Tout savoir sur la santé durable

Les mycotoxines dans l’alimentation humaine

Les mycotoxines sont des contaminants naturels produits par des champignons filamenteux ou micromycètes, qui sont des moisissures pouvant se développer au champ, sur les plantes ou pendant le séchage et le stockage. De nombreuses mycotoxines de familles chimiques différentes sont identifiées, et parmi celles-ci, une trentaine possède des propriétés toxiques et sont donc néfastes à la santé de l’Homme mais aussi des animaux.

Les mycotoxines sont retrouvées principalement dans les aliments d’origine végétale comme par exemple les fruits, les légumes ou encore les céréales. Elles sont très résistantes, c’est pourquoi on les retrouve tout au long de la chaîne alimentaire et ce, malgré les processus de transformation. Elles peuvent même se retrouver dans des produits d’origine animale (le lait par exemple), car les animaux peuvent ingérer ces aliments contaminés.

Chaque espèce de moisissure peut synthétiser différentes mycotoxines selon les conditions environnementales. Aussi, et à l’inverse, une même mycotoxine peut être produite par plusieurs espèces de moisissures, il n’y a donc pas d’association spécifique. De plus, un aliment peut être contaminé par plusieurs mycotoxines.

Ces mycotoxines sont donc des préoccupations sanitaires, c’est pourquoi il existe des réglementations européennes et mondiales, notamment pour les aflatoxines, les fumonisines, les tricothécènes, l’ochratoxine A, et d’autres. Celles-ci sont produites par des espèces fongiques appartenant à 4 genres : Aspergillus, Fusarium, Penicillium et Claviceps.

L’ingestion d’une ou plusieurs mycotoxines peut provoquer des effets chroniques, voire aigus lors de l’exposition à des doses élevées. Ces substances peuvent être mutagènes et cancérigènes mais aussi hépatotoxiques. Les niveaux d’exposition au danger sont donc régulièrement évalués et contrôlés par l’EFSA (European Food Safety Authority) au niveau européen et par la DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) et la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) en France, mais aussi l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’environnement et du travail).

 

Source : https://www.plateforme-sca.fr/point_sur/la-surveillance-des-mycotoxines-dans-les-aliments

Newsletter n°13 : Etat des lieux sur le gaspillage alimentaire, comment pouvons-nous agir ?

Newsletter en format PDF disponible ici : Newsletter-n-13-Etat-des-lieux-sur-le-gaspillage-alimentaire-comment-pouvons-nous-agir

 

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Etat des lieux sur le gaspillage alimentaire, comment pouvons-nous agir ?

Introduction

Selon la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations), nous pouvons distinguer différents types de gaspillage alimentaire :

  • La perte alimentaire c’est-à-dire la perte qui se produit en amont de la chaîne alimentaire, donc pendant la culture, la récolte, les semis ou encore le traitement, le stockage et la première transformation agricole. Les catastrophes naturelles peuvent parfois jouer un rôle dans ce genre de pertes.
  • Le gaspillage alimentaire, c’est-à-dire les déchets qui sont produits lors de la transformation industrielle, la distribution et la consommation finale. Il fait aussi référence à la non-consommation humaine à proprement parler, que ce soit des aliments qui sont jetés, non conservés au-delà de leur date de péremption ou encore laissés pourrir.

 

Quelques chiffres

Le gaspillage alimentaire dans le monde c’est plus de 41 200 kilos de nourriture qui sont jetés chaque seconde. Cela représente environ 1,3 milliard de tonnes (1 300 000 000 tonnes !) d’aliments jetés ou perdus dans le monde chaque année, selon une analyse menée en 2011 par la FAO. C’est-à-dire qu’environ 1/3 de la masse des denrées alimentaires totales produites et destinées à l’alimentation humaine ne sont pas consommées.

Si l’on prend ces données à l’échelle du globe, 1/4 de la nourriture est jetée sans avoir été consommée. Paradoxalement, environ 850 millions de personnes sont sous-alimentées (10,8% de la population mondiale), soit 38 millions de plus qu’en 2016.

