Agriculture biologique

Que sont les projets alimentaires territoriaux ?

Les projets alimentaires territoriaux (PAT) sont des projets alimentaires « élaborés de manière concertée avec l’ensemble des acteurs d’un territoire et répondant à l’objectif de structuration de l’économie agricole et de mise en œuvre d’un système alimentaire territorial. Ils participent à la consolidation de filières territorialisées et au développement de la consommation de produits issus de circuits courts, en particulier relevant de la production biologique »*.

On distingue six domaines pouvant être intégrés dans une politique alimentaire territoriale : l’économie alimentaire, la nutrition-santé, l’accessibilité sociale, la culture et l’identité gastronomique, l’environnement, l’urbanisme et l’aménagement. Mais les principaux champs sont l’économie (production agricole et filières alimentaires locales), l’environnement (réduction de l’impact environnemental alimentaire, de la production à la consommation) et le social (accessibilité, aides, éducation alimentaire).

Peuvent participer à un projet : les agriculteurs et producteurs, les collectivités territoriales, services de l’État, banques, les organismes de développement et de recherche, les entreprises et coopératives de distribution et de commercialisation, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (Associations, coopératives) et les industries agroalimentaires.

Les projets peuvent êtres autofinancés ou subventionnés à l’aide de fond publique (FEADER, FEDER, FSE, FEAMP, PNNS, PNA …) ou de fonds privé.

 

* Loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, article 39, disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2014/10/13/AGRX1324417L/jo#JORFARTI000029573485 (consulté le 09/05/2018)

 

Sources :

http://rnpat.fr/wp-content/uploads/2018/03/rnpat11-finpatrapport-2018.pdf

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/1411_al_projalimterr_cle0d96a5_0.pdf

Quels défis pour l’agriculture et l’alimentation de demain ?

Brève Quels défis pour l'agriculture et l'alimentation de demainAlors qu’un « monde libéré de la faim et de la malnutrition » est l’une des préoccupations majeures de la FAO, celle-ci vient de publier un rapport alarmant sur l’avenir de l’alimentation et de l’agriculture. En effet, d’ici 2050 c’est près de 50 milliards de personnes qui peupleront la Terre, augmentant largement la demande mondiale en produits agricoles. Selon les prévisions, la demande devrait augmenter de 50%, alors que les ressources et la biodiversité s’amoindrissent considérablement de jour en jour. Toutefois, la transition alimentaire mondiale continue d’accroître la demande en produits d’origine animale, en fruits et légumes ou produits transformés, tout en entrainant davantage de déforestation, de pénuries d’eau, d’appauvrissement des sols et d’émissions de gaz à effet de serre.

Pour devenir durable, les systèmes alimentaires actuels doivent donc évoluer. Sans cela, c’est plus de 600 millions de personnes qui souffriront de malnutrition en 2030, alors que les objectifs de développement durable ont fixés comme l’éradication de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire chronique. Augmenter les rendements et la productivité agricole est donc devenu crucial. Réduire les pertes et limiter le gaspillage alimentaire est l’un des défis principaux du monde moderne. De profonds changements devront intervenir sur l’ensemble du système agricole et sur la gestion des ressources pour éviter de voir apparaitre des crises alimentaires, sources de conflits violents dans les pays à faibles revenus.

En tout, c’est une quinzaine de tendances et une dizaine de défis qui ont été identifiés à l’échelle mondiale. Des solutions devront être trouvées afin d’instaurer une agriculture durable et de garantir la sécurité alimentaire pour tous. Plusieurs points d’amélioration sont à considérer : Promouvoir l’innovation, lutter contre les inégalités et le changement climatique, renforcer les collaborations internationales, les modes de production ou de consommation, ou même développer des activités rémunératrices en zone rurale. À quelques jours de la semaine européenne du développement durable, atteindre l’objectif « Faim Zéro » fixé par la FAO est plus que jamais d’actualité !

