Veille scientifique

Les mycotoxines dans l’alimentation humaine

Les mycotoxines sont des contaminants naturels produits par des champignons filamenteux ou micromycètes, qui sont des moisissures pouvant se développer au champ, sur les plantes ou pendant le séchage et le stockage. De nombreuses mycotoxines de familles chimiques différentes sont identifiées, et parmi celles-ci, une trentaine possède des propriétés toxiques et sont donc néfastes à la santé de l’Homme mais aussi des animaux.

Les mycotoxines sont retrouvées principalement dans les aliments d’origine végétale comme par exemple les fruits, les légumes ou encore les céréales. Elles sont très résistantes, c’est pourquoi on les retrouve tout au long de la chaîne alimentaire et ce, malgré les processus de transformation. Elles peuvent même se retrouver dans des produits d’origine animale (le lait par exemple), car les animaux peuvent ingérer ces aliments contaminés.

Chaque espèce de moisissure peut synthétiser différentes mycotoxines selon les conditions environnementales. Aussi, et à l’inverse, une même mycotoxine peut être produite par plusieurs espèces de moisissures, il n’y a donc pas d’association spécifique. De plus, un aliment peut être contaminé par plusieurs mycotoxines.

Ces mycotoxines sont donc des préoccupations sanitaires, c’est pourquoi il existe des réglementations européennes et mondiales, notamment pour les aflatoxines, les fumonisines, les tricothécènes, l’ochratoxine A, et d’autres. Celles-ci sont produites par des espèces fongiques appartenant à 4 genres : Aspergillus, Fusarium, Penicillium et Claviceps.

L’ingestion d’une ou plusieurs mycotoxines peut provoquer des effets chroniques, voire aigus lors de l’exposition à des doses élevées. Ces substances peuvent être mutagènes et cancérigènes mais aussi hépatotoxiques. Les niveaux d’exposition au danger sont donc régulièrement évalués et contrôlés par l’EFSA (European Food Safety Authority) au niveau européen et par la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) et la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) en France, mais aussi l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’environnement et du travail).

 

Source : https://www.plateforme-sca.fr/point_sur/la-surveillance-des-mycotoxines-dans-les-aliments

Les prix des produits alimentaires en hausse d’après l’indice FAO

Les cours mondiaux des produits alimentaires ont enregistré, en février 2021, leur neuvième mois consécutif de hausse pour atteindre leur niveau le plus haut depuis près de 9 ans. La FAO signale que 45 pays (dont 34 en Afrique) ont besoin d’une aide alimentaire extérieure.

L’indice FAO des prix des produits alimentaires permet de suivre l’évolution des cours internationaux des denrées alimentaires les plus largement commercialisées à l’échelle mondiale. En février, tous les sous-indices qui le composent ont enregistré une progression.

L’indice FAO des prix des huiles végétales a gagné 6,2% et atteint son plus haut niveau depuis avril 2012. Celui des céréales a également connu une hausse de 1,2% avec notamment le prix du sorgho qui a connu une hausse de 17,4% sur le mois de janvier.

On observe également une hausse de l’indice pour le sucre, avec une croissance mensuelle de 6,4%, une progression de 1,7% des prix des produits laitiers et de 0,7% du prix de la viande.

Les incidences de la pandémie du Covid-19, principalement la perte de revenus, jouent fortement sur les niveaux mondiaux d’insécurité alimentaire. La pandémie aggrave des situations déjà précaires causées par les conflits, les ravageurs et les chocs climatiques, notamment les ouragans qui ont récemment frappé l’Amérique centrale et les inondations qui ont touché l’Afrique.

 

Sources : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1378820/icode/

« Une alimentation plus durable : oui, mais comment ? »

Lors d’une récente intervention, à l’occasion d’une webconférence organisée par le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS), Nicole Darmon a tout d’abord rappelé que, selon la FAO, les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

Il existe 4 dimensions pour l’alimentation durable et elles doivent toutes être respectées : nutrition/santé, environnement, socio-culturel et socio-économique.

Pour ce qui est de l’aspect économique, le coût de l’alimentation par personne et par jour (estimé à partir du prix moyen des aliments extrait de l’enquête KANTAR sur les achats alimentaires et des données de consommations individuelles de l’enquête INCA2) est d’environ 7€. Mais, il existe une grande variabilité inter-individuelle due notamment aux quantités (et aux calories) consommées mais aussi à la structure des consommations (plus la quantité de fruits et légumes est élevée plus le coût est élevé). On remarque en effet, que pour 100 kcal, les fruits et légumes coûtent beaucoup plus cher que les produits riches en matières grasses, en sucres ou très salés.