En termes de coûts, d’après la FAO, en plus d’avoir un impact écologique néfaste, le gaspillage alimentaire a un impact économique très lourd : environ 750 milliards d’euros par an. Si l’on prend l’exemple de la France, le gaspillage alimentaire coûte à chaque Français environ 400 euros par an, ce nombre qui est non négligeable est encore plus élevé aux Etats-Unis : 1250 euros par Américain, soit plus du triple.

En réalité, plus on a accès à une grande quantité de nourriture, plus on va gaspiller. C’est pourquoi on observe qu’un Français ou un Américain jettera en moyenne 9 fois plus de nourriture qu’un Malien soit environ 95 kilos contre 11 kilos.

Le gaspillage alimentaire se produit autant en amont qu’en aval de la chaîne alimentaire. Selon la FAO en 2013, 54% se produit en amont avec la production, la récolte, la manutention et 46% se produit en aval avec la transformation, la distribution et la transformation. Il est estimé que, depuis 1974, le pourcentage d’aliments gaspillés a doublé.

En termes de répartition, en Europe, les gaspilleurs les plus importants sont les consommateurs avec 42%, puis l’industrie agroalimentaire qui arrive en second avec 39%, les restaurateurs à 14% et enfin 5% pour la distribution. La quantité de nourriture qui est jetée chaque année en Europe pourrait nourrir 1 milliard de personnes.

Selon les pays, le gaspillage n’est pas causé par les mêmes raisons : dans les pays en voie de développement, le manque d’infrastructures ne permet pas le stockage nécessaire, c’est pourquoi il est plus important lors de la production. Les denrées alimentaires sont perdues avant même d’avoir pu être consommées. Tandis que dans les pays développés, le gaspillage se fait lors de la vente et de la consommation. En effet, les produits sont mis en avant pour leur côté alléchant, c’est pourquoi les denrées alimentaires qui ne présentent pas la même conformité se retrouvent non consommés, le plus souvent ce sont les fruits et les légumes.

Concernant le coût énergétique, selon Too Good To Go, « Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le 3ème plus grand pollueur au monde derrière les Etats-Unis et la Chine, avec un rejet de 3,3 giga tonnes de gaz à effet de serre par an ». Selon une étude de l’ONG britannique WRAP (Waste and Resources Action Program), si les Anglais arrêtaient de gaspiller de la nourriture, l’impact serait considérable, puisque cela serait l’équivalent de retirer une voiture sur 5 de la circulation en termes d’émissions de CO2.

Infographie :

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Comment les pays agissent-ils pour la réduction du gaspillage alimentaire ?

Le gaspillage alimentaire est un problème non seulement à l’échelle humaine d’un pays mais aussi et surtout à l’échelle internationale et donc planétaire. Chaque pays met donc en place différentes politiques afin de lutter contre celui-ci.

Depuis juin 2017 en France, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a lancé le second Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, et ce, pour une période de 3 ans. Il a pour but de mobiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire autour d’engagements communs afin d’envisager des actions qui permettront de réduire de 50% le gaspillage alimentaire à l’horizon 2025. Il a été organisé en différents groupes de travail qui réfléchissent sur des actions comme valoriser des pertes et des invendus pour ne pas jeter, informer et sensibiliser (en milieu professionnel comme scolaire), accompagner une démarche de réduction du gaspillage alimentaire.

En France, la loi EGalim a été mise en place depuis le 1er novembre 2018, c’est une loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous. Cette loi a permis de mettre en place trois objectifs :

  • Payer le juste prix aux producteurs afin qu’ils vivent dignement de leur travail
  • Renforcer la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits
  • Favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous

Tout cela passe par une meilleure répartition de la valeur des produits, une amélioration des conditions sanitaires et environnementales lors de la production, un renforcement du bien-être animal, une mise en avant des produits locaux ou sous signes d’origine et de qualité, mais aussi une réduction de l’utilisation du plastique. Une proposition de loi EGalim 2 est en cours de discussion à l’Assemblée Nationale, elle a pour but d’améliorer la rémunération des agriculteurs.

