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Newsletter n°8 – L’agroécologie : qu’y a-t-il derrière ce mot ?

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L’agroécologie : qu’y a-t-il derrière ce mot ?

Selon l’Institut National d’Etude Démographique (INED), la population mondiale comptera environ 9 milliards d’habitants en 2050. Cependant, la production agricole mondiale actuelle est à bout de souffle et, à l’avenir, elle ne sera pas suffisante pour subvenir aux besoins d’un tel accroissement démographique. L’agriculture conventionnelle montre ses limites. Pour ce type de culture, les besoins en eau et en surfaces cultivables ne cessent d’augmenter, avec pour conséquence d’impacter négativement la biodiversité et le changement climatique. Il devient donc nécessaire de se diriger vers un système plus durable en termes d’environnement et d’économie. Car il ne faut pas oublier qu’un système agricole productif et régénératif possède de nombreux avantages d’un point de vue environnemental, mais aussi socialement en créant des emplois.

 

  • Qu’est-ce que l’agroécologie ?

Définition

L’agroécologie est l’utilisation intégrée des ressources et des mécanismes de la nature dans l’objectif de production agricole. Elle allie les dimensions écologique, économique et sociale et vise à mieux tirer parti des interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et l’environnement.

Principes

L’agroécologie est un ensemble pluridisciplinaire, que l’on peut caractériser comme une science, une pratique et un mouvement social.

Etant une science, elle regroupe plusieurs disciplines complémentaires autour de l’agronomie, l’environnement et la biologie. En lien avec la recherche, les actions de terrain sont très nombreuses et expérimentent de nouvelles méthodes de culture. Mais ceci toujours dans l’optique d’une utilisation durable des ressources locales, dans le respect des connaissances et des besoins des agriculteurs. L’agroécologie utilise la biodiversité de manière rationnelle afin de créer des services écosystémiques et permettre la résilience.

Ce mouvement vise à sensibiliser à une alimentation saine et de bonne qualité, à défendre et mettre en valeur les petites exploitations, les fermes familiales et le monde rural. Mais aussi privilégier les circuits courts pour un retour à un approvisionnement plus local, ou encore faire la promotion des semences indigènes.

 

  • Les 10 éléments de l’agroécologie

Afin d’aider les pays à faire évoluer leurs systèmes alimentaires et agricoles vers un modèle plus durable, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a défini les 10 éléments clés de l’agroécologie. Ces éléments sont liés entre eux tout en étant indépendants, et peuvent être utilisés comme outils afin de rendre l’agroécologie opérationnelle. Ce sont les caractéristiques principales du système agroécologique qui définissent son cadre, afin d’orienter les décisions politiques et les manœuvres agricoles. Voici ces 10 éléments clés :

  1. Diversité
  2. Co-création et partage de connaissances
  3. Synergies
  4. Efficience
  5. Recyclage
  6. Résilience
  7. Valeurs humaines et sociales
  8. Culture et tradition alimentaire
  9. Gouvernance responsable
  10. Economie circulaire et solidaire

Pour plus de détails, voir le guide de la FAO : http://www.fao.org/3/I9037EN/i9037en.pdf

 

  • Les acteurs de l’agroécologie

Agriculteurs :

Les agriculteurs ont un rôle central dans la pratique de l’agroécologie, car ce sont eux qui permettent sa mise en place. En tant que détenteur de la connaissance et co-chercheur, les producteurs diffusent, partagent et mettent en avant le savoir-faire et les innovations. C’est ce que l’on appelle « l’éducation populaire ».

Chercheurs :

Provenant de différents domaines (environnement, économie, sociologie), ils utilisent la complémentarité de chaque domaine pour faire face aux différents défis de l’agroécologie. Ils mettent au point les techniques et les modes de cultures adaptées en collaboration directe avec les agriculteurs. Ils participent aussi à l’évolution des connaissances sur l’agroécologie, servant d’appui pour les décisions politiques.

Décisionnaires politiques :

En appui sur les découvertes des chercheurs et sur les pratiques expérimentales des agriculteurs, les décisionnaires élaborent des politiques de façon à organiser la mise en place de l’agroécologie et lui définir un cadre réglementaire. Ils collaborent aussi avec des décisionnaires d’organismes de grande ampleur, comme les Nations Unies, pour faciliter l’utilisation de cette approche potentielle face au défi du changement climatique.

Consommateurs :

Les consommateurs possèdent un rôle essentiel dans le développement de l’agroécologie car, étant le dernier maillon du système alimentaire, ils ont le pouvoir de faire augmenter ou diminuer la consommation de produits issus de l’agroécologie. Il est donc important de sensibiliser le public aux enjeux actuels de l’alimentation et de l’environnement afin de montrer les avantages et l’efficacité de l’agroécologie et favoriser la transition agroécologique.