A ce jour, en termes d’environnement, l’impact carbone est de 4kg de CO2 par personne et par jour, mais ce chiffre est surement à revoir à la hausse avec les données plus récentes fournies par AgriBalyse. L’idée serait de manger moins, mais surtout de gaspiller moins, afin de réduire notre impact.

Il faut alors savoir associer qualité nutritionnelle et faible impact environnemental et c’est ce que font environ 20% des adultes en France. Ces personnes mangent environ 200 kcal de moins que la moyenne de la population et la structure de leur alimentation est également un peu différente de celle du « français moyen » : le rapport végétal/animal est augmenté tout en préservant la diversité alimentaire.

Pour avoir une alimentation plus durable, il faut diminuer la consommation de la chair des animaux car celle-ci est plus impactante que celle de leurs produits (œufs et produits laitiers), aller vers plus de légumineuses (2 portions par semaine) et privilégier les céréales complètes.

Partant du panier moyen consommé par les adultes en France (dérivé des résultats de l’étude INCA3), il est possible de concevoir un panier nutritionnellement adéquat avec un impact carbone réduit de 40%. Ce panier contient plus de fruits et de légumes, plus de légumes secs et de céréales complètes, deux fois moins de produits sucrés, mais surtout des produits alimentaires diversifiés. L’idéal, pour réduire au maximum l’impact environnemental tout en préservant sa santé, serait de pouvoir diminuer les viandes et charcuteries en allant vers un rapport 50/50 entre les protéines animales et végétales.

 

Source : https://alimentation-sante.org/Event/web-conference-alimentation-et-environnement/ (replay disponible)

Le Nutri-Score : un logo de plus en plus apprécié et intégré pour les Français

Depuis le 31 octobre 2017, le Nutri-Score est l’étiquetage nutritionnel simplifié recommandé par l’Etat. Afin de suivre l’évolution de sa notoriété, de sa perception et son utilisation, Santé publique France, en charge du déploiement du Nutri-Score en France, réalise, depuis avril 2018, différentes enquêtes auprès de la population française.

D’après les derniers résultats de l’enquête, il ressort que la notoriété du logo continue de croître, avec 93% des Français qui déclarent avoir vu ou entendu parlé du Nutri-Score début 2021 (contre 81% en mai 2019). Ce résultat est renforcé par le fait que 18% des Français ont spontanément déclaré se baser sur le Nutri-Score pour évaluer la qualité nutritionnelle des produits qu’ils achètent, alors même qu’ils n’étaient qu’à 1% à le faire en avril 2018.

3 Français sur 4 déclarent acheter un produit étiqueté Nutri-Score. Cette promotion étant en hausse depuis les débuts de l’enquête. Cela témoigne donc d’une visibilité du logo plus présente, ainsi qu’une attention plus grande du consommateur pour ce logo.

De plus, 94% des Français seraient favorables à la présence du Nutri-Score sur les emballages, et 89% pensent qu’il devrait être rendu obligatoire sur tous les produits. Ce soutien témoigne d’une aspiration des consommateurs à disposer de cette information pour tous les produits, y compris ceux obtenant de moins bons scores.

 

Source : https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2021/le-nutri-score-un-logo-bien-integre-dans-le-quotidien-des-francais

Le plan SOS Protein, pour une indépendance protéique

Le plan SOS Protein est un programme porté par les 2 Pôles de compétitivité Valorial et Vegepolys Valley depuis 2016. Il signifie « sustain our self-sufficiency protein research to overcome the trend of European import needs » et il implique plus de 60 partenaires comprenant des entreprises, des organismes de recherche et de formation, des instituts techniques, etc.

Ensemble, ils ont pour but de diminuer la proportion de soja importé d’Amérique afin d’accroître la production française de soja et ainsi renforcer l’indépendance protéique dans l’Ouest de la France (Bretagne et Pays de la Loire).

En effet, chaque année, environ 3,5 millions de tonnes de soja sont importées, notamment pour l’alimentation d’élevage. Cela soulève des problèmes commerciaux, environnementaux et sanitaires.