Une mesure récente a été celle de l’utilisation du « doggy bag », c’est la loi agriculture et alimentation de 2018 qui l’a rendu obligatoire depuis le 1er juillet 2021. Dès à présent, chaque restaurant doit donc proposer des contenants réutilisables ou recyclables afin que les clients puissent emporter les restes de leurs repas.

A une échelle plus internationale et dans le cadre des 17 objectifs du développement durable (ODD) écrits par l’ONU, 193 pays se sont engagés à réduire de moitié le volume de leurs déchets alimentaires par habitant, au niveau de la distribution comme de la consommation, d’ici à 2030. En effet, le gaspillage alimentaire représente également un enjeu pour le climat car au niveau mondial, 8 à 10% des émissions de gaz à effets de serre sont provoqués par les aliments non consommés.

Le rapport sur l’indice du gaspillage alimentaire, publié par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’ONG Britannique WRAP le 4 mars 2021, a montré que les consommateurs doivent réduire leurs déchets, et pour cela ils vont avoir besoin d’aide. L’indice de gaspillage mesure ce qui est perdu, non pas pendant la fabrication des produits, mais une fois qu’ils sont commercialisés. Ce rapport estime, de plus, que le gaspillage alimentaire au niveau des foyers a été grandement sous-estimé depuis 10 ans.

 

De nombreuses initiatives en France et ailleurs…

Chaque année, l’Institut Olga Triballat soutient des projets œuvrant pour l’alimentation et la santé durables. Dans le cadre du gaspillage alimentaire, en 2014, l’Institut a financé le projet Grenadine, porté par le centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse. Ce projet avait pour but de comprendre comment favoriser l’émergence de pratiques alimentaires afin de diminuer le gaspillage alimentaire en restauration collective et commerciale. La réflexion s’est portée sur les systèmes de production et de mise à disposition de l’offre ainsi que sur le comportement des consommateurs.

Dans chaque pays, des associations, des entreprises et de nombreux autres organismes agissent contre le gaspillage alimentaire.

L’entreprise Too Good To Go a choisi de mettre en place une plateforme afin de distribuer les invendus de toutes sortes de commerce. Cela se fait via leur application, et les paniers récupérés sont à prix réduits. Ce n’est pas la seule activité de l’entreprise, qui a également mis en place une pétition pour faire du gaspillage alimentaire la cause nationale de 2021 et a lancé un réseau « villes anti-gaspi » avec Toulouse comme première volontaire.

D’autres applications ayant le même but existent aussi : par exemple, l’application SaveEat qui permet de cuisiner sans gaspiller. Grâce à cette application, on peut gérer le contenu de son frigo ainsi que les dates de péremption. L’application contient de conseils de conservation des aliments mais aussi des idées de recettes simples et rapides.

Dans la même idée, l’application Frigo Magic permet de cuisiner des plats simples et rapides tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. L’utilisation est simple, 260 aliments sont répertoriés dans l’application, il suffit de cocher ce que l’on dispose dans son frigo et ses placards et ainsi plusieurs recettes sont proposées et adaptées au contenu de celui-ci.

Une autre application du nom de Easilys permet aux cantines de diminuer le gaspillage alimentaire. C’est un outil qui est présent dans de nombreux lycées et qui aide à une meilleure gestion des commandes, des stocks et des recettes. Certains ephad et hôpitaux mais aussi restaurants d’entreprises travaillent avec cet outil.

L’association Compost’ère a choisi de combattre le gaspillage alimentaire en récupérant les déchets organiques des restaurateurs de la ville de Sarlat pour les composter et ainsi les utiliser comme ressource par la suite. Elle souhaite également mettre en place différentes actions comme un jardin partagé, des ateliers, …

De plus en plus d’actions au niveau scolaire sont développées afin de sensibiliser et impliquer les enfants et adolescents sur ce sujet qui nous concerne tous. A Limoges, pour la sensibilisation, un jeu contre le gaspillage alimentaire a été distribué à tous les écoliers en maternelle et primaire de la ville, soit environ 14 000 enfants. Ce jeu met en avant différentes astuces pour détecter si un aliment ou un produit est toujours consommable malgré une date de péremption dépassée. Le jeu s’adresse également aux parents grâce à des propositions de recettes.

