Tout savoir sur la santé durable

Que prévoit le plan de relance pour le secteur agroalimentaire et l’environnement ?

Le plan baptisé « France relance », doté de 100 milliards d’euros, est financé à 40% par l’Union européenne. Le Plan de relance se place autour de 3 volets : l’écologie, l’économie circulaire et circuits courts, et la transition écologique. Le volet dédié à la transition écologique représente 30 milliards d’euros et vise plusieurs secteurs dont celui de l’agriculture. Ce plan a pour but d’accompagner la transition écologique vers une économie plus verte et durable et de permettre aux entreprises des conditions favorables pour se développer. Selon Barbara Pompili, le plan de relance est un pas de géant pour la transition écologique et va permettre de basculer dans l’économie de demain, sans carbone, et économe en ressources. 

Le volet écologie est basé sur une décarbonation de l’industrie, une transition écologique et une rénovation énergétique des entreprises. Pour l’économie circulaire et les circuits courts, le focus est sur l’investissement dans le réemploi et le recyclage. Le but est de permettre une réduction de l’utilisation du plastique et de favoriser l’usage de plastique recyclé. Enfin, pour le volet de la transition agricole, le but est d’accélérer la transition vers une alimentation saine, sûre, locale et durable.  

L’exécutif accorde 1,2 milliard d’euros pour le secteur agricole avec : 400 millions pour accélérer la transition agroécologique, 250 millions pour la modernisation de la filière animale, la sécurité alimentaire et le bien-être animal, 100 millions pour mettre en œuvre une stratégie nationale sur les protéines végétales, 250 millions pour la modernisation des équipements agricoles et 200 millions pour aider la forêt à s’adapter aux changements climatiques. De plus, 250 millions vont être versés pour la biodiversité dans les territoires dont 135 millions pour la restauration écologique, 60 millions pour les aires protégées, 40 millions pour la protection du littoral, 15 millions pour le renforcement des barrages et 50 millions pour le renforcement parasismique des bâtiments aux Antilles. Avec également 300 millions consacrés aux réseaux d’eau et à la modernisation des stations d’épurations. Pour le volet de l’économie circulaire, 226 millions sont accordés pour accompagner la réduction de l’utilisation du plastique et son recyclage et 274 millions pour moderniser les centres de tri et de recyclage des déchets.  

Ainsi, les dépenses prévues dans le plan de relance sont une bonne nouvelle pour le climat. Mais pour les associations, ce plan pose quelques problèmes car les investissements sont bridés par une limitation à deux ans d’aides pour la transition, une suite de financement incompatibles avec la transition et une absence de conditionnalité écologique des aides. 

Sources : https://www.agro-media.fr/actualite/agroalimentaire-ce-que-prevoit-le-plan-de-relance-pour-les-industries-et-filieres-43854.html  

https://www.actu-environnement.com/ae/news/plan-relance-environnement-transition-ecologique-contenu-36030.php4 

La Commission élève son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030

Une promesse a été faite aux Européens : faire de l’Europe le premier continent neutre sur le plan climatique d’ici 2050. Ainsi, la Commission a élevé son niveau d’ambition climatique et propose une réduction de 55% des émissions d’ici à 2030 en tant qu’étape vers la neutralité climatique en 2050. Cet objectif repose sur une analyse d’impact complète des incidences sociales, économiques et environnementales et des actions devront être menées dans tous les secteurs. 

Pour mettre en œuvre cet objectif, les propositions de lois devront être présentées d’ici juin 2021. Il faudra réviser et étendre le règlement sur la répartition et les échanges d’émissions, adapter le règlement sur l’utilisation des sols, renforcer les politiques d’efficacité énergétique et les normes en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules routiers. 

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut également investir dans une économie circulaire efficace dans l’utilisation des ressources, en promouvant des technologies propres et en créant des emplois verts. La réalisation de cet objectif va contribuer à orienter la relance économique de l’Europe et stimulera les investissements dans une économie efficace des ressources et encourageant les technologies vertes. 

La Commission a également adopté une évaluation des plans nationaux des Etats membres en matière d’énergie et de climat pour la période 2020-2031. Car l’évaluation de la Commission montre que l’UE peut dépasser son objectif actuel de réduction des émissions d’au moins 40% d’ici 2030. Ainsi, pour atteindre le nouvel objectif de 55%, l’UE va devoir accroitre son efficacité énergétique et sa part d’énergie renouvelable. 

