Veille scientifique

Utiliser des applications ludiques pour promouvoir la consommation des légumineuses ?

Face à leurs propriétés intéressantes pour l’Homme et l’environnement, 2016 a été proclamée « Année internationale des légumineuses » par la FAO. Néanmoins, les légumineuses restent aujourd’hui peu présentes dans l’alimentation des Français. L’une des principales raison est le manque de familiarité avec les techniques culinaires nécessaires à leur préparation.

 Des chercheurs ont émis l’hypothèse que l’utilisation d’une application ludique pouvait améliorer la perception des légumes secs par le consommateur. Ils ont mis en place une application culinaire pour smartphone, « Little cooking » et l’ont testée chez des adultes. En 3 semaines, les sujets ont passé en moyenne 181 minutes sur l’application, ont découvert 60% des recettes disponibles, et 50% des recettes à base de légumineuses. Cette étude révèle que les consommateurs associent les légumineuses à la notion de complexité. Néanmoins, au fur-et-à-mesure que les usagers découvrent l’application et les recettes, une évolution de la perception des légumineuses est observée, les associant plus facilement à une notion de facilité, et les encourageant à leur consommation.

Par ailleurs, il a été établi que l’utilisation de « serious games » en nutrition a un impact significatif sur l’adoption effective de modes de vie plus sains. Il s’agit de systèmes informatiques utilisant des procédés à visée ludique, tels que les jeux vidéo, pour réaliser des objectifs « sérieux », notamment d’éducation, d’apprentissage et de communication persuasive. Cela suggère l’importance des médias dans l’alimentation, phénomène de plus en plus étudié.

Sources :

  • A.-C. Boisseau, O. Davidenko, G. Fromentin, D. Tomé, N. Darcel (UMR PNCA, INRA AgroParisTech Université Paris-Saclay, Paris, France). Little Cooking, une application ludique pour promouvoir la consommation des légumineuses. Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • Didier Courbet. « Serious Games », jeu, enseignement ou traitement ? Présenté aux Journées francophones de nutrition (JFN), Montpellier, FRA (Décembre 2016).

Protéines végétales: la solution pour une alimentation durable?

Découvrez une vidéo de la Chaire ANCA qui résume les enjeux de la diversification des sources de protéines.

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La Chaire ANCA, laboratoire d’innovations pédagogiques en nutrition, propose une vidéo qui résume les enjeux de la diversification de nos sources de protéines, notamment en rééquilibrant les protéines de sources animales et végétales.

Lien vers la vidéo : « Les protéines végétales – Un levier pour une alimentation plus durable ? »

Qu’est-ce que la Chaire ANCA ?

La chaire ANCA est une chaire d’enseignement et de recherche portée par la fondation AgroParisTech financée par des mécènes privés et institutionnels.

L’Institut Olga Triballat va financer la réalisation d’un web-documentaire sur les protéines végétales et animales (date de sortie, etc)

Plus d’informations sur https://chaire-anca.org/

Les protéines végétales pour réduire les risques de mortalité cardiovasculaire ?

Round Grilled FoodLe Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié le mois dernier l’étude d’une équipe de chercheurs d’Harvard. Cette étude traite du lien entre la mortalité et la consommation de protéines animales et végétales. Plus précisément, leur problématique est de savoir si la consommation de protéines animales peut augmenter le risque de mortalité chez des sujets à risque cardiovasculaire. Il s’agit d’une étude d’observation qui regroupe les chiffres de la Nurses’s health Study et de la Health Professionals Follow-up Study (1980-2012), deux grandes études américaines répertoriant les habitudes alimentaires de plus de 130 000 Américains. En moyenne, chez les sujets étudiés, 13% de l’énergie est apportée par des protéines animales et 4% par des protéines d’origine végétale. Les résultats montrent que la consommation de protéines animales est liée significativement à la mortalité cardiovasculaire, chez les personnes présentant au moins un facteur de risque. En effet, une augmentation de 8% de la mortalité est observée pour +10% d’énergie apportée par les protéines animales. Au contraire, la quantité de protéines végétales est associée à un risque de mortalité plus faible. Une diminution de la mortalité de 10% est observée pour +3% d’énergie apportée par les protéines végétales. Globalement, ces résultats suggèrent que la substitution d’une petite partie (3%) des protéines animales, issues de viande transformée, par des protéines végétales permettrait de diminuer la mortalité globale de 34%.

Source :

Song, M., Fung, T. T., Hu, F. B., Willett, W. C., Longo, V. D., Chan, A. T., & Giovannucci, E. L. (2016). Association of Animal and Plant Protein Intake With All-Cause and Cause-Specific Mortality. JAMA Internal Médicine.