Dans le Morbihan, à Queven, les enfants d’un centre de loisirs participent à des ateliers de cuisine et s’investissent pour préparer des repas afin de lutter contre le gaspillage.

Les denrées gâchées peuvent être également redistribuées comme c’est le cas à Strasbourg où l’association « Les Retoqués » récupère des fruits et légumes « moches » auprès des maraîchers bio locaux pour en faire des conserves qui seront vendues en circuit court. A Lyon, l’association les « éco charlie » réalisent une action solidaire en récoltant plus d’une tonne de nourriture par mois et la redistribue gratuitement.

Il existe aussi des actions de revalorisation des déchets : en Inde par exemple, le marché de Bowenpally transforme chaque jour 10 tonnes d’invendus sous forme de biogaz. Cette énergie permet d’alimenter en électricité plus de 150 lampadaires et une cantine qui nourrit plus de 800 personnes. De plus, cela réduit les émissions de gaz à effet de serre provenant des décharges, qui sont la troisième source responsable des émissions humaines, juste après les énergies fossiles et l’agriculture. En plus de produire de l’énergie, cette méthode permet de créer de l’engrais, à partir de la matière organique récoltée, et elle peut ainsi être redistribuée aux agriculteurs du marché.

La revalorisation peut se faire d’autres façons comme par exemple avec la marque espagnole Lleig qui créé des cosmétiques à partir de fruits abîmés ou de la nourriture non désirée.

De nombreuses autres initiatives sont à prendre en compte tels que d’autres applications, des garde-manger solidaires, d’autres actions dans les écoles ou même les entreprises.

 

Les actions du quotidien qui rendent responsable

Certains gestes du quotidien peuvent participer à la réduction du gaspillage alimentaire, et pas seulement. Plusieurs actions sont possibles, voici ce que l’ADEME recommande :

  • Mieux acheter : c’est-à-dire éviter certains produits qui sont à usage unique, privilégier les aliments en vrac ou à la coupe, choisir des produits sans suremballage, qui proposent des recharges, acheter d’occasion ou louer.
  • Préparer sa liste de courses pour ne pas faire d’achats impulsifs, être attentifs aux dates de péremption, assurer une bonne conservation des aliments, cuisiner les justes quantités, savoir utiliser les restes.
  • Moins jeter en réutilisant les déchets organiques, que ce soit pour cuisiner ou pour du compost, donner une seconde vie à certains produits comme les vêtements ou les livres, limiter l’utilisation de papier.

Focus sur les dates de péremption : selon une étude WRAP, 25% des répondants affirment ne jamais consommer leurs produits une fois la date passée, et 26% affirment même jeter leurs produits un jour avant la date péremption indiquée. Au total, 10% du gaspillage alimentaire en Europe est dû aux dates, soit environ 88 millions de tonnes de denrées alimentaires. Les dates de péremption sont des mentions légales et obligatoires sur les denrées alimentaires, car ce sont des sources d’informations utiles pour les consommateurs. Mais il en existe différents types, c’est pourquoi savoir distinguer les différentes inscriptions est très important. Précisément :