Source : https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/ip_20_1599 

 

Lancement d’un Conseil d’experts de haut niveau “ One Health ” : une étape essentielle dans la prévention des épidémies mondiales

Durant le Forum de la Paix de Paris 2020, a été annoncée la création d’un Conseil d’experts de haut niveau «  One Health  » (santé globale). Ce Conseil va constituer un élan dans la prévention et la gestion des futures épidémies mondiales.Dans cet article, Thierry Lefrançois, expert des approches intégrées et des réseaux de santé au CIRAD, apporte quelques précisions sur les missions de ce Conseil.  

L’enjeu de ce Conseilest de permettre de mieux détecter, prévenir etcontrôler les futures épidémies à toutes les échelles. Pour cela, tous les experts attachés aux domaines de la santé et de l’environnement devront travailler ensemble pour anticiperet agir avec rapidité et efficacité.  

Le Conseil devra alors fournir des recommandations prenant en compte les contraintes et les caractéristiques des différents secteurs de la santé. Par la suite, les états et institutions, en s’appuyant sur les recommandations du Conseil, devront mettre en place des procédures pour limiter les émergences.Le Conseil d’experts devra également soutenir, mais aussi aider à orienter les politiques de santé nationales, régionales et internationales, en rassemblant l’ensemble des acteurs impliqués dans la compréhension et la gestion des émergences en santé comme : l’OMS, l’OIE, la FAO, le PNUE ainsi que les États, afin que la démarche soit véritablement opérationnelle.  

Plusieurs réseaux régionaux, créés par le Cirad en appliquant le concept “ One  Health ”, ont déjà fait leurs preuves pour aider à limiter l’entrée de maladies animales sur des territoires ou les contrôler. C’est le cas des actions menées par deux réseaux coordonnés par le Cirad depuis deux départements d’outre-mer français : le réseau CaribVET et le réseau One Health Océan Indien. Deux autres dispositifs de recherche et de formation en partenariats contribuent aux approches intégrées de la santé à un niveau régional : les dPGrease en Asie du Sud Est et le dP RP-PCP en Afrique Australe. En France, la plateforme nationale d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) regroupe les acteurs publics et privés au service de la surveillance épidémiologique du territoire national.   

Ces exemples illustrent bien le potentiel d’amélioration de la gestion des émergences par la mise en œuvre du concept  » One Health «  et d’approches à toutes les échelles et prenant en compte tous les acteurs concernés. Le Conseil d’experts de haut niveau  » One  Health «  place ses ambitions au niveau international, tout en conservant et renforçant les structures régionales et nationales. Les recommandations qu’il fournira devront être complétées par des actions de recherche et de développement dans l’ensemble des zones géographiques confrontées aux émergences.  

 Source : https://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/articles/2020/questions-a/thierry-lefrancois-conseil-d-experts-de-haut-niveau-une-seule-sante-one-health#:~:text=La%20cr%C3%A9ation%20d’un%20Conseil,gestion%20des%20futures%20%C3%A9pid%C3%A9mies%20mondiales

OMS:  Organisation mondiale de la santé 

OIE:  Organisation mondiale pour la santé animale 

FAO: Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et la santé 

PNUE: Programme des Nations unies pour l’environnement  

Manger moins de viande rouge est recommandé pour notre santé : mais par quoi les remplacer ?

Les nouvelles recommandations nutritionnelles recommandent de diminuer notre consommation de viande rouge. Mais le débat n’est pas fini, car les études d’où découlent ces recommandations ne prennent pas toujours en compte les facteurs confondants et ignorent les particularités des aliments que l’on peut consommer pour remplacer la viande rouge. 

Une étude prospective de cohorte a été réalisée par des chercheurs américains. Une analyse régulière du régime alimentaire et du style de vie de 43 000 participants a été effectuée. L’objectif de cette étude était de vérifier l’association entre la consommation de viande rouge et le risque de pathologie vasculaire. Et aussi d’estimer l’effet de la substitution de la viande rouge par des alternatives protéiques sur le risque de coronaropathie.