 

  • Techniques et systèmes

On trouve aujourd’hui de multiples techniques et façons de faire qui relèvent de l’agroécologie. Il faut savoir que chaque technique est étudiée et utilisée dans un objectif précis, que ce soit dans un but de protection face aux ravageurs, pour garder l’humidité du sol, limiter le salissement des parcelles (mauvaises herbes) ou encore améliorer l’apport en nutriments. L’intérêt principal est d’associer les atouts de chaque espèce (plantes, arbres, animaux) dans le but de minimiser les apports en intrants.

Voici quelques exemples de techniques utilisées actuellement :

 

Associations de cultures :

Cette méthode consiste à associer simultanément deux ou plusieurs espèces sur une même surface. Elles peuvent être semées de façon mélangée ou alors en rang ou bandes alternées. Parmi les différentes associations possibles, on retrouve plus particulièrement l’association céréales-légumineuses ou encore l’association légumineuses-oléagineux. Les avantages agronomiques, environnementaux et économiques sont conséquents. Les rendements sont généralement supérieurs à une monoculture conventionnelle à bas niveau d’intrants, la biodisponibilité des nutriments (azote, phosphore, potassium) est meilleure, l’accessibilité des plantes à l’eau est améliorée par la capillarité des racines, ce qui améliore la résistance au stress hydrique (sècheresses). Les céréales sont aussi plus riches en protéines grâce aux légumineuses qui fixent l’azote atmosphérique. Les plantes possèdent un meilleur système racinaire, ce qui améliore la structure et la fertilité du sol. Les céréales jouent le rôle de tuteur pour limiter la verse (le fait de se coucher au sol) des légumineuses. On obtient aussi une meilleure maîtrise des agresseurs et du salissement, en diminuant la pression des ravageurs, des maladies et des adventices (« mauvaises herbes »). Les incidences sur l’environnement sont plus intéressantes, car il y a moins d’utilisation de produits phytosanitaires. Les protéagineux et oléagineux favorisent l’attraction des pollinisateurs qui peuvent jouer un rôle face aux parasites. Ainsi, d’un point de vue économique, l’association de cultures assure un rendement minimum grâce à la diversité des espèces et permet l’économie de produits phytosanitaires. On peut citer comme exemple l’association pois-triticale, qui est la plus répandue. Mais il existe d’autres combinaisons possibles en fonction des objectifs souhaités. Parmi les céréales, il y a l’avoine, le blé ou le seigle. Pour les légumineuses, la fèverole est très utilisée ainsi que le soja et la vesce. Pour les oléagineux, on retrouve la caméline.

 

Pré-verger :

C’est une technique d’agroforesterie qui existe depuis très longtemps. Elle consiste en une prairie herbée, qui peut être fauchée ou pâturée, sur laquelle des arbres fruitiers sont plantés. Ces arbres sont dits de « haute tige », car leur tronc atteint au moins 1m60. Ce sont donc des pommiers, des poiriers, des cerisiers, des mirabelliers qui couvrent de vastes prairies. Les pré-vergers permettent tout d’abord de contribuer au maintien d’un équilibre biologique, car c’est un lieu rempli de vie. On y trouve de nombreux insectes, mais aussi des oiseaux et des chauves-souris qui permettent de limiter l’apparition de ravageurs, ou encore le cheptel qui mange les petits fruits qui tombent prématurément évitant ainsi les maladies. C’est un système autonome qui ne nécessite pas d’engrais, ni autres produits phytosanitaires, puisque l’équilibre biologique du milieu s’autorégule. Par exemple, les animaux en pâture (vaches, poules, moutons…) permettent de maîtriser l’enherbement et les déjections servent d’engrais, la présence de pollinisateurs augmente la formation des fruits. Avec leurs grandes racines, les arbres résistent au stress hydrique et ne nécessitent pas d’apport en eau supplémentaire. Enfin, l’intervention mécanique est rare puisqu’elle intervient pendant la récolte des fruits et le fauchage de la prairie.

 

Enherbement de la vigne :

Cette méthode est utilisée pour couvrir le sol des rangs et le tour de la parcelle de vignes, de façon naturelle ou alors semé volontairement pour une durée temporaire ou non. Cette technique est réalisée dans l’objectif de protéger le sol des adventices pour éviter l’utilisation des produits phytosanitaires. Le sol est donc en meilleure santé, il ne nécessite pas d’apport en engrais, car l’herbe en joue le rôle. La vigne en tire donc profit, et améliore ses rendements et surtout donne une meilleure qualité de raisin.

