiettes permettra quant à lui de donner « une efficacité sanitaire et environnementale maximale ». Il est indiqué par ailleurs qu’une alimentation durable doit être financièrement accessible à tous et doit être acceptable d’un point de vue culturel. Les sénateurs admettent qu’il est complexe de répondre à tous ces objectifs en même temps et expliquent que l’intervention des pouvoirs publics sera primordiale pour lever certains blocages. Ce sont ensuite 20 propositions « de la délégation à la prospective » articulées autour de 4 enjeux (indépendance sur les matières premières, écologie et économie, social et culturel, santé…) qui ont été rédigées dans ce rapport.

Certaines propositions du rapport du Sénat visent à remettre la sécurité d’approvisionnement au cœur des objectifs des politiques alimentaires. D’autres encouragent le développement de la filière des légumineuses, une clé de la transformation des systèmes alimentaires, pour accélérer la transition agroécologique.

Plusieurs propositions ont pour but de faire évoluer les dispositifs de recommandations nutritionnelles et de surveillance de la sécurité sanitaire des aliments.

Enfin, diverses propositions sont destinées à diffuser les pratiques de consommation durable au-delà des milieux aisés ou diplômés, luttant ainsi contre les inégalités.

Source: http://www.senat.fr/fileadmin/Fichiers/Images/delegation/prospective/Prospective_synthese_alimentation_durable.pdf