Les données confirment que la consommation de viande rouge, est associée à une augmentation de 12 % du risque de coronaropathie par ration supplémentaire quotidienne de viandePar contre, la substitution par des protéines végétales de qualité, des céréales complètes et des produits laitiers, s’accompagne d’une réduction du risque, particulièrement chez les personnes de plus de 65 ans.

Les auteurs remarquent que ces résultats apparaissent sur le long cours, avec des consommations régulières. Ils sont sans doute en lien avec les graisses saturées et le cholestérol contenus en quantité dans la viande rouge et avec l’augmentation des taux du LDL-cholestérol associé à sa consommation. Alors qu’en consommant d’autres sources de protéines tel que les légumes, fruits à coques et le soja, il y aurait un effet bénéfique sur le LDL-cholestérol.

Ces données confirment que le  remplacement de la viande rouge par des aliments végétaux de haute qualité tels que les légumineuses, les noix ou le soja pourrait réduire le risque de maladie coronarienne. Le remplacement de la viande rouge par des grains entiers, des produits laitiers et des œufs pourrait également réduire ce risque. 

Sources: Al-Shaar L et coll. : Red meat intake and risk of coronary heart disease among US men: prospective cohort study. BMJ 2020;371:m4141. doi.org/10.1136/bmj.m4141 

La clé pour un régime plus sain et durable : consommer plus d’aliments mieux transformés ?

Selon les nutritionnistes, de nos jours, il y a de plus en plus de possibilité pour les industries alimentaires de s’attaquer aux problèmes de santé publique et environnementaux grâce à une transformation intelligente des aliments.  

Certains consommateurs se tiennent à l’écart des produits transformés pensant qu’il s’agit systématiquement de produits « non naturels », mais les aliments transformés ne sont pas nécessairement mauvais pour la santé. Les consommateurs se dirigent plus vers des produits « clean labelled »* mais cette aversion irrationnelle pour les aliments « non-naturels » peut mener le consommateur à faire des choix moins sains pour leur santé ou l’environnement. Selon le professeur Julian MacClement de l’université du Massachussetts, « ce n’est pas parce que beaucoup d’aliments transformés disponibles de nos jours sont malsains quand ils sont trop souvent consommés, que tous les aliments transformés sont indésirables et malsains. Il est possible de produire des aliments transformés plus sains si on applique des procédés scientifiques et technologiques adéquates » Ainsi, pour pallier à la présence de produits « non-naturel » dans les aliments transformés, les industries procèdent à des reformulations intelligentes tendant à substituer ou supprimer un ingrédient non-naturel, tout cela dans l’objectif de rendre le produit plus accepté par le consommateur, plus sain et soucieux de l’environnement. 

*produits qui contiennent peu ou pas d’ingrédients « non-naturels » ou d’additifs 

Sources : 

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/nbu.12455 

https://www.foodnavigator.com/Article/2020/09/09/The-key-to-healthy-and-sustainable-diets-more-processed-foods 

Un risque de diabète moindre chez les grands consommateurs de produits bio

Une nouvelle étude menée sur la cohorte Nutrinet-Santé a mis en évidence un risque de diabète de type 2 plus faible de 35% chez les consommateurs réguliers de produits issus de l’agriculture biologique.  

Publication après publication, les bénéfices sanitaires liés à la consommation de produits issus de l’agriculture bio sont de plus en plus suggérés.  Une équipe franco-américaine estime dans son étude portant sur la cohorte Nutrinet-Santé, publiée le 9 novembre 2020, qules plus gros consommateurs d’aliments labélisés “AB” ont un risque de diabète de type 2 réduit de plus d’un tiers (35%) par rapport aux consommateurs occasionnels. Ceci est une première pour une étude prospective. 

 L’hypothèse la plus plausible jugée par les auteurs sont que les produits bio ne contiennent pas de résidus de pesticides de synthèse, comparés à l’alimentation conventionnelle. D’autres études publiées dans la revue Nutrients montrent des résultats allant dans le même sens : risque de diabète plus faible de 20% chez les consommateurs de produits BIO). La relation observée sur les participants de la cohorte NutriNet est plus forte, chaque augmentation de % de produits bio dans l’alimentation totale consommée est associée à une diminution de 3 % du risque de diabète. L’association est plus significative pour les femmes, avec un risque de diabète plus faible de 65% chez les plus grandes consommatrices de produits bio. Cette relation dépendante du sexe pourrait être un effet de perturbateurs endocriniens résiduels de certains pesticides qui persistent dans les végétaux conventionnels, pour lesquels les effets différenciés en fonction du sexe sont bien documentés. 