 

Semis directs sous couverture végétale :

Voici une technique souvent utilisée dans les pays tropicaux. Elle consiste à ne pas retourner la terre sur toute sa surface après une culture, mais seulement sur la ligne de semis. Le sol est donc recouvert dans le même but que l’enherbement de la vigne. On peut noter qu’il existe deux types de couverture végétale : la couverture permanente vivante (comme l’herbe) ou la couverture végétale morte (comme les résidus de culture). Cette méthode possède plusieurs avantages. Tout d’abord concernant l’eau, le sol garde l’humidité tout en diminuant le lessivage, la lixiviation (perte de nutriments végétaux hydrosolubles du sol, dissous et entraînés par les eaux d’infiltration à la suite de pluie ou d’irrigation) et l’érosion. On limite l’apport de produit phytosanitaire, car la couverture végétale agit comme un rideau face aux adventices et libère de la matière organique pour améliorer la croissance des cultures.

 

La lutte biologique par conservation et gestion des habitats :

Cette technique est retrouvée dans l’ensemble des cultures agroécologiques. Son objectif est de lutter contre les ravageurs en utilisant l’environnement afin de favoriser les auxiliaires (prédateurs ou parasites de ravageurs) ou alors de défavoriser les prédateurs des cultures. Cette lutte biologique est utilisée sur le long terme, permettant de reconstruire un agroécosystème qui se régule de manière autonome. Il y a alors deux approches possibles de régulation face aux ravageurs : une approche descendante (top down) effectuée par les auxiliaires et une approche ascendante (bottom up) effectuée par la plante. Dans le premier cas, il est donc important de veiller à la survie, la longévité et la fécondité des auxiliaires. Pour cela, différentes infrastructures agroécologiques existent, comme les haies, les bandes fleuries, ou les bandes enherbées qui servent de refuge aux auxiliaires et leur donne accès à la nourriture. Dans l’autre cas, il est nécessaire d’avoir une plante plus vigoureuse et robuste qui sera difficile à coloniser. Pour cela, on peut jouer sur la variabilité des espèces dans le temps et l’espace afin de limiter les attaques. Il est aussi important de limiter les apports de produits phytosanitaires qui peuvent perturber les auxiliaires.

 

  • Les difficultés et verrous

Chaque technique possède son lot de difficultés, car elles sont toutes différentes en fonction de l’environnement, du sol, des conditions climatiques, des animaux, des semences… Chaque paramètre est à prendre en compte pour l’agriculteur, en fonction des objectifs qu’il souhaite atteindre. Par exemple, pour l’association de cultures, il faut bien choisir son association en fonction des dates de semence et de récolte, mais aussi pour quelle finalité (destiné à alimenter le bétail ou vendu séparément ?). Dans ce cas, un tri s’imposera et la réflexion en amont de la culture est très importante pour effectuer ce tri en fonction du poids ou de la taille du grain. Même chose en agroforesterie, mais cette fois-ci cela concerne les fruits : les arbres fruitiers produisent le plus vers les 18 ans, il faut stopper le pâturage 2 -3 semaines avant la chute des fruits pour éviter les contaminations. Ou alors cela concerne le fourrage avec l’utilisation de l’herbe en fonction des animaux. Enfin, un des plus grands verrous de l’agroécologie est que le système agricole actuel n’est pas adapté à sa mise en place, car il est optimisé pour l’agriculture conventionnelle. Une réflexion est donc nécessaire sur le développement de ce système plus durable.

 

  • Similitudes avec d’autres méthodes de culture

L’agriculture biologique 

L’agroécologie dans son concept utilise les principes de l’agriculture biologique, car elle vise à préserver l’environnement, elle est autonome, et cherche à valoriser les ressources locales (humaines et naturelles).

Cependant, la certification bio est fonction des méthodes du producteur. En effet, celui-ci peut très bien adapter les techniques d’association de culture agroécologique aux méthodes de culture conventionnelle (utilisation de traitements phytochimiques), par conséquent la récolte ne sera pas certifiée bio.

 

La permaculture

L’agroécologie se concentre sur les interrelations ayant lieu sur l’espace de culture, tandis que la permaculture englobe les interrelations entre l’espace de culture, le lieu de vie et les êtres humains. En définissant plusieurs zones (principe du zoning), selon la fonction et la spécialité des emplacements, la permaculture va au-delà de l’agroécologie en prenant en compte tous les éléments présents sur le site : des différentes cultures aux installations humaines, durables et résilientes. La permaculture est par conséquent plus complexe que l’agroécologie, car les connaissances ne se cantonnent pas exclusivement à l’agronomie mais à tous les domaines (climat, énergies, bâtiments, sociologie, géomorphologie…).