Une alimentation plus végétale pourrait diminuer les risques de cancers

Guide alimentation AustralieEn octobre dernier, une étude Australienne a été publiée, montrant qu’une consommation trop faible ou inadaptée en fruits et de légumes (non féculents) pourrait augmenter le risque de divers cancers des systèmes digestifs et respiratoires. D’après les résultats, un cancer colorectal sur 6 serait attribuable à un apport insuffisant en fibres alimentaires et près de 1 900 cancers observés en Australie en 2010 (environ 1,7% des cancers totaux en 2010 seraient attribuables à un apport insuffisant en fruits et en légumes (non féculents). Il semblerait donc que consommer les quantités recommandées de fruits, de légumes et de fibres alimentaires permettrait de réduire de 4% les risques globaux de cancers. D’après le guide des recommandations nutritionnelles Australien (2013) et le National Health and Medical Research Council (NHMRC), les quantités nécessaires pour des apports quotidiens adaptés sont :

  • 300 g de fruits entiers (non-jus),
  • 375g de légumes, dont des pommes de terre (pas plus de 150g par jour et non frites) et des légumineuses.

Aucun seuil maximal de consommation de fibres alimentaires n’a été établi étant donné que le NHMRC considère qu’une alimentation riche en fibres alimentaires n’entraine pas d’effets délétères.

Sources:

  • Recommandations nutritionnelles du gouvernement Australien
  • Whiteman, D. C., Webb, P. M., Green, A. C., Neale, R. E., Fritschi, L., Bain, C. J., … & Pandeya, N. (2015). Cancers in Australia in 2010 attributable to modifiable factors: introduction and overview. Australian and New Zealand journal of public health, 39(5), 403-407.

Retour sur le projet BIOSENSO de l’association Eveil’O’Goût

LogoProjet soutenu par l’Institut Olga Triballat lors de l’appel à projets d’actions de terrain 2015. L’objectif général du projet était la création et la mise en œuvre d’un kit d’outils pédagogiques et de deux programmes d’éducation au goût. Ces ateliers étaient à destination d’enfants en centres de loisirs de la ville de Dijon, sur les thèmes de l’alimentation biologique et de l’alimentation alternative. La finalité du projet était la création avec les enfants de deux menus correspondants, servis dans les restaurants scolaires de Dijon.

PhotoAu total, 26 enfants de 4 à 12 ans ont bénéficié de l’éducation au goût apportée par le programme BIOSENSO, ainsi que leurs encadrants (6 adultes). Les 2 programmes éducatifs et l’élaboration des menus ont été réalisés entre les mois de février et avril 2016 : 1300 enfants déjeunant dans les restaurants scolaires ciblés ont donc été sensibilisés aux notions d’alimentation bio et alternative. Ils ont été accompagnés par les animateurs, préalablement informés via des fiches pédagogiques leur expliquant comment retransmettre ces notions aux enfants et valoriser les menus. Le projet BIOSENSO a suscité beaucoup d’enthousiasme et de plaisir chez les enfants et les animateurs. Le kit pédagogique créé permet d’organiser et d’animer ces ateliers d’éveil sensoriel au goût en centre de loisirs mais il serait tout à fait adaptable au scolaire ou dans le cadre périscolaire.

L’impact environnemental de notre alimentation

Depuis ces dix dernières années, de nombreuses études scientifiques s’intéressent aux liens pouvant exister entre notre alimentation et le phénomène de réchauffement climatique et l’Institut Olga Triballat aussi! La question est de savoir comment adopter des comportements alimentaires plus responsables qui nous permettraient d’évoluer vers des modèles d’agriculture et de consommation plus durables, le tout en privilégiant la qualité de la nutrition et la santé humaine ? Un sujet largement étudié est le choix des sources de protéines dans l’alimentation humaine. Par exemple, pour produire un kilogramme de protéines alimentaire, l’empreinte carbone n’est pas du tout la même selon qu’il s’agisse de protéines d’origine végétale ou animale. Lorsque l’on parle d’empreinte carbone, on inclut toutes les consommations liées à la production de ce kilogramme de protéines : l’espace agricole, la consommation d’eau (bétail, cultures), la consommation de carburants, l’utilisation de pesticides, les fertilisants ainsi que les déchets animaux, etc.

Des chiffres impressionnants sont apparus dans une étude de l’Université de Loma Linda en Californie en 2014 avec une production de protéines animales (bœuf) 18 fois plus consommatrice en terres, 12 fois plus en fertilisants, 10 fois plus en eau et en pesticides que la production de haricots secs. Les études continuent de se multiplier sur le sujet, en comparant à la fois l’équilibre nutritionnel  et l’impact environnemental des menus. Hayo Van Der Werf et Carla Coelho (INRA Rennes) travaillent également sur le sujet en prenant comme référence le régime alimentaire moyen français et les recommandation du PNNS (Programme National nutrition Santé). D’après leurs premiers résultats, un menu plus « sain » contient moins de viande, plus de fruits et légumes et de produits laitiers que le menu moyen français. L’impact environnemental d’un tel menu serait 10 à 30% plus faible. Pour réduire son impact sur l’environnement au quotidien, ils conseillent également d’éviter le gaspillage alimentaire, tout particulièrement pour les produits d’origine animale.

Sources:

  • Sabaté, J., Sranacharoenpong, K., Harwatt, H., Wien, M., & Soret, S. (2015). The Environmental Cost of Protein Food Choices–CORRIGENDUM. Public health nutrition, 18(11), 2096-2096.
  • Source Hayo van der Werf et Carla Coelho Pernollet F, Coelho CRV, van der Werf HMG, 2016. Methods to simplify diet and food life cycle inventories: accuracy versus data-collection resources. Journal of Cleaner Production, soumis.