Sources :

Pour en savoir plus sur la semaine du développement durable (30 mai – 5 juin), rendez-vous ici.

Retour sur le projet BIOSENSO de l’association Eveil’O’Goût

LogoProjet soutenu par l’Institut Olga Triballat lors de l’appel à projets d’actions de terrain 2015. L’objectif général du projet était la création et la mise en œuvre d’un kit d’outils pédagogiques et de deux programmes d’éducation au goût. Ces ateliers étaient à destination d’enfants en centres de loisirs de la ville de Dijon, sur les thèmes de l’alimentation biologique et de l’alimentation alternative. La finalité du projet était la création avec les enfants de deux menus correspondants, servis dans les restaurants scolaires de Dijon.

PhotoAu total, 26 enfants de 4 à 12 ans ont bénéficié de l’éducation au goût apportée par le programme BIOSENSO, ainsi que leurs encadrants (6 adultes). Les 2 programmes éducatifs et l’élaboration des menus ont été réalisés entre les mois de février et avril 2016 : 1300 enfants déjeunant dans les restaurants scolaires ciblés ont donc été sensibilisés aux notions d’alimentation bio et alternative. Ils ont été accompagnés par les animateurs, préalablement informés via des fiches pédagogiques leur expliquant comment retransmettre ces notions aux enfants et valoriser les menus. Le projet BIOSENSO a suscité beaucoup d’enthousiasme et de plaisir chez les enfants et les animateurs. Le kit pédagogique créé permet d’organiser et d’animer ces ateliers d’éveil sensoriel au goût en centre de loisirs mais il serait tout à fait adaptable au scolaire ou dans le cadre périscolaire.

La France à l’Exposition Universelle de Milan

Depuis le 1er mai 2015 et ce pendant 6 mois, les organisateurs de l’Exposition Universelle de Milan cherchent à répondre à la question : « Comment assurer à toute l’humanité une alimentation suffisante, de qualité, saine et durable ? ». Dans ce contexte, la France, présente à Milan via le pavillon français, souhaite montrer l’importance d’allier science et innovation pour produire et nourrir autrement. La présence française s’appuie sur 4 piliers :

  • Promouvoir un modèle alimentaire durable grâce à une politique publique sur l’alimentation comportant des actions sur la production et la consommation ;
  • Produire plus, produire mieux pour répondre à la demande croissante tout en respectant la nature ;
  • Miser sur le transfert d’innovation pour aider les pays en développement à améliorer leur sécurité alimentaire et donc permettre à l’ensemble de la population d’accéder à une alimentation suffisante ;
  • Associer plaisir et santé, deux dimensions essentielles du modèle alimentaire alliant de manière indissociable quantité et qualité.

Ces 4 piliers valorisent le modèle alimentaire français fondé sur une « logique internationale de respect de la diversité des modèles alimentaires mondiaux, de l’indispensable équilibre entre plaisir et santé, de la nécessaire préservation des ressources de la planète et de la durabilité des modèles alimentaires ». Selon Alain Berger, commissaire général du Pavillon de la France, ce modèle répond aux défis alimentaires présents et futurs grâce à notre agriculture et à nos habitudes alimentaires contribuant à concilier plaisir et santé.

Pour en savoir plus: La France à l’Exposition Universelle de Milan

Comment assurer à toute l’humanité une alimentation suffisante, de qualité, saine et durable ?

C’est la question à laquelle les organisateurs de l’exposition universelle de Milan 2015, tentent de répondre. Avec pour thème « Nourrir la Planète, Energie pour la Vie », les 148 participants (145 pays et 3 organisations internationales) apportent leur contribution dans le débat mondial sur les enjeux liés à l’alimentation et à l’environnement. Pour ce faire, chaque pays, en s’inspirant de sa culture et de ses traditions, s’interroge et propose des solutions, présentées dans un pavillon qu’il a construit ou dans un pavillon collectif (appelé cluster thématique). Les clusters thématiques sont répartis en 9 thèmes : le riz, le cacao et le chocolat, le café, les fruits et les légumineuses, les épices, les céréales et les tubercules, le bio-méditerranéen, les îles, la mer et la nourriture et enfin les régions arides.