Ce plan vient de s’achever et il a conduit au lancement de nombreux projets compétitifs labélisés par les Pôles. De plus, 73% des éleveurs estiment pouvoir améliorer leur autonomie grâce à 3 points :

  • Augmenter la part de fourrages
  • Produire leurs propres matières riches en protéines (MRP)
  • Améliorer l’efficience protéique des rations

Le bilan est donc positif pour Valorial et Vegepolys Valley puisque 90% des partenaires vont poursuivre leurs travaux afin de calculer, à l’échelle de leur exploitation, leur degré d’autonomie protéique afin de pouvoir faire les changements nécessaires.

De plus, depuis le 1er décembre 2020, le plan « France Relance » a été présenté par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Celui-ci va contribuer au déploiement des résultats de SOS Protein à travers la France,afin de prolonger la dynamique collective qui a été lancée avec ce programme.

 

Source : https://www.pole-valorial.fr/sos-protein-alternatives-soja-importe-independance-proteique-elevages-ouest/?cn-reloaded=1

 

1ère journée parlementaire sur la Résilience alimentaire de nos territoires

Organisée le jeudi 8 avril 2021 par le CNRA (Conseil National pour la Résilience Alimentaire), cette matinée s’est déroulée en plusieurs parties :

  • Une introduction par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie
  • Le pourquoi ? La résilience alimentaire : un nécessaire rééquilibrage : un premier débat animé par Marie-Laure Hustache (Agridées) avec Arthur Grimonpont (Les Greniers d’Abondance), Yuna Chiffoleau (INRAE), Stéphane Linou (Auteur de “Résilience Alimentaire et sécurité nationale”) et Bertrand Valiorgue (Auteur de “Refonder l’agriculture à l’heure de l’anthropocène”)
  • Le comment ? Données et outils d’analyse existants et à développer : une 2ème table ronde animée par Florian Ortéga (Associé Colombus Consulting) avec Olivier Tillous-Borde (Euralis), Anne Trombini (PADV), Grégori Akermann (RMT Alimentation), Benjamin Cuillier (CRAter) et Guillaume Fourdinier (Agricool)
  • Le quoi ? Conditions de succès et illustration par des cas pilotes : débat animé par Emmanuelle Coratti (Back to Earth) avec Gilles Maréchal (Terralim), Jean-Baptiste Vervy (Co-farming), Jérémy Camus (VP Lyon Métropole), Florian Baalon (CDA), Sébastien Pelkas (Direct Market), François Henry (Tout près d’ici) et Serge Papin (rapporteur de la mission de répartition dans la filière – Egalim)

 

Tous les replays sont disponibles ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLK4V0PR1gBARLe0n6Ekvx_qzKoFEzR3xu

Ils sont formes de playlist, vous pourrez donc accéder séparément aux différentes interventions.

 

Source : https://www.cnra-france.org/

Les innovations pour limiter le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un tiers de la production alimentaire, certaines entreprises innovantes ont donc décidé de revaloriser et utiliser toute cette nourriture à des fins différentes que l’alimentation.

Une entrepreneuse espagnole, Júlia Roca, a créé une gamme de cosmétiques proposant des nettoyants pour visage mais aussi des crèmes hydratantes, produits grâce à des fruits abîmés ou de la nourriture non désirée. Sa marque Lleig, qui veut dire « moche » en catalan, utilise des emballages réutilisables en céramique.

Une start-up canadienne, Alt Tex, produit une alternative au polyester : le PLA (acide polylactique) grâce à l’amidon et aux sucres des déchets alimentaires. Le PLA est intéressant puisqu’il est biodégradable. De plus, l’entreprise travaille avec l’industrie des aliments et boissons pour récupérer directement leurs déchets.

Dans la même idée, Genecis, une autre compagnie canadienne, utilise une bactérie pour transformer des déchets alimentaires en un polymère : le PHA (polyhydroxyalcanoate). Il est biodégradable et peut être utilisé à la place du plastique d’emballage.

Pour les agricultrices au Kenya et en Ouganda, le gaspillage alimentaire se produit à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. C’est pourquoi, la start-up Agricycle en Afrique de l’Est a développé un déshydrateur solaire qui permet aux producteurs de transformer des produits périssables en fruits secs, plus durables.

 

Source : https://www.weforum.org/agenda/2021/03/food-waste-cosmetics-clothing-packaging/

Société Inalve, une ferme de microalgues pour une alimentation animale durable

La société Inalve a été créée en 2016 et elle est basée sur 3 axes : sociétal, environnemental et industriel. Elle souhaite résoudre l’enjeu de l’alimentation animale en utilisant la matière première la plus sous-exploitée : les microalgues, qui contribuent à la production de l’oxygène sur Terre.