 

Source: https://ijbnpa.biomedcentral.com/articles/10.1186/s12966-020-01038-y 

Consommer durable : Quelles sont les attentes des consommateurs ?

De plus en plus, les consommateurs accordent de l’importance à la façon dont est produite leur nourriture et apportent plus de soutien aux entreprises respectueuses de l’environnement. 

Des alternatives à la viande d’origine végétale aux initiatives de gestion des déchets et aux nouvelles technologies d’emballage, les industries et filières agroalimentaires doivent toutes investir dans de nouveaux procédés ou produits innovants, attirant les consommateurs vers le « consommer durable ». 

Selon les études, les millenials et la génération Z tend à placer le fait de consommer durable plus haut que les générations précédentes. Leur attention est particulièrement tournée vers le commerce équitable, l’alimentation biologique, respectueuse de l’environnement, locale et labellisée. 

Mais pour continuer à attirer de nouveaux consommateurs durables, les industries doivent rester focalisées sur 3 priorités : le goût, les bénéfices sur la santé, et la minimisation de l’impact environnemental. Car dorénavant, l’attente pour les produits à base de végétaux n’est plus seulement, une alternative, mais une alternative sans sacrifice. 

Cette attente existe quel que soit le lieu d’approvisionnement : maintenant que les produits végétaux sont sur le marché, les consommateurs s’attendent à avoir plusieurs options disponibles dans tous les types de lieux d’approvisionnement, y compris dans des grandes chaines de restaurant.  

Source : https://www.smartbrief.com/original/2020/09/understanding-what-today%E2%80%99s-eco-conscious-food-consumers-want  

Une purée de tomates avec 100% du fruit : des bienfaits pour la santé et une limitation des pertes alimentaires

L’industrie agroalimentaire essaie de plus en plus de développer des produits qui apportent des bénéfices à la fois sur la santé et sur l’environnement. Cette étude présente la production d’une nouvelle sorte de purée de tomate qui utilise le fruit en entier avec les graines et la peau, permettant ainsi d’éviter toute perte alimentaire ou gaspillage de matière. Les propriétés physico-chimiques de cette nouvelle purée sont également étudiées pour être comparés aux propriétés des purées traditionnelles.

Il s’avère que la purée faite avec le fruit entier contient plus de composés phénoliques et de composés organiques volatiles. Ce produit peut être un produit intéressant pour l’industrie agroalimentaire car on y trouve une source de composés bioactifs ayant des propriétés bénéfiques pour la santé et une stabilité du produit, durant le stockage, meilleure que les purées traditionnelles. Grace à la présence de la peau de la tomate, le contenu en lycopène (famille des caroténoïdes) est plus élevé et stable dans le temps de conservation de la purée complète. En effet, les antioxydants présents dans tout le fruit (y compris la peau et les pépins) diminuent l’oxydation du lycopène. De plus, la purée complète contient plus de polyphénols et d’aldéhydes, grâce à la présence des pépins. La qualité organoleptique de la purée complète est également exacerbée par la présence accrue d’hexanals, qui génèrent des notes herbacées plaisantes.

Source : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32885436/

Newsletter n°11- Végétal : des découvertes prometteuses

Annotation 2020-07-09 111617

 

Newsletter en format PDF disponible ici :  Newsletter_n°11_des_découvertes_prometteuses_pdf

En 2018, l’Institut Olga Triballat a accordé son soutien à 2 projets de recherche axés sur la thématique végétale, dont les résultats ouvrent à des perspectives prometteuses en termes de production, de nutrition et de santé.  

Le projet « Spirufix » : une spiruline unique !  