  • DLC (date limite de consommation) ou DLV (date limite de vente) : elle indique jusqu’à quel moment un produit peut être consommé, elle est reconnaissable par la mention « à consommer jusqu’au… ». Elle est, à priori, à respecter impérativement car elle concerne les produits fragiles comme la viande, le poisson ou les produits laitiers. Aucune vente de denrée alimentaire n’est autorisée au-delà de cette date.
  • DLUO(date limite d’utilisation optimale) : elle se caractérise par la mention « à consommer de préférence avant… », elle est présente sur des denrées qui présentent une durabilité plus importante. Contrairement à la DLC, si le produit a dépassé la date indiquée, il peut toujours être consommé sans réel danger pour la santé, les seules altérations possibles concerneront le goût. Il faudra cependant être tout de même vigilant concernant l’aspect et l’odeur du produit. Exemple : le lait stérilisé peut être consommés jusqu’à 2 semaines après la date de péremption, les conserves et les produits secs (pâtes, semoule, …) jusqu’à des mois voire des années… Tout cela en s’assurant bien que les emballages ont bien été conservés.
  • DDM(date de durabilité minimale) qui est la nouvelle DLUO suite au règlement INCO de 2011, la plupart des consommateurs la confondent avec la DLC.

Cette dernière (DDM) est mentionnée dans le livre blanc écrit par l’application Too Good To Go et l’association France Nature Environnement (FNE). Ce livre blanc présente les dates de péremption des produits et préconise qu’elles soient retravaillées afin de réduire le gaspillage alimentaire. Il mentionne également que ce livre n’a pas pour but de faire des dates de péremption une idée dépassée.

Les auteurs présentent 4 recommandations prioritaires :

  • Travailler en concertation pour harmoniser les dates de péremption afin de favoriser la compréhension et l’acceptation du public,
  • Réviser la mention « DDM » pour une meilleure compréhension car DLC et DDM sont trop souvent confondues,
  • Favoriser l’éducation et la sensibilisation du public afin que le consommateur obtienne les informations qu’il demande. Ceci relève de la responsabilité des fabricants et distributeurs mais aussi de l’Etat,
  • Assouplir les règles régissant la relation fabricants/distributeurs afin de favoriser la revalorisation.

 

Conclusion

Le gaspillage alimentaire a un impact colossal sur notre société, d’un point de vue économique mais surtout environnemental. Les gouvernements de chaque pays, ainsi que les entreprises et les associations ont le pouvoir de mettre en place des solutions pour réduire les déchets et les pertes de nourriture. Mais il est aussi possible de contribuer de façon individuelle : en tant que consommateur, nous pouvons planifier nos repas, limiter nos achats à l’essentiel, acheter en vrac, organiser notre frigo afin de ne pas oublier des aliments, surveiller les dates de péremption, apprendre à cuisiner les restes… Le pouvoir d’un consommateur est aussi de communiquer autour de lui afin d’apprendre à son entourage à mieux consommer, lui faire prendre conscience et ainsi passer un message. En agissant tous ensemble, la tendance pourra être inversée afin de réduire les conséquences du gaspillage.

 

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Les prix des produits alimentaires en hausse d’après l’indice FAO

Les cours mondiaux des produits alimentaires ont enregistré, en février 2021, leur neuvième mois consécutif de hausse pour atteindre leur niveau le plus haut depuis près de 9 ans. La FAO signale que 45 pays (dont 34 en Afrique) ont besoin d’une aide alimentaire extérieure.

L’indice FAO des prix des produits alimentaires permet de suivre l’évolution des cours internationaux des denrées alimentaires les plus largement commercialisées à l’échelle mondiale. En février, tous les sous-indices qui le composent ont enregistré une progression.

L’indice FAO des prix des huiles végétales a gagné 6,2% et atteint son plus haut niveau depuis avril 2012. Celui des céréales a également connu une hausse de 1,2% avec notamment le prix du sorgho qui a connu une hausse de 17,4% sur le mois de janvier.

On observe également une hausse de l’indice pour le sucre, avec une croissance mensuelle de 6,4%, une progression de 1,7% des prix des produits laitiers et de 0,7% du prix de la viande.

Les incidences de la pandémie du Covid-19, principalement la perte de revenus, jouent fortement sur les niveaux mondiaux d’insécurité alimentaire. La pandémie aggrave des situations déjà précaires causées par les conflits, les ravageurs et les chocs climatiques, notamment les ouragans qui ont récemment frappé l’Amérique centrale et les inondations qui ont touché l’Afrique.