 

L’hydroponie, la bioponie, l’aquaponie et l’aéroponie

Hydroponie, bioponie, aquaponie, aéroponie, aussi appelées « cultures hors-sol », se développent de plus en plus aujourd’hui. Il existe différentes méthodes en fonction des milieux de croissance et des objectifs souhaités par le producteur. Par exemple, la culture hydroponique et bioponique consistent à cultiver des plantes dans de l’eau. Les végétaux peuvent être placés directement dans l’eau ou alors dans un substrat qui fait office de support (gravier, fibre de coco, billes d’argile). Cependant, quant à l’utilisation de solutions nutritives, une différence est à noter entre l’hydroponie et la bioponie. La première utilise des engrais liquides (riches en azote, phosphore et potassium), ayant un impact négatif sur l’environnement car ils proviennent de ressources minières. Par conséquent, les productions hydroponiques ne sont pas certifiées Bio. En revanche, les fertilisants utilisés en bioponie sont d’origine organiques et biologiques (déchets d’animaux, purins de végétaux, thé de lombric). En outre, ils contiennent des microorganismes (bactéries, champignons) qui contribuent aux bonnes conditions de culture. Les productions bioponiques peuvent donc être certifiées Bio.

En ce qui concerne l’aquaponie, elle forme un écosystème en associant l’aquaculture (élevage de poissons ou autres organismes aquatiques) à l’hydroponie. En effet, l’eau circule de manière fermée faisant un lien entre les différents systèmes. L’eau d’aquarium riche en éléments nutritifs (déjections transformées par les microorganismes) est acheminée jusqu’aux plantes, les nutriments nécessaires y sont filtrés, puis l’eau purifiée retourne à l’aquarium.

Enfin, l’aéroponie est une technique dérivant de l’hydroponie, elle consiste à saturer l’atmosphère des racines en humidité par brumisation de la solution nutritive. Cette méthode cherche à maximiser l’apport en oxygène pour améliorer le prélèvement de l’eau et des nutriments afin d’assurer une meilleure croissance.

Ces différentes techniques ne s’inscrivent pas à proprement parler dans la démarche de l’agroécologie puisque qu’elles se concentrent sur la production hors-sol et ne prennent pas en compte la symbiose des plantes. Cependant, ce type de culture s’approche de l’agroécologie par son respect environnemental : diminution de la consommation d’eau et d’apport en intrants, utilisation d’engrais organique et création d’un écosystème.

 

  • Conclusion

En vue de l’évolution actuelle de la population, mais aussi de l’impact anthropologique sur la biodiversité, l’agroécologie est une approche de plus en plus viable. Considérée comme un tout, elle concilie protection de l’environnement, valeurs humaines, tradition, partage et durabilité. De nombreux acteurs entrent en jeu pour développer les systèmes de demain, car pour le moment, plusieurs techniques existent mais elles ne sont pas optimisées et transposables pour tous les types de culture. En effet, il faut adapter les techniques aux cultures, à l’environnement, aux objectifs de l’agriculteur et au savoir-faire. Il y a donc une multitude de difficultés à surmonter, car le système actuel n’est pas en faveur de l’agroécologie mais plus en faveur de l’agriculture conventionnelle. Cependant, cette dernière arrive à son point culminant et n’est pas considérée comme durable. Il est donc important d’entamer une réflexion plus approfondie sur le sujet pour restaurer un système agricole efficace et conciliant avec la nature.

 

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Actualité

Changement climatique, pollution, agriculture intensive, pesticides… Voici les principaux facteurs auxquels les pollinisateurs sont actuellement confrontés, les menaçant dangereusement d’extinction. Il faut savoir que les pollinisateurs, tels que les abeilles, les bourdons, les papillons, les coléoptères, ou encore les oiseaux et les chauves-souris, jouent un rôle important dans la fertilisation des plantes. En quête de nectar, les pollinisateurs effectuent de nombreux voyages entre les fleurs, permettant le transport du pollen. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), plus de 75 % des récoltes alimentaires mondiale dépendent de la pollinisation. Par exemple, l’extinction des pollinisateurs aurait pour conséquence la fin de la culture du café, du cacao, de pommes, d’amandes ou de tomates. On estime une forte baisse de la diversité alimentaire si aucun effort n’est mis en œuvre pour la protection des abeilles.

Durant les dernières décennies, la diversité et le nombre de pollinisateurs ont grandement diminué. Une des principales causes parmi d’autres : l’activité humaine, avec l’utilisation massive de produits phytosanitaires, dont les insecticides en agriculture intensive. Mais il y a aussi les maladies et les prédateurs, avec la recrudescence du frelon asiatique (Vespa velutina), la faible disponibilité de la nourriture (jardins nus ou pauvres en fleurs, tontes régulières du gazon), ou encore le changement climatique qui perturbe les saisons et les périodes de floraison.

Les pratiques agricoles durables, comme l’agroécologie, qui n’utilisent pas de pesticides et favorisent les interactions écosystémiques, sont mises en avant pour aider à la sauvegarde des pollinisateurs. En parallèle, en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, la FAO a développé un Code international de conduite pour la gestion des pesticides visant à cadrer et limiter l’utilisation des pesticides.