Au cours de l’exposition, les visiteurs pourront découvrir à travers des débats et des congrès, des publications et des essais mais aussi au moyen des plats traditionnels, des parcours pédagogiques et thématiques, comment les organisateurs envisagent de relever le défi.

Sur le site, le public peut également trouver 5 pavillons déclinant le thème :

  • Le Pavillon Zéro : il raconte l’histoire de l’homme sur la Terre à travers son rapport avec la nourriture. Il se présente sous la forme d’une immense bibliothèque constituée de tiroirs correspondant chacun à un aliment, un animal ou une habitude alimentaire.
  • Le Future FoodDistrict : destiné à faire comprendre au public, comment la technologie pourra changer les systèmes de conservation, distribution, achat et consommation de la nourriture.
  • Le Children Park : une espace consacré aux enfants leur permettant de s’amuser tout en s’instruisant sur les thèmes traités par l’ExpoMilan 2015.
  • Le Parc de la biodiversité : jardin reproduisant la variété des écosystèmes présents sur notre Planète.
  • L’exposition Arts&Foods : exposition conçue par Germano Celant illustrant la variation du rapport entre la nutrition et l’art au cours des siècles.

Plus d’informations sur ExpoMilan 2015

Pour en savoir plus sur le pavillon français: France Milan 2015

Nouvelles recommandations du Conseil national de l’alimentation pour le développement de l’agriculture biologique

Le Conseil national de l’alimentation (CNA) a rendu public un avis sur l’agriculture biologique, adopté le 26 mars 2015. Il se conclut sur une série de recommandations, qui s’adressent à la fois aux pouvoirs publics et aux différents acteurs des filières biologiques.

Afin de favoriser le développement de la production et de la consommation de produits de l’agriculture biologique, le CNA propose 6 recommandations en accord avec le Grenelle de l’environnement et le programme ambition Bio 2017 :

  1. Un pacte d’engagement des acteurs économiques en faveur de l’agriculture biologique qui pourrait se concrétiser par des contrats de filières.
  2. Un développement harmonieux du marché et de la production, en phase avec les nouvelles attentes citoyennes et sociétales et en assurant la pérennité des exploitations pratiquant l’agriculture biologique.
  3. Une communication ambitieuse pour éviter les confusions sur l’agriculture biologique et pour obtenir un message commun
  4. Renforcer deux clefs de la confiance : la réglementation et la certification en optimisant les conditions de contrôle et de suivi du système de certification.
  5. Caractériser et évaluer les services environnementaux, sociétaux, et de santé rendus par le mode de production biologique en approfondissant les recherches sur le sujet.
  6. Investir en recherche et développement afin de favoriser l’innovation et de fournir des outils et des méthodes de production adaptés

La mise en place conjointe de ces recommandations pourrait ainsi contribuer au développement de l’agriculture biologique à l’horizon 2017, et notamment à :

  • Répondre à la demande croissante et aux objectifs d’inclure 20 % de produits dans la restauration collective publique
  • Doubler la part de la production biologique en France d’ici décembre 2017
  • Développer conjointement la production, la transformation, la commercialisation et la consommation

Suite aux différentes crises connues par les filières alimentaires, le CNA définit l’agriculture biologique comme un véritable moteur pour la confiance et la réassurance du consommateur face à l’alimentation.

Le rapport complet est à télécharger ici: Le bio en France: situation actuelle et perspectives de développement

Le guide « Agriculture Biologique et Développement Local » vient de paraître

La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, en collaboration avec l’Office National des Eaux et des Milieux Aquatiques et l’Association des Maires de France, a récemment publié un guide méthodologique afin d’aider élus locaux et agents de collectivité à conjuguer réalité socio-économique et environnement.