 

Sources : http://www.fao.org/news/story/fr/item/1378820/icode/

« Une alimentation plus durable : oui, mais comment ? »

Lors d’une récente intervention, à l’occasion d’une webconférence organisée par le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS), Nicole Darmon a tout d’abord rappelé que, selon la FAO, les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines.

Il existe 4 dimensions pour l’alimentation durable et elles doivent toutes être respectées : nutrition/santé, environnement, socio-culturel et socio-économique.

Pour ce qui est de l’aspect économique, le coût de l’alimentation par personne et par jour (estimé à partir du prix moyen des aliments extrait de l’enquête KANTAR sur les achats alimentaires et des données de consommations individuelles de l’enquête INCA2) est d’environ 7€. Mais, il existe une grande variabilité inter-individuelle due notamment aux quantités (et aux calories) consommées mais aussi à la structure des consommations (plus la quantité de fruits et légumes est élevée plus le coût est élevé). On remarque en effet, que pour 100 kcal, les fruits et légumes coûtent beaucoup plus cher que les produits riches en matières grasses, en sucres ou très salés.

A ce jour, en termes d’environnement, l’impact carbone est de 4kg de CO2 par personne et par jour, mais ce chiffre est surement à revoir à la hausse avec les données plus récentes fournies par AgriBalyse. L’idée serait de manger moins, mais surtout de gaspiller moins, afin de réduire notre impact.

Il faut alors savoir associer qualité nutritionnelle et faible impact environnemental et c’est ce que font environ 20% des adultes en France. Ces personnes mangent environ 200 kcal de moins que la moyenne de la population et la structure de leur alimentation est également un peu différente de celle du « français moyen » : le rapport végétal/animal est augmenté tout en préservant la diversité alimentaire.

Pour avoir une alimentation plus durable, il faut diminuer la consommation de la chair des animaux car celle-ci est plus impactante que celle de leurs produits (œufs et produits laitiers), aller vers plus de légumineuses (2 portions par semaine) et privilégier les céréales complètes.

Partant du panier moyen consommé par les adultes en France (dérivé des résultats de l’étude INCA3), il est possible de concevoir un panier nutritionnellement adéquat avec un impact carbone réduit de 40%. Ce panier contient plus de fruits et de légumes, plus de légumes secs et de céréales complètes, deux fois moins de produits sucrés, mais surtout des produits alimentaires diversifiés. L’idéal, pour réduire au maximum l’impact environnemental tout en préservant sa santé, serait de pouvoir diminuer les viandes et charcuteries en allant vers un rapport 50/50 entre les protéines animales et végétales.

 

Source : https://alimentation-sante.org/Event/web-conference-alimentation-et-environnement/ (replay disponible)

Le Nutri-Score : un logo de plus en plus apprécié et intégré pour les Français

Depuis le 31 octobre 2017, le Nutri-Score est l’étiquetage nutritionnel simplifié recommandé par l’Etat. Afin de suivre l’évolution de sa notoriété, de sa perception et son utilisation, Santé publique France, en charge du déploiement du Nutri-Score en France, réalise, depuis avril 2018, différentes enquêtes auprès de la population française.

D’après les derniers résultats de l’enquête, il ressort que la notoriété du logo continue de croître, avec 93% des Français qui déclarent avoir vu ou entendu parlé du Nutri-Score début 2021 (contre 81% en mai 2019). Ce résultat est renforcé par le fait que 18% des Français ont spontanément déclaré se baser sur le Nutri-Score pour évaluer la qualité nutritionnelle des produits qu’ils achètent, alors même qu’ils n’étaient qu’à 1% à le faire en avril 2018.

3 Français sur 4 déclarent acheter un produit étiqueté Nutri-Score. Cette promotion étant en hausse depuis les débuts de l’enquête. Cela témoigne donc d’une visibilité du logo plus présente, ainsi qu’une attention plus grande du consommateur pour ce logo.