Recommandations nutritionnelles dans le monde

Illustration Diet GuidelinesLes gouvernements s’accordent tous sur une chose, le modèle alimentaire actuel (occidental) est trop riche en graisses, sucres et protéines d’origines animales. Cela doit changer et pour deux raisons: premièrement pour la santé humaine et deuxièmement pour limiter notre impact sur la planète. En effet, ces deux enjeux sont étroitement liés. Bien que l’homogénéisation des discours ne soit pas toujours aisée d’un pays à un autre ou d’une culture à une autre, on observe cependant une convergence sur l’augmentation de la consommation de produits végétaux et la réduction de la consommation de viande. Chaque pays possède son guide du « bien manger ». les formes et les catégories alimentaires sont variables mais l’on observe dans chacun de ces guides la position importante du végétal (en quantité et en qualité). Dans certains pays comme le Mexique ou l’Inde, les légumineuses, riches sources de protéines végétales, ont même leur propre catégorie!

Sources:

Un projet de recherche-action pédagogique soutenu par l’Institut Olga Triballat

préface guide méthodoDans le cadre de la réforme des collèges, qui sera effective à partir de Septembre 2016, de nouvelles « matières » seront mises en place (pour les classes de 5e, 4e et 3e) comme les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI). L’Institut Olga Triballat soutient un projet qui serait une base idéale d’EPI selon les Cahiers Pédagogiques du CRAP (Cercle de Recherche et d’Action Pédagogiques). Il s’agit d’un projet de recherche-intervention actuellement testé dans un collège pilote d’Angoulême pour la 3ème année consécutive et transféré dans un second établissement classé REP+ depuis la rentrée 2015.

Ce projet, « Arts de Faire Culinaires au Collège » (AFCC) a pour but d’utiliser le sujet de l’alimentation de manière à :

  • développer l’esprit critique des collégiens sur l’alimentation pour leur santé,
  • éduquer les jeunes à mener une vie plus saine/autonome, faire évoluer les pratiques quotidiennes alimentaires à long terme,
  • acquérir des connaissances et des méthodes par une mise en pratique culinaire,
  • agir sur le climat et l’ambiance à l’école,
  • créer un pont actif et durable d’échanges entre la famille et le collège,
  • fédérer l’équipe éducative autour d’un projet commun.

 Dans cette dynamique et dans l’optique d’étendre la portée de ce projet, un guide méthodologique sera mis à disposition, par la DRAAF (Direction Régionale de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt), à partir de la rentrée 2016, pour tous les établissements qui souhaiteraient adopter ce projet.

Tous les détails sur les avancées du projet:

Des outils pratiques pour une alimentation durable

Une alimentation saine et durable c’est important, mais comment faire ?

Les informations sur le sujet sont abondantes et parfois contradictoires. Heureusement, certaines organisations et associations, engagées sur les questions de l’alimentation saine et de la lutte contre le changement climatique, proposent des outils pratiques pour nous aider au quotidien.

L’Institut Olga Triballat vous en propose quelques-uns, pour vous qui souhaitez comprendre les enjeux du sujet et devenir des consommateurs responsables.

Fourchette

Le Réseau Action Climat France (représentant français du Climate Action Network) propose 7 fiches pratiques pour allier alimentation saine et respectueuse de l’environnement.

 

Gouv - 7 gestes pour la planete

Sur le site internet du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, on trouve de l’information sous forme d’articles de veille mais également sous forme d’infographies. Ces dernières permettent d’avoir, de manière claire, les chiffres et informations importants sur des thèmes d’actualité liés à l’alimentation. En voici une en lien direct avec notre sujet : « 7 gestes pour la planète ».

Sauve ta bouffe

« Sauve Ta Bouffe » est un site internet, plein d’astuces pour bien manger et éviter le gaspillage alimentaire, proposé par l’organisation québécoise « Amies de la Terre Québec ».

L’ANIA regroupe 100 initiatives d’entreprises agro-alimentaires dans un livre vert

COP21L’environnement est aujourd’hui au cœur des débats avec la tenue de la COP21 à Paris. Dans ce contexte, l’ANIA vient de publier un livre vert rassemblant 100 initiatives mises en place par l’industrie agro-alimentaire pour répondre à différentes problématiques environnementales.
La filière alimentaire est effectivement confrontée directement à ces questions puisque 30% des émissions françaises de gaz à effet de serre lui sont attribués. Les conséquences du changement climatique ont par ailleurs un impact direct sur la filière avec une perte de surfaces agricoles, une diminution des rendements, une augmentation du coût des matières premières et la raréfaction de certaines d’entre elles.

Les initiatives valorisées par l’ANIA à travers ce livre vert sont réparties au sein de 5 axes stratégiques pour la filière :

  • Agir sur les approvisionnements
  • Utiliser efficacement l’énergie
  • Gérer les emballages et leur fin de vie
  • Optimiser la logistique et le transport
  • Lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaire

Ce livre vert est téléchargeable sur le site de l’ANIA en cliquant ici.