Ce guide s’articule autour de 32 fiches portant notamment sur la place de l’agriculture biologique dans la planification territoriale et sur la mise en place d’actions concrètes au niveau du territoire.
Toutes ces fiches sont accessibles gratuitement sur le portail www.devlocalbio.org.

Une méta-analyse souligne des différences nutritionnelles entre aliments bio et ceux issus de l’agriculture conventionnelle

L’engouement marqué pour les aliments bio repose notamment sur le fait qu’ils sont perçus comme meilleurs nutritionnellement par les consommateurs. Une méta-analyse, publiée très récemment dans le British Journal of Nutrition, a examiné 343 publications afin d’évaluer l’existence ou non de différences nutritionnelles entre les aliments issus de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle.
La publication montre ainsi des concentrations en antioxydants sensiblement plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture biologique. Les flavanols et les anthocyanes, par exemple, affichent respectivement des taux supérieurs de 50% et 51%.
En parallèle, les résultats établissent une présence de résidus phytosanitaires 4 fois plus importante pour les cultures conventionnelles, qui contiennent également davantage de cadmium.
Ces données devront être précisées en considérant notamment l’impact du type de culture, des espèces considérées et des conditions agronomiques et climatiques sur les différences nutritionnelles constatées entre agriculture biologique et conventionnelle.

Source : M. Barański, D. Średnicka-Tober, N. Volakakis, C. Seal, R. Sanderson, G. B. Stewart, C. Benbrook, B. Biavati, E. Markellou, C. Giotis, J. Gromadzka-Ostrowska, E. Rembiałkowska, K. Skwarło-Sońta, R. Tahvonen, D. Janovská, U. Niggli, P. Nicot and C. Leifert (2014). Higher antioxidant and lower cadmium concentrations and lower incidence of pesticide residues in organically grown crops: a systematic literature review and meta-analyses. British Journal of Nutrition, 112, pp 794-811.

Les Français se tournent de plus en plus vers des pratiques alimentaires durables

Une analyse bibliographique publiée récemment donne un aperçu de l’adhésion des Français aux pratiques alimentaires durables.
Les résultats montrent un réel intérêt de la population française pour les démarches privilégiant les circuits courts et répondant donc à des préoccupations à la fois environnementales et sociales. Les Français déclarent ainsi acheter des produits de saison et locaux pour limiter leur impact sur l’environnement (32%) et participer à l’économie locale (88%). Une consommation alimentaire durable passe aussi par une certaine frugalité et une limitation du gaspillage (51% des interrogés).
Mais les Français « mangent durable » avant tout pour leur santé : 36% des Français achètent des produits respectueux de l’environnement parce qu’ils les considèrent comme meilleurs pour la santé.

Source : Fouqueray-Mérel C., Paré A., Fosse J. (2014) Consommations et pratiques alimentaires durables : analyse de données nationales issues d’enquêtes d’opinion. Centre d’études et de prospective, Analyse n°69.

L’étude NutriNet-Santé lance un volet dédié aux aliments issus de l’agriculture biologique

Cette étude de cohorte prospective baptisée BioNutriNet s’inscrit dans la continuité de l’étude NutriNet-Santé menée par Serge Hercberg et son équipe.
L’objectif ? Evaluer l’impact nutritionnel, économique, environnemental et toxicologique de la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique. La relation entre la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique et la survenue de maladies chroniques sera également examinée.
L’étude a débuté en février 2014, pour une durée de 5 ans. Les chercheurs espèrent recruter au moins 100 000 participants pour ce volet, dont 50 000 consommateurs réguliers ou occasionnels d’aliments biologiques. Les premiers résultats devraient être révélés avant l’été 2014.

Source : www.etude-nutrinet-sante.fr