La spiruline est une cyanobactérie appelée à tort « microalgue », qui a un profil nutritionnel de qualité : elle est riche en protéines qui contiennent des acides aminés indispensables, elle présente une teneur élevée en vitaminesen minéraux et en oligoéléments. Elle est d’ailleurs utilisée en tant qu’ingrédient dans des compléments alimentaires. Bien que sa production ait l’avantage de ne pas nécessiter beaucoup d’eau par rapport à d’autres cultures, son mode de production reste coûteux du fait de son besoin en nutriments pour se développer. Son besoin en carbone est couvert par la photosynthèse, cependant son besoin en azote et en phosphore nécessite le recours à l’utilisation d’intrants sous forme d’engrais minéraux, expliquant son coût de production élevé. Par ailleurs, l’utilisation d’azote minéral dans les cultures empêche l’obtention du label ‘bio’, ce dernier ne rentrant pas dans le cahier des charges de l’agriculture biologique. 

Il y a quelques années, une nouvelle souche de spiruline a été découverte et isolée dans le Pacifique Sud. Cette souche détient une caractéristique particulière puisqu’elle possède la capacité de fixer l’azote atmosphérique, une source d’azote à la fois inépuisable et gratuite, ce qui fait qu’elle a un potentiel de valorisation unique et à bas coût. Cette nouvelle souche est depuis 2018 le sujet d’étude du projet « Spirufix » porté par l’Institut de Recherche pour le Développement basé à Marseille. Leur projet s’est décliné en plusieurs étapes dont certaines sont encore à l’ordre du jour.  

Les résultats d’aujourd’hui ont permis de faire une caractérisation génétique qui d’une part a révélé que cette nouvelle souche appartenait bien à l’ordre des Spirulinales et qui d’autre part a permis de découvrir le gène structural de la nitrogénase, responsable de la fixation de l’azote atmosphérique. Le groupe de recherche a par la suite déterminé les conditions de culture adéquates qui permettent à cette spiruline de se développer : les résultats ont montré qu’un milieu de culture salin supplémenté en nutriments, en métaux, en vitamines, à pH 6 et maintenu à une température de 30°C sans brassage, permet un développement optimal de la biomasse. Le phénotype de cette nouvelle spiruline a par la suite été caractérisé (forme d’hélice presque fermée, enroulement des spires dans le sens inverse des aiguilles d’une montre…). D’autres résultats ont été obtenus et sont en phase de confirmationLes prochaines étapes consistent à évaluer le potentiel nutritionnel de la souche, à tester ses éventuelles propriétés antioxydantes, enzymatiques (inhibition des enzymes associées au vieillissement) et antimicrobiennes, et enfin à s’assurer de l’absence de toxicité avant une possible exploitation dans le domaine de l’agro-alimentaire. Nous serons alors attentifs à la publication des prochains résultats !  

Le projet « VignalZ » : des résultats encourageants pour la prévention de la maladie d’Alzheimer  

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui en France compte 225 000 nouveaux cas chaque année, avec une estimation de 2,1 millions de malades en 2040 (chez les plus de 65 ans). Il n’existe aujourd’hui aucun traitement curatif et seuls des traitements symptomatiques sont proposés aux personnes atteintes. C’est pourquoi l’avancée de la recherche dans la protection des neurones et dans la prévention de cette maladie est une nécessité. La maladie d’Alzheimer est liée à la formation de plaques séniles dans le cerveau, à cause de l’agrégation et l’accumulation du peptide β-amyloïde (Aβ). Ces plaques séniles entraînent une augmentation du stress oxydant et de la neuro-inflammation ce qui conduit à la mort des neurones.  

Le projet « VignalZ », soutenu par l’IOT en 2018, porte sur les polyphénols végétaux qui sont connus pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Ces composés sont uniquement synthétisés par les plantes de quelques genres botaniques. Parmi celles-ci, la vigne et le raisin constituent l’une des principales sources de ces composés pour l’alimentation humaine. Porté par les chercheurs du laboratoire MMDN de l’Inserm à Montpellier, le projet a pour but d’évaluer l’hypothèse d’un effet inhibiteur de certains polyphénols végétaux sur l’agrégation des peptides impliqués dans la formation des plaques séniles. Les résultats du projet ont mis en avant le potentiel thérapeutique du resvératrol, de ses dérivés et de ses oligomères présents dans les sarments de vignes (qui constituent une source économique car ce sont des « déchets » de la filière viticole. En effet, les chercheurs ont montré que ces polyphénols ont des propriétés anti-agrégantes sur les agrégats préformés du peptide Aβ. Cela permet alors d’envisager dans un futur proche la mise en place d’une approche préventive de la maladie d’Alzheimer grâce à l’utilisation de composés naturels tel que le resvératrol dans notre alimentation. Par ailleurs, des tests ont été menés pour évaluer les propriétés antioxydantes et neuroprotectrices d’un phénolipide obtenu par synthèse chimique à partir d’une molécule de resvératrol et d’un acide gras oméga 3. Le but était de trouver une combinaison chimique qui augmente la biodisponibilité du resvératrol et donc son potentiel thérapeutique. Les résultats ont montré avec cette combinaison une augmentation de la propriété antioxydante sur un modèle cellulaire. D’autres études sont maintenant à mener, afin notamment de tester in vitro et in vivo la capacité antioxydante et anti-inflammatoire du resvératrol et du phénolipide.  