Sources :

http://www.fao.org/news/story/fr/item/1132359/icode/

http://www.efsa.europa.eu/en/topics/topic/bee-health

 

Que sont les projets alimentaires territoriaux ?

Les projets alimentaires territoriaux (PAT) sont des projets alimentaires « élaborés de manière concertée avec l’ensemble des acteurs d’un territoire et répondant à l’objectif de structuration de l’économie agricole et de mise en œuvre d’un système alimentaire territorial. Ils participent à la consolidation de filières territorialisées et au développement de la consommation de produits issus de circuits courts, en particulier relevant de la production biologique »*.

On distingue six domaines pouvant être intégrés dans une politique alimentaire territoriale : l’économie alimentaire, la nutrition-santé, l’accessibilité sociale, la culture et l’identité gastronomique, l’environnement, l’urbanisme et l’aménagement. Mais les principaux champs sont l’économie (production agricole et filières alimentaires locales), l’environnement (réduction de l’impact environnemental alimentaire, de la production à la consommation) et le social (accessibilité, aides, éducation alimentaire).

Peuvent participer à un projet : les agriculteurs et producteurs, les collectivités territoriales, services de l’État, banques, les organismes de développement et de recherche, les entreprises et coopératives de distribution et de commercialisation, les acteurs de l’économie sociale et solidaire (Associations, coopératives) et les industries agroalimentaires.

Les projets peuvent êtres autofinancés ou subventionnés à l’aide de fond publique (FEADER, FEDER, FSE, FEAMP, PNNS, PNA …) ou de fonds privé.

* Loi n° 2014-1170 du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, article 39, disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2014/10/13/AGRX1324417L/jo#JORFARTI000029573485 (consulté le 09/05/2018)

Sources :

http://rnpat.fr/wp-content/uploads/2018/03/rnpat11-finpatrapport-2018.pdf

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/1411_al_projalimterr_cle0d96a5_0.pdf

bibliographie

Newsletter n°7 – Quelle alimentation dans les villes de demain ?

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Quelle alimentation dans les villes de demain?

Alors que la planète est aujourd’hui plus urbaine que rurale, on estime qu’à l’horizon 2050 environ 70% de la population mondiale résidera en ville. Cette urbanisation croissante a des répercussions sur nos systèmes alimentaires. Afin de continuer à nourrir la population et d’assurer la durabilité de notre système, des politiques alternatives émergent, portées par les collectivités locales urbaines (Brand et al, 2017). Dans le cadre des Journées Francophones de Nutrition 2016, le socio-économiste Nicolas Bricas (CIRAD) a souligné que si les villes sont sources de problèmes, elles sont aussi sources de solutions, et contribuent à l’évolution de notre modèle alimentaire.

  • Évolution démographique et urbanisation

La révolution agricole des 19 et 20èmes siècles a permis aux pays développés d’accéder à un certain niveau d’urbanisation. Grâce à l’augmentation de la productivité et des rendements agricoles, il a dès lors été possible de nourrir une population qui ne cultivait plus. Un agriculture américain est à présent capable de nourrir 142 personnes, contre moins de 5 personnes pour un agriculteur asiatique. Avec une extraordinaire efficacité, nos systèmes de production agricole permettent aujourd’hui de dégager suffisamment d’excédents alimentaires, aussi bien pour les populations rurales qu’urbaines. Néanmoins, cette urbanisation n’est pas sans poser de problèmes puisque les villes doivent aujourd’hui faire face à un certain nombre de difficultés. Par ailleurs, on observe une urbanisation massive dans les pays en voie de développement, à la fois rapide et récente. Malheureusement, ces villes s’urbanisent 2 à 3 fois plus vite que dans les pays développés, avec des infrastructures et des budgets 100 fois moindres. Il devient donc essentiel de les accompagner.

  • Défis et enjeux alimentaires de demain

Enjeux environnementaux

Notre urbanisation a été rendue possible grâce à l’utilisation d’énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole, ou par l’utilisation d’engrais industriels avec la découverte des mines de phosphates et du procédé d’Haber- Bosch, permettant la fixation de l’azote atmosphérique. Bien que l’utilisation de ressources non renouvelables nous ait permis d’augmenter considérablement nos rendements agricoles, une profonde empreinte environnementale est aujourd’hui observée. On constate d’ores et déjà un épuisement rapide de nos ressources, et nous ne bouclons plus les cycles biogéochimiques (Brand et al, 2017). Au-delà de la surconsommation des ressources minières, l’urbanisation aboutit à la surexploitation des ressources halieutiques et à la perte de la biodiversité. Elle engendre aussi l’épuisement des ressources en eau potable, et la saturation de l’environnement en polluants. Les villes sont ainsi responsables de 70% des émissions totales de gaz à effet de serre, alors qu’elles n’occupent que 2% de la superficie terrestre. Le système alimentaire représente quant à lui entre 19 et 29% des émissions (Vermeulen et al, 2012). Il faut ajouter à cela l’acidification des sols et des océans, ainsi que les pollutions azotées ou chimiques, tels que les pesticides. En revanche, on constate que les sous-produits urbains sont peu recyclés, et le phosphore peu valorisé. Alors que le changement climatique est un enjeu crucial du 21ème siècle, revoir nos modes de production semble donc inévitable, avec un réel défi énergétique (Brand et al, 2017).