De plus, 94% des Français seraient favorables à la présence du Nutri-Score sur les emballages, et 89% pensent qu’il devrait être rendu obligatoire sur tous les produits. Ce soutien témoigne d’une aspiration des consommateurs à disposer de cette information pour tous les produits, y compris ceux obtenant de moins bons scores.

 

Source : https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2021/le-nutri-score-un-logo-bien-integre-dans-le-quotidien-des-francais

Le plan SOS Protein, pour une indépendance protéique

Le plan SOS Protein est un programme porté par les 2 Pôles de compétitivité Valorial et Vegepolys Valley depuis 2016. Il signifie « sustain our self-sufficiency protein research to overcome the trend of European import needs » et il implique plus de 60 partenaires comprenant des entreprises, des organismes de recherche et de formation, des instituts techniques, etc.

Ensemble, ils ont pour but de diminuer la proportion de soja importé d’Amérique afin d’accroître la production française de soja et ainsi renforcer l’indépendance protéique dans l’Ouest de la France (Bretagne et Pays de la Loire).

En effet, chaque année, environ 3,5 millions de tonnes de soja sont importées, notamment pour l’alimentation d’élevage. Cela soulève des problèmes commerciaux, environnementaux et sanitaires.

Ce plan vient de s’achever et il a conduit au lancement de nombreux projets compétitifs labélisés par les Pôles. De plus, 73% des éleveurs estiment pouvoir améliorer leur autonomie grâce à 3 points :

  • Augmenter la part de fourrages
  • Produire leurs propres matières riches en protéines (MRP)
  • Améliorer l’efficience protéique des rations

Le bilan est donc positif pour Valorial et Vegepolys Valley puisque 90% des partenaires vont poursuivre leurs travaux afin de calculer, à l’échelle de leur exploitation, leur degré d’autonomie protéique afin de pouvoir faire les changements nécessaires.

De plus, depuis le 1er décembre 2020, le plan « France Relance » a été présenté par le ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Celui-ci va contribuer au déploiement des résultats de SOS Protein à travers la France,afin de prolonger la dynamique collective qui a été lancée avec ce programme.

 

Source : https://www.pole-valorial.fr/sos-protein-alternatives-soja-importe-independance-proteique-elevages-ouest/?cn-reloaded=1

 

1ère journée parlementaire sur la Résilience alimentaire de nos territoires

Organisée le jeudi 8 avril 2021 par le CNRA (Conseil National pour la Résilience Alimentaire), cette matinée s’est déroulée en plusieurs parties :

  • Une introduction par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie
  • Le pourquoi ? La résilience alimentaire : un nécessaire rééquilibrage : un premier débat animé par Marie-Laure Hustache (Agridées) avec Arthur Grimonpont (Les Greniers d’Abondance), Yuna Chiffoleau (INRAE), Stéphane Linou (Auteur de “Résilience Alimentaire et sécurité nationale”) et Bertrand Valiorgue (Auteur de “Refonder l’agriculture à l’heure de l’anthropocène”)
  • Le comment ? Données et outils d’analyse existants et à développer : une 2ème table ronde animée par Florian Ortéga (Associé Colombus Consulting) avec Olivier Tillous-Borde (Euralis), Anne Trombini (PADV), Grégori Akermann (RMT Alimentation), Benjamin Cuillier (CRAter) et Guillaume Fourdinier (Agricool)
  • Le quoi ? Conditions de succès et illustration par des cas pilotes : débat animé par Emmanuelle Coratti (Back to Earth) avec Gilles Maréchal (Terralim), Jean-Baptiste Vervy (Co-farming), Jérémy Camus (VP Lyon Métropole), Florian Baalon (CDA), Sébastien Pelkas (Direct Market), François Henry (Tout près d’ici) et Serge Papin (rapporteur de la mission de répartition dans la filière – Egalim)

 

Tous les replays sont disponibles ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PLK4V0PR1gBARLe0n6Ekvx_qzKoFEzR3xu

Ils sont formes de playlist, vous pourrez donc accéder séparément aux différentes interventions.

