Tout savoir sur la santé durable

Résultats scientifiques du programme des Arts de Faire Culinaires au Collège

Dans le cadre de son appel à projets de recherche de 2015, l’Institut Olga Triballat a soutenu le projet d’une équipe du Centre Européen des Produits de l’Enfant (IAE de l’université de Poitiers) : « Arts de Faire Culinaires au Collège ».

L’objectif de ce programme était de donner les clés d’une alimentation plus saine, raisonnée et autonome aux collégiens dans le but d’un changement de l’attitude des sujets à moyen et long terme.

Nous vous invitons à découvrir :
les principaux résultats de la recherche
le poster scientifique sélectionné au colloque « 14e journée du Marketing Agroalimentaire de l’AFM » du 20 septembre 2019

Une étude à la carte : conception de plats à partir d’images

Une étude Française s’est intéressée à la composition de plats, et a pour cela demandé aux 120 participants de concevoir des plats principaux à partir de 20 images. La particularité de cet exercice résidait dans le choix proposé : 4 groupes d’aliments étaient présentés (féculents, légumineuses, viande* et légumes), et les participants devaient composer un plat avec trois images, dont l’ordre était noté. En plus de cette contrainte, des consignes étaient données sur le contexte de la prise alimentaire parmi 6, avec : repas à la maison, repas au self à la cantine, repas gastronomique, repas économique, repas végétarien et enfin repas pour inviter les nouveaux voisins.

Les informations ont permis d’identifier que la viande était le premier produit alimentaire choisi, ce qui indique que la construction de repas par des consommateurs non-végétariens se fait autour de ce groupe de produits, présent dans 80 % des scénarios. Le choix le plus commun était l’association viande – féculents – légumes. Les profils des consommateurs ont aussi eu une importance, les hommes choisissant de la viande plus souvent, tout comme les personnes ayant plus de 40 ans. Les personnes ayant un niveau d’éducation plus haut ont eu tendance à choisir plus de légumineuses et moins de viande.

Les féculents et légumineuses étaient plus choisis dans le scénario avec un petit budget, les participants n’associant pourtant pas les deux très souvent, les légumineuses étant plus souvent associées avec la viande en général. Pour augmenter la consommation de légumineuses, une meilleure communication sur leurs bénéfices santé et leurs prix bas, avec des exemples d’associations avec les féculents et une adaptation au profil des consommateurs seraient sans doute bénéfiques.

 

* Le groupe viande regroupe la viande, la volaille, les poissons et les œufs.

 

Source :

Résidus de pesticides dans l’Union Européenne : quels sont les résultats du rapport de l’EFSA ?

Le 26 mai dernier, le rapport annuel de l’UE sur les résidus de pesticides (en anglais) a été publié. Les tests ont été menés en 2017 dans les pays membres de l’UE ainsi que l’Islande et la Norvège, sur des produits venant du monde entier. Sur les 84 627 échantillons analysés, 95.9 % étaient conformes à la législation, et 54.1 % des échantillons n’avaient pas de résidus quantifiables.

pesticidesSi ces chiffres ont piqué votre curiosité, l’EFSA a réalisé un outil de visualisation graphique des données, qui sont représentées sous formes de bulles. Les résultats sont disponibles par aliment et par pays. Par exemple pour les pommes de terre, 66.3 % des échantillons ont un taux de pesticides inférieur à la Limite de Quantification (LQ), 31.9 % ont un taux de pesticides entre LQ et la Limite Maximale de Résidus (LMR) et 1.8 % des échantillons ont un taux supérieur à la LMR.

Le rapport conclut que la probabilité qu’un citoyen de l’UE ait des effets négatifs sur sa santé à cause des pesticides est faible.

Sources :

  • EFSA (European Food Safety Authority), 2019. Scientic report on the 2017 European Union report on pesticide residues

 in food. EFSA Journal 2019;17(6):5743, 152 pp. https://doi.org/10.2903/j.efsa.2019.5743 

Le nudge revient au menu !

Dans une brève précédente, nous avions déjà parlé du nudge, ce fameux effet « coup de coude », visant à influencer le comportement d’une personne dans une certaine direction, pour son bien, sans qu’elle en soit activement consciente. Cette fois-ci, nous nous intéressons à son action dans le temps, à savoir l’efficacité du nudge en fonction du moment où il est réalisé.