Enjeux nutritionnels et de santé

Notre système de production est aussi responsable d’un certain nombre de pathologies nutritionnelles telles que le surpoids ou l’obésité, liées à la surconsommation de produits gras, sucrés et salés, et à une moindre dépense énergétique. Néanmoins, la montée du surpoids continue de coexister avec des situations d’insuffisance pondérale et de carences en micronutriments. Cela complique la mise en place de politiques, devant gérer à la fois des situations de déficits et d’excès, avec de plus en plus d’inégalités. Des différences existent parfois même au sein d’une famille, ou même d’un individu obèse mais présentant des carences en certains micronutriments (Brand et al, 2017). L’insécurité sanitaire est l’un des problèmes majeurs de l’urbanisation, en particulier dans les pays en développement rapide ayant de faibles revenus.

Enjeux sociaux

Ensuite, il est intéressant de s’interroger sur les conséquences de la globalisation des échanges sur l’uniformatisation de l’alimentation. Ainsi, au fur et à mesure de leur développement, tous les pays convergent vers un même modèle de consommation où la part des glucides diminue, alors que la part des lipides et des produits animaux augmente. Le professeur Barry Popkin a été le premier à décrire cette transition nutritionnelle (Popkin, 1993). Néanmoins, au-delà de cette convergence règne une très grande diversité de situations, où chaque société a sa propre façon de manger et de cuisiner. L’aspect culturel joue un rôle important dans les changements alimentaires, tout comme l’aspect économique. Malgré une forte augmentation du pouvoir d’achat en Inde, on constate ainsi que la consommation de viande n’a que peu augmenté, voire a diminué dans les hautes classes sociales. On se rend compte qu’il n’existe aucune uniformisation à l’échelle planétaire, que ce soit pour la consommation de produits de base, l’innovation culinaire, ou l’organisation de l’alimentation.

D’autre part, les villes rassemblent de grandes poches de pauvreté, sources de tensions sociales et de fortes préoccupations politiques. Certaines populations urbaines vulnérables font face à la flambée des prix sur les marchés internationaux et sont confrontées à une crise de l’emploi, en particulier chez les jeunes. Combler les besoins nutritif et fournir suffisamment d’emplois est un véritable challenge pour les systèmes de production alimentaire. Bien que l’agroalimentaire soit le principal secteur de création d’emploi, ce secteur s’industrialise rapidement. Les inégalités, le développement de déserts alimentaires ou de marchés spécialisés dédiés aux pauvres sont autant d’éléments d’inquiétude. Si le consommateur perd confiance aujourd’hui dans son alimentation, c’est avant tout parce qu’il s’en sent distancé de différentes façon : on parle alors de distanciation multiforme.

  1. Distanciation géographique : devenues trop importantes, les villes ne sont plus capables de se nourrir localement aujourd’hui. Au-delà d’une alimentation locale, elles ont recours à des agricultures plus lointaines, en partie grâce à la baisse des coûts de transport.
  2. Distanciation économique : le consommateur voit apparaitre un nombre considérable d’intermédiaires entre le producteur et lui, associé à un manque d’information sur la transformation du produit, et à ce qui se passe au sein des industries.
  3. Distanciation cognitive : la population devenant majoritairement urbaine, les médias et la science représentent les seuls supports d’informations pour la connaissance du monde agricole, en particulier auprès du jeune public.
  4. Distanciation politique : le consommateur éprouve le sentiment de ne plus maitriser son système alimentaire, dans les mains de grandes entreprises (Brand et al, 2017).

En définitive, le consommateur est perdu dans un contexte où l’on pousse chacun à adopter une alimentation individuelle, et à se responsabiliser au maximum. Il doit apprendre à reconnaitre ce qui est bon pour lui, en fonction de son âge ou de son activité physique, et se doit d’être bien informé des problèmes nutritionnels et environnementaux. Il se retrouve ainsi entouré de nombreuses informations, aux discours parfois divergents. Claude Fischler, sociologue de l’alimentation, parle de gastro-anomie. À l’heure de l’ère numérique, les consommateurs se retrouvent submergés par un nombre incalculable d’informations autour de leur alimentation, ne faisant qu’accroitre leur confusion. On parle aussi de « cacophonie alimentaire ». (Berrier, 2013-2014). Cela se traduit par des consommateurs perdus, faisant appel à un certain nombre de prescripteurs, en particulier sur internet, avec une perte de confiance envers les scientifiques. Sur les réseaux sociaux, des bulles cognitives font leur apparition, où le nombre de « likes » sous-entend que l’information devient vérité.