Sources : 

Actualité

 

Brève sur  » Le confinement: facteur aggravant de l’épidémie d’obésité ? »

De la ferme à la fourchette : Faut-il changer le système alimentaire dans la stratégie de lutte contre le changement climatique ?

Prendre des mesures spécifiques pour transformer les systèmes d’approvisionnement alimentaire pourrait aider à atteindre les objectifs climatiques selon le rapport des Nations Unies sur l’action climatique.  

Marco LAMBERTINI, directeur général du WWF-International énonce que pour atteindre les objectifs fixés en matière de climat et de biodiversité, parvenir à la sécurité alimentaire et prévenir l’émergence des maladies, nous devons agir sur la façon dont nous produisons et consommons les aliments. Les systèmes alimentaires représentent 37 % des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, en ajoutant les régimes alimentaires, les pertes et gaspillages alimentaires aux plans climatiques nationaux, les décideurs politiques pourraient améliorer leurs contributions d’atténuation et d’adaptation des systèmes alimentaires jusqu’à 25%, a déclaré le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). 

Ainsi, 16 façons dont les décideurs politiques pourraient prendre davantage actions dans leurs stratégies climatiques ont été identifiées. Il faudrait que les systèmes alimentaires soient complètement intégrés à la stratégie climatique, de la ferme jusqu’à l’assiette. Les seize actions identifiées dans le rapport comprennent la réduction du changement d’affectation des terres et la conversion des habitats naturels, ce qui pourrait réduire les émissions annuelles d’environ 4,6 gigatonnes d’équivalent dioxyde de carbone. De même, la diminution des pertes et du gaspillage alimentaire (8% des GES) pourrait réduire de 4,5GT CO2e par an, l’amélioration de production pourraient réduire les émissions jusqu’à 1,44 Gt CO2e par an. En passant à des régimes alimentaires plus sains et plus durables avec une proportion plus élevée d’aliments d’origine végétale, des réductions beaucoup plus importantes pourraient être obtenues. Mais aucun plan climatique national actuel ne traite explicitement de régimes alimentaires plus durables.   

De nouvelles preuves flagrantes de l’impact du changement climatique sur la capacité de l’humanité à produire des aliments abondants et nutritifs sont apparues sur plusieurs continents : des essaims de criquets détruisent les récoltes en Afrique, des inondations mettent l’agriculture chinoise à l’épreuve, la chaleur et des incendies en Amérique détruisent des millions d’acres de maïs et soja. Le changement climatique aggrave ces conditions et entraine des effets dévastateurs sur la disponibilité et la sécurité alimentaire. 

Selon des estimations, et en absence d’adaptations aux nouvelles conditions, les rendements mondiaux pourraient baisser de 30% d’ici 2050Si des mesures ne sont pas prises en urgence, le changement climatique augmentera les prix des denrées alimentaires, réduira la disponibilité de celles-ci et exacerbera l’instabilité et les conflits en raison de la concurrence pour l’eau et les terres. Les solutions climatiques proviendraient alors de l’agriculture durable : avec la réduction du gaspillage alimentaire, l’agroforesterie et une meilleure gestion des sols et des terres agricoles. 

Selon les auteurs, il faut faire en sorte que la résilience climatique dans le secteur agricole soit au cœur des efforts de la communauté internationale et il faut voir le sommet des systèmes alimentaires prévu en 2021 comme une opportunité pour mettre le monde sur la voie d’une alimentation plus durable et équitable. 

Sources :  

https://news.un.org/en/story/2020/09/1071412 

https://unfoundation.org/blog/post/climate-change-and-the-future-of-food/