Le concept se présente sous la forme d’un convoyeur mobile sur lequel les microalgues poussent et forment un biofilm, c’est une technologie brevetée.

Le procédé a été pensé de façon à ce que la productivité des microalgues soit maximisée. La récolte se fait de manière aisée puisqu’il suffit simplement de racler pour obtenir un concentrat de microalgues. Une fois la pâte de microalgues récupérée, l’entreprise est capable de la transformer en un produit similaire aux farines de poissons.

Ce produit est donc sans OGM, pesticides ou métaux lourds et il présente des gains environnementaux puisque la biomasse produite est 100 fois plus concentrée et nécessite 70% moins d’eau et 50% moins d’énergie que les farines de poissons.

Les cofondateurs souhaitent développer des ingrédients avec la plus faible empreinte environnementale sur le marché de l’alimentation.

En termes de productivité, ils peuvent atteindre entre 50 et 100 tonnes/hectare/an, comparé au soja qui reste autour de 5 tonnes/hectare/an, ce qui représente une économie de terres considérable.

Pour ce qui est de l’impact sur le milieu maritime, celui-ci est 3 fois moins important que celui de la production des farines de poissons.

« On cultive sur terre, une microalgue, sans épuiser les ressources marines autour » Christophe Vasseur, cofondateur.

Les dirigeants de cette jeune entreprise souhaitent créer une agriculture durable et d’avenir, car actuellement, les agriculteurs recherchent en permanence de nouvelles matières premières pour nourrir leurs animaux. D’ici 2024, ils souhaitent ouvrir leur première ferme commerciale puis déployer leur activité à l’international.

 

Source : https://www.inalve.com/

Les régimes à base de plantes sont cruciaux pour sauver la biodiversité

Le système alimentaire mondial actuel est très destructeur, notamment au niveau de la biodiversité. Pour en contrer les dégâts, des régimes à base de plantes seraient cruciaux.

Selon le rapport du groupe de réflexion de Chatham House (organisation indépendante du Royaume-Uni), l’agriculture est la principale menace d’extinction pour 86% des 28 000 espèces animales, un changement est donc primordial afin que la perte de la biodiversité cesse son accélération.

Les produits alimentaires bon marché représentent un cercle vicieux car ils ont de faibles coûts, entraînent une plus grande demande donc plus de déchets. Cela mène alors à une concurrence importante qui provoque des coûts toujours plus bas et une utilisation d’engrais et de pesticides polluants importante.

Dans un rapport du programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), 3 solutions sont envisagées :

  • Le passage à une alimentation à base de plantes,
  • La diminution de la consommation de viandes,
  • L’utilisation des terres ainsi libérées pour des cultures plus durables et respectueuses de l’environnement.

Ces trois solutions permettraient de réparer le système alimentaire, mais aussi de lutter contre le réchauffement climatique. En effet, le système alimentaire représente environ 30% des émissions de gaz à effet de serre.

Tous ces changements pourraient ainsi réduire l’impact du système alimentaire sur le climat mais également sur la santé, car l’alimentation moins chère provoque de nombreux problèmes de santé : le surpoids, l’obésité, la malnutrition et la dénutrition qui touchent environ 3 milliards de personnes.

 

Source : https://www.theguardian.com/environment/2021/feb/03/plant-based-diets-crucial-to-saving-global-wildlife-says-report

« Je mange pour le futur », le nouveau projet de la Chaire ANCA d’AgroParisTech

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La Chaire ANCA (Aliment Nutrition Comportement Alimentaire) est une chaire partenariale d’AgroParisTech qui développe des actions de sensibilisation innovantes et originales pour inciter à nourrir le monde de façon plus saine et durable.

Lancé depuis le 1er mars, « Je mange pour le futur » est un projet qui accompagne les 18-35 ans afin de les sensibiliser à une alimentation plus durable qu’ils puissent adopter.

C’est sous la forme d’une fiction sur Instagram que l’héroïne, Sacha, jeune diplômée de 26 ans, mène une enquête pendant 3 mois. Elle partage ses découvertes, ses astuces, ses recettes et ses reportages…

L’objectif est de faire repenser le contenu de son assiette afin qu’il soit plus durable pour la planète mais aussi meilleur pour la santé.

Ce projet est imaginé par des scientifiques qui ont souhaité partager leurs connaissances de façon ludique et pédagogique.

Compte instagram : https://www.instagram.com/jemangepourlefutur/

Source : https://chaire-anca.org/nosactions/je-mange-pour-le-futur/