On voit par ailleurs apparaitre une tendance à l’oligopolisation. Quelques sociétés leaders contrôlent la majorité des marchés, tels que celui des semences, des engrais ou des pesticides (Rastoin, 2009). Ces grands groupes possèdent des moyens de recherche ou de publicité importants, et ont un poids considérable pour orienter divers débats internationaux. Vis-à-vis d’un nombre inestimable de petites entreprises, leur influence est disproportionnée.

Vers quoi le consommateur se tourne-t-il ?

Tout ceci explique l’anxiété croissance des consommateurs vis-à-vis de leurs systèmes alimentaires, malgré une amélioration de notre alimentation, en termes de qualité sanitaire et gustative. Cette crise de confiance généralisée s’accompagne d’hyper-réactions, parfois peu raisonnables. Les consommateurs souhaitent reprendre le contrôle de leur alimentation (Bricas et al, 2013). Ils sont à la recherche de nouvelles proximités, avec un engouement pour les jardins partagés, l’autoproduction, et la relocalisation de leur alimentation (Brand et al, 2017).

  • Les villes sources de solutions

L’objectif et l’enjeu majeur des grandes agglomérations est de permettre l’accès à une alimentation durable, saine et en quantité suffisante. En réaction aux problèmes évoqués, les villes génèrent des solutions et tentent de construire de nouvelles politiques alimentaires, en disposant d’un certain nombre de leviers. La préservation du foncier agricole, l’utilisation de produits locaux en restauration collective, ou l’urbanisme commercial en sont des exemples (Brand et al, 2017). Il faut réinventer nos systèmes de productions agricoles, tout comme il est nécessaire de modifier nos systèmes de consommation. Au-delà d’éduquer et de sensibiliser les consommateurs, améliorer notre environnement est primordial pour faciliter les changements de comportements alimentaires. Il faut reconfigurer les villes et limiter les déserts alimentaires. Il faut également faire évoluer les normes sociales et réinventer les relations entre les zones rurales et urbaines. Afin de garantir un approvisionnement alimentaire de qualité, il est nécessaire d’accompagner les agriculteurs, tout comme il est important de promouvoir le développement rural, et le maintien des jeunes dans ces milieux. De nouvelles formes de gouvernances plus participatives sont aussi à améliorer. Des associations apparaissent progressivement, qu’il faut prendre en compte, écouter, et accompagner. Des coopérations entre associations et institutions publiques se mettent en place, et des conseils politiques alimentaires élaborent des recommandations pour l’ensemble des populations.

  • Conclusion

Les systèmes qui ont permis à nos populations d’évoluer et de s’urbaniser rapidement sont aujourd’hui dépassés. Trouver de nouvelles solutions pour couvrir l’ensemble des besoins à venir est par conséquent devenu urgent. Bien qu’elles concentrent de nombreux problèmes, les villes génèrent aussi des solutions. Elles représentent un espace d’échanges, ainsi qu’un concentré de populations et de ressources. Par leurs actions, les villes deviennent un véritable acteur politique à part entière. Certaines d’entre elles se sont réunies en octobre 2015 dans le cadre de l’exposition universelle de Milan. Cela a permis d’aboutir à un pacte international « Milan Urban Food Policy Pact », en faveur d’une alimentation plus durable, et de politiques alimentaires plus adaptées.

Ce qu’il faut retenir?

Dans une démarche prospective, Nicolas Bricas nous invite à prendre conscience du monde qui nous entoure. Portés par l’industrie agroalimentaire, nos systèmes alimentaires ne sont aujourd’hui plus durables. Nous sommes confrontés à un certain nombre de limites, non seulement par l’utilisation de nos ressources, mais encore par l’émergence d’inégalités, de distanciations, ou de nouvelles pathologies nutritionnelles. Bien qu’il soit difficile d’imaginer les évolutions à venir, de nouvelles politiques alimentaires urbaines, plus participatives, voient le jour. Par leurs initiatives, les villes deviennent ainsi de plus en plus puissantes.

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Actualité

  • Limiter le gaspillage alimentaire à la maison

Alors que la population devrait atteindre 9 milliards d’individus en 2050, la famine est plus que jamais au cœur des débats de la FAO. Toutefois, près d’un tiers des aliments produits dans le monde est aujourd’hui gaspillé, avec 90 millions de tonnes de nourritures jetées chaque année par l’Union européenne. Des conséquences en termes de gaz à effet de serre, de consommation d’eau et de pollution des sols se font également percevoir, avec une profonde empreinte écologique.