 

Source : https://www.cnra-france.org/

Jeudi 3 juin 2021

Le réseau de l’initiative Bio en Bretagne (IBB) organise le jeudi 3 juin 2021, la journée filières et techniques légumineuses bio, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture de Bretagne et Manger Bio 35.

Cette journée se déroule à  Montreuil le Gast (35520) de 9h30 à 16h30

Retrouvez le programme ici

Les inscriptions se font par mail : contact@bio-bretagne-ibb.fr

 

Les innovations pour limiter le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire représente un tiers de la production alimentaire, certaines entreprises innovantes ont donc décidé de revaloriser et utiliser toute cette nourriture à des fins différentes que l’alimentation.

Une entrepreneuse espagnole, Júlia Roca, a créé une gamme de cosmétiques proposant des nettoyants pour visage mais aussi des crèmes hydratantes, produits grâce à des fruits abîmés ou de la nourriture non désirée. Sa marque Lleig, qui veut dire « moche » en catalan, utilise des emballages réutilisables en céramique.

Une start-up canadienne, Alt Tex, produit une alternative au polyester : le PLA (acide polylactique) grâce à l’amidon et aux sucres des déchets alimentaires. Le PLA est intéressant puisqu’il est biodégradable. De plus, l’entreprise travaille avec l’industrie des aliments et boissons pour récupérer directement leurs déchets.

Dans la même idée, Genecis, une autre compagnie canadienne, utilise une bactérie pour transformer des déchets alimentaires en un polymère : le PHA (polyhydroxyalcanoate). Il est biodégradable et peut être utilisé à la place du plastique d’emballage.

Pour les agricultrices au Kenya et en Ouganda, le gaspillage alimentaire se produit à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. C’est pourquoi, la start-up Agricycle en Afrique de l’Est a développé un déshydrateur solaire qui permet aux producteurs de transformer des produits périssables en fruits secs, plus durables.

 

Source : https://www.weforum.org/agenda/2021/03/food-waste-cosmetics-clothing-packaging/

Société Inalve, une ferme de microalgues pour une alimentation animale durable

La société Inalve a été créée en 2016 et elle est basée sur 3 axes : sociétal, environnemental et industriel. Elle souhaite résoudre l’enjeu de l’alimentation animale en utilisant la matière première la plus sous-exploitée : les microalgues, qui contribuent à la production de l’oxygène sur Terre.

Le concept se présente sous la forme d’un convoyeur mobile sur lequel les microalgues poussent et forment un biofilm, c’est une technologie brevetée.

Le procédé a été pensé de façon à ce que la productivité des microalgues soit maximisée. La récolte se fait de manière aisée puisqu’il suffit simplement de racler pour obtenir un concentrat de microalgues. Une fois la pâte de microalgues récupérée, l’entreprise est capable de la transformer en un produit similaire aux farines de poissons.

Ce produit est donc sans OGM, pesticides ou métaux lourds et il présente des gains environnementaux puisque la biomasse produite est 100 fois plus concentrée et nécessite 70% moins d’eau et 50% moins d’énergie que les farines de poissons.

Les cofondateurs souhaitent développer des ingrédients avec la plus faible empreinte environnementale sur le marché de l’alimentation.

En termes de productivité, ils peuvent atteindre entre 50 et 100 tonnes/hectare/an, comparé au soja qui reste autour de 5 tonnes/hectare/an, ce qui représente une économie de terres considérable.

Pour ce qui est de l’impact sur le milieu maritime, celui-ci est 3 fois moins important que celui de la production des farines de poissons.

« On cultive sur terre, une microalgue, sans épuiser les ressources marines autour » Christophe Vasseur, cofondateur.

Les dirigeants de cette jeune entreprise souhaitent créer une agriculture durable et d’avenir, car actuellement, les agriculteurs recherchent en permanence de nouvelles matières premières pour nourrir leurs animaux. D’ici 2024, ils souhaitent ouvrir leur première ferme commerciale puis déployer leur activité à l’international.

 

Source : https://www.inalve.com/