Une étude américaine s’est concentrée sur cette question, avec comme nudge pour manger plus sain une image de panier de fruits et légumes. Des participantes ont reçu sur une feuille pliée en deux un des trois menus suivant : un menu avec le nudge sur la première page, un autre où le nudge était au milieu du menu – et donc aussi au milieu du choix des aliments, et un menu contrôle, sans nudge. A partir de leur menu, les participantes devaient indiquer ce qu’elles choisiraient en plat, boisson et dessert. Pour chaque catégorie, quatre options étaient proposées, deux saines et deux moins saines. En plus de ces paramètres, les chercheurs ont donné des questionnaires aux participantes, demandant par exemple la fréquence à laquelle elles faisaient des régimes, pour identifier les personnes qui se restreignent lors de la consommation alimentaire.

Les résultats ont montré que les participantes tendaient à faire des choix plus sains quand le nudge était placé en première page du menu, et que cette réponse était encore plus forte chez celles se restreignant. Pour expliquer la différence d’efficacité du nudge en fonction de son emplacement, les chercheurs émettent l’hypothèse que les personnes ont eu plus de temps pour analyser l’information, et qu’isoler le nudge sur la première page permettait de ne pas le noyer au milieu d’autres informations.

Ainsi, cette étude donne un outil de plus pour implémenter des nudges efficaces visant à la consommation de nourriture plus saine.

Source :

L’agriculture biologique, en chiffres et en images

Le ministère de l’agriculture et de l’alimentation a publié une infographie à partir des chiffres de l’Agence Bio de 2018.

Cette vue d’ensemble met en avant l’augmentation de 17% de la surface cultivée en agriculture biologique depuis 2017 et les 155 347 emplois directs liés au travail sur les 41 600 exploitations engagées. Le secteur des bovins représente 20 % des fermes en bio, suivi de près par la viticulture avec 18 %.

La France est le second marché européen pour la bio, où 69 % des produits consommés proviennent de l’hexagone. Cette part représente jusqu’à 99% pour les œufs, la viande, les vins et l’alcool.

Agriculture.gouv_infographie_agriculturebiologique

Source :

 

Et si un régime durable propre à chaque pays pouvait être estimé par un algorithme ?

C’est le défi que se sont lancé Abhishek Chaudhary et Vaibhav Krishna, pour 152 pays.

Pour créer un régime, une base de données a été choisie comportant 221 produits alimentaires, complétée avec leurs 29 macronutriments et micronutriments. Lors de l’analyse, des contraintes ont été appliquées, telles que des limites d’apport minimal et maximal pour certains produits alimentaires, ainsi qu’un apport journalier en calories compris entre 2300 et 3200 kcal. Concernant l’environnement, 5 paramètres ont été choisis, à savoir les émissions de carbone, l’eau et le territoire utilisé, et les besoins en azote et en phosphore relatifs à la production des produits alimentaires. L’acceptabilité du régime a été paramétrée pour respecter une certaine diversité dans les produits consommés, rester raisonnablement proche des régimes habituels, ne pas ajouter des aliments dans des régimes où ils sont habituellement interdits ou absents, et maintenir les consommations d’alcool, d’épices, de café et de thé aux mêmes niveaux.

Les recommandations générales générées par l’algorithme poussent à une diminution des apports en viande, en produits laitiers, en riz et en sucre, alors qu’elles encouragent la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses, de graines et noix. Ce régime est proche de celui suivi en Iran, en Turquie et en Israël, qui ont donc peu de changements à faire. Le régime pousse parfois à faire des compromis : par exemple il est recommandé fortement à certains pays d’augmenter leur consommation de fruits et légumes, ce qui augmente l’empreinte écologique. La mise en place de ces recommandations conduirait théoriquement à la diminution de 32 % des émissions de gaz à effets de serre. Il est intéressant de noter que les défis nutritionnels se situent autour de l’apport en fibres, en vitamine B12, vitamine E et acides gras saturés, alors que les défis d’ordres environnementaux sont liés à l’azote et au carbone.

La discussion se veut prudente, car certains biais n’ont pu être écartés, néanmoins la conclusion met en valeur qu’une optimisation non-linéaire permet de prendre en compte de nombreux facteurs pour construire des régimes plus durables, et que cela représente un champ de recherche à explorer.

 

Source :