Le gaspillage alimentaire provient de l’ensemble de la chaîne alimentaire et se fait à tous les niveaux, de la production à la distribution. On constate de ce fait que 40% de la nourriture des supermarchés européens est jetée. Ajuster nos modes de conservation ou d’emballage semble donc primordial pour réduire nos pertes alimentaires. Néanmoins, 60% des déchets alimentaires sont produits à la maison, entre autres par des portions excessives ou par des dépassements des dates limites de consommation. Ainsi, ce sont surtout les consommateurs finaux qui doivent faire évoluer leurs comportements d’achats et de gestion des stocks. Nous devons apprendre à limiter nos pertes en achetant seulement ce dont nous avons réellement besoin, et en ajustant davantage nos repas quotidiens.

Sources :

Barilla Center for Food & Nutrition. Who wastes the most ? https://www.barillacfn.com/en/magazine/food-and-sustainability/who-wastes-the-most-1/

Barilla Center for Food & Nutrition. The importance of education in preventing food waste. https://www.barillacfn.com/en/magazine/food-and-sustainability/the-importance-of-education-in-preventing-food-waste/

  • Mondialisation des systèmes alimentaires

La mondialisation des systèmes alimentaires favorise l’uniformisation des consommations et des pratiques culinaires, tout comme elle permet la diversification des cultures. C’est ce que révèle le Centre d’Études et de Prospective du ministère de l’Agriculture en mars 2017. Au terme d’une analyse, le CEP a révélé les conséquences que pouvait avoir la mondialisation sur nos systèmes alimentaires. Des défis mondiaux et des enjeux nutritionnels voient d’ores et déjà le jour. On s’aperçoit que le commerce international, dont nous somme de plus en plus dépendants, ne cesse de progresser puisqu’il a été multiplié par 7 en 50 ans. En outre, une multiplication des flux et une diversification des produits échangés est aussi constaté. De même, cette note prospective rapporte que l’innovation est au cœur de la mondialisation. Nos modes de consommation sont modifiés par l’accès à internet, la publicité, ou par l’utilisation d’algorithmes pouvant retracer nos navigations. Par ailleurs, il apparaît une prise de conscience planétaire d’enjeux tels que l’érosion de la biodiversité ou de l’épuisement des ressources naturelles. La mondialisation entraine cependant des risques systémiques comme la hausse des prix. Paradoxalement donc, des critiques et des contre-réactions à l’encontre de la mondialisation apparaissent, avec un enthousiasme accru pour les circuits de proximité de la part des consommateurs. La multiplication des acteurs en faveur de la question alimentaire, des institutions, des grandes firmes, des collectivités ou des métropoles, est également source de tensions. Enfin, cette analyse dénonce un multilatéralisme en crise, et une gouvernance de plus en plus fragilisée.

Source :

Centre d’Études et de Prospective. Analyse n°100. Mars 2017. http://agriculture.gouv.fr

bibliographie

  • Berrier Hélène. Alimentation 2.0. Mémoire de première année. Master Alimentation, parcours Sciences Sociales Appliquées à l’Alimentation. Toulouse : Université de Toulouse II – le Mirail, 2013-2014, 109 pages.
  • Brand C, Bricas N, Conaré D, Daviron B, Debru J, Michel L, Soulard CT. Construire des politiques alimentaires urbaines: concepts et démarches. Versailles: édition Quae (Update Sciences and Technologies), 158 pages. (Mars 2017).
  • Bricas Nicolas. Quelle alimentation dans les villes de demain? Présenté aux Journées Francophones de Nutrition, Montpellier, FRA (Décembre 2016).
  • Bricas N, Lamine C, Casabianca F. Agricultures et alimentations : des relations repenser ? Natures Sciences Société, volume 21, numéro 1, pages 66-70 (2013).
  • Esnouf C, Bricas N, avec les contributions de Champenois A et Russel M. De nouveaux enjeux pour les systèmes alimentaires. In : Esnouf C, et al., Pour une alimentation durable. Édition Quae (Matière à débattre et décider), pages 15 à 36. (2011).
  • Fischler Claude. Gastro-nomie et gastro-anomie. In : Communications, volume 31, numéro 1, pages 189-210. (1979). http://www.persee.fr/docAsPDF/comm_0588-8018_1979_num_31_1_1477.pdf
  • Popkin Barry Michael. Nutritional patterns and transitions. Population and Development Review, volume 19, numéro 1, pages 138-157. (1993).
  • Rastoin Jean-Louis. Éditorial, Prospective alimentaire. In : Économies et Sociétés, série Systèmes agroalimentaires, AG, numéro 31, pages 1723-1732. (2009).
  • Vermeulen SJ, Campbell BM, Ingram JS. Climate change and food systems. Annual Review of Environment and Resources, volume 37, pages 195